Rambeaud, Histoire de la civilisation française, II
7. 1] existait deux trésoriers de l'ordinaire et deux de l'extraordinaire. Il y avait de plus deux trésoriers pour l'artillerie et le génie, deux pour la maréchaussée, un pour les gratifications des troupes. Ces offices étaient alternatifs. La reddition des comptes avait lieu en chambre des comptes, deux ans après l'exercice en temps de paix, trois en temps de guerre.
8 L. Mention, Le comte de Saint-Germain et ses réformes, PE
Les successeurs du grand ministre se contentent de cette ébauche d’organisation, sans chercher à l’améliorer. Choiseul, il est vrai, concentre davantage les services ; il prend au compte de l’état uniforme, l’équipement, l’armement, les vivres, et donne compétence à ses bureaux pour traiter l’ensemble de ces questions. Mais ce ne sont là qu’améliorations de détail ; il reste une réforme capitale à réaliser : spécialiser les bureaux (1), les militariser (2).
Saint-Germain va s'imposer cette double tâche. Il décide d’abord que le personnel de l'administration sera choisi à la suite d'examen, portera un uniforme (3), sera soumis au roulement avec les ordonnateurs et commissaires des guerres à l’armée (4). Puis pour substituer aux opérations effectuées sans ordre par des commis dénués d’attributions précises, le travail fructueux de fonctionnaires au courant de leur tâche, il distribue ses bureaux en six divisions principales, chargées respectivement (5)
17e division. — Des provinces dépendant de la guerre, les affaires contentieuses qui se portent au conseil des dépêches, les arrêts, lettres patentes et autres expéditions qui en dépendent.
2e division. — La correspondance avec les généraux d’armées, intendants en ce qui concerne le service des places et la discipline. La confection des ordonnances et mesures d’exécution pour ces objets; les affaires contentieuses militaires, les traités de restitution réciproque des déserteurs, les lettres de cachet, passeports, permissions pour l'étranger, brevets, lettres de service et de relief. Tout ce qui concerne les commissaires des guerres, l'administration, la police, la discipline des Invalides et des écoles militaires dépend de ce bureau ainsi que l’administration intérieure des provinces militaires.
3e division. — La nomination aux emplois et charges militaires, les commissions, lettres et brevets des officiers, les expéditions des officiers de la maison du roi, de la gendarmerie, les
1. L'Almanach royal pour 1775 et celui pour 1776, n’indiquent aucune division du travail
2. Les bureaux constituent toujours une administration purement civile; cependant l’édit de novembre 1750 a subordonné l'acquisition du titre de commissaire des guerres à un stage de cinq ans comme commis dans les bureaux du ministère. Sans doute, la charge demeure vénale et peut s’obtenir aussi à la suite d’un stage d'élève près des ordonnateurs ; mais en fait, les bureaux de la guerre deviennent une véritable école d’administration militaire, Xavier Audouin, Histoire de l'administration de la guerre, III, 384, F >.
3. Ordonnance du 14 septembre 1776, Les premiers commis, choisis: parmi les officiers ou commissaires des guerres, doivent se pourvoir d'une charge de commissaire des guerres employé à Véisailles et en porter le titre et l’uniforme:; les élèves-commis d’une charge de commissaire des guerres aux armées.