FRONT LA DÉFENSE NATIONALE
En vain ! L’on obtient de la sorte des ressources dérisoires et nos troupes réglées vont s’affaiblissant de jour en Jour.
83 des 139 bataillons avec lesquels nous commençons la campagne sont composés de volontaires nationaux. [1 reste donc à orgafniser en avril, 86 bataillons de ces dernières troupes, pour parfaire la levée des 169 qui a été décidée. Nos ressources en habillement, armement et équipement doivent y suffire à peine (1); néanmoins, l'assemblée ordonne le 5 mai une nouvelle levée de 31 bataillons (2). Cette disposition va à l’encontre du but proposé ; elle nuit à l’organisation définitive des volontaires de 1791,sans augmenter les ressources pratiquement utilisables.
Mais, à partir de juillet 1792, sous la menace pressante de l’invasion, ce sera pis encore ; les mesures vont se précipiter et augmenter la confusion déjà presque inextricable : le 2, c’est la formation d’un camp de 20.000 hommes sous Paris (3),le 11, fa Législative en proclamant la patrie en danger,met en activité tous les citoyens ayant servi dans la garde nationale (4), le 19, de nouveaux bataillons sont décrétés pour constituer un corps de réserve entre les frontières et Paris (5). Le 25, les compagnies de grenadiers et. de chasseurs de la garde nationale sont réquisitiannées (6).
Enfin, l’assemblée autorise la formation de 54 compagnies franches (7), de légions françaises dites du Nord, du Centre, du Rhin, du Midi, de Kellermann (8), de légions étrangères allobroge, belge et liégeoise, batave (9). Les déserteurs ennemis se voient mime offrir une prime pour s'engager dans l’armée française (10).
Si l’on obtient ainsi un total de 256 bataillons de volontaires, sans compter les fédérés, les corps francs, les légions. la quantité nuit essentiellement à la qualité. Ces rassemblements hâtifs, insuflisamment armés (11), peu ou pas instruits, seront plus encombrants qu’utiles. Tout le poids de la lutte va retomber sur les volontaires de 1791, déjà organisés et sur l’armée de ligne.