QUE
pour cet objet du reliquat de la caisse particulière des dépôts militaires, précédemment supprimée ; soit 1.035.000 Hvres.
Servan n’a pas le temps d'obtenir de ces mesures des résultats utiles et quand Dumouriez le remplace, il n’y à pas d’ améliorations appréciables dans la sitüation.
Dès son entrée en fonction, la nouveau ministre de la guerre (1) dénonce hardiment l’état de ses bureaux. C’est eux qui retardent tout, arrêtent tout, parce qu ils sont remplis d'agents infidèles et incapables. Il faut donc s’assurer sans tarder du patriotisme, du zèle et des talents des employés. Or, poursuital, « je suis obligé
“de dire avec chagrin que le corps des commissaires des guerres excite des plaintes générales par son incivisme ou par son défaut de lumières.
On a dégoûté beaucoup d’anciens serviteurs, qu’on a forcés à prendre des retraites qui chargent l'Etat. On les a remplacés par des jeunes gens sans expérience, qui ne connaissent aucune des parties de leur administration, et on ne leur a donné aucune instruction sur leurs importantes fonctions. C’est parmi les quartiers maîtres des régiments qu il eût fallu choisir les nouveaux commissaires des guerres ; c’est aussi dans ce corps qu'il faut choisir les commis des bureaux de la guerre, à mesure qu’on se verra obligé de les renouveler. Ces officiers, accoutumés à tous les détails, et choisis par leurs régiments, sont les seuls qui puissent faire marcher l’administration du département. »
Mais Dumouriez n’a pas davantage le temps de mettre ces projets à exécution et les errements précédents subsistent. Aussi,en juillet, Lasource peut-il déclarer à l'assemblée (2} : « le vrai siège de la contre révolution n’est pas seulement dans le cœur des ministres ; il est aussi dans les bureaux ; il est surtout dans les bureaux de Ja guerre. Les ministres sont trompés par leurs commis, comme l’assemblée est trompée par les ministres. 11 faut, lorsque les ministres n'auront pas donné promptement les ordres nécessaires à l’exécution d’un décret sanctionné, au lieu de s’en tenir au mot vague de responsabilité, tes faire punir de mort. IH faut, lorsque les commis n'auront pas exécuté les ordres donnés par les ministres. qu’ils soient punis de mort. »
Des mesures aussi radicales ne sont pas encore au goût du jour: mas l’assemblée demeure convaincue de Purgence d’une réforme et après la chute du monarque,quand la question lui est à nouveau posée (3), elle estime qu’il convient d'examiner d’un œil sévère la
1. Séance du 13 juin 1792. Rapport de Dumowuiez sur le département de la guerre, loc, cit.
Séance du 31 juillet 1792, Moniteur XIII, 301.
2, 3. Séance du 3 septembre 1792. ;
A LA FIN DE 1792 99 conduite des commissaires des guerres et elle accorde au conseil exécutif provisoire le droit de les destituer et de les remplacer sans limitation de nombre ; mais en les choisissant avec soin (1).
Le décret du 11 septembre (2), confirme l’ensemble de ces dispositions et permet au ministre de la guerre de prendre pour collaborateurs des citoyens dont le patriotisme reconnu n’exclura pas l’habileté professionnelle.
Ce dernier en profite pour modifier en même temps l'organisation de ses bureaux,en la simplifiant, un peu hâtivement il est vrai.
Il réduit les quatre divisions de 1791 à trois: personnel, matériel, artillerie et génie ,3).