‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 90 sur 327 · Procès-verbal du Conseil de guerre du 29 août, A. G · texte numérisé non relu

Procès-verbal du Conseil de guerre du 29 août, A. G

tnais croyez bien que puisque j'insiste, c’est que je vois le salut de l'état et votre gloire attachés aux mesures que je prescris (1). »

Aussi n'est-il pas peu surpris en prenant des mains de Vouillers connaissance du procès-verbal du 29 août. Il estime la situation si grave, qu’il l’expose sur le champ au conseil exécutif.

D'accord avec ses collègues, il écrit à Dumouriez qu’ils sont tous persuadés que l’invasion de la Belgique n’arrêtera pas les Prussiens « vous ne leur ferez pas changer le projet de marcher en avant, bien assurés s’ils réussissaient, de se faire rendre le Brabant ou de le reprendre en un instant ». Au contraire, l’armée de Sedan doit se diriger sur l’Argonne et y faire sa jonction avec l’armée du Centre, pour défendre de concert la région entre Meuse et Marne. Pendant ce temps, sur l’Aisne, l'Oise et la Seine, on lèvera de nouvelles troupes, on remplira les magasins. Il faut avant tout, déclare le ministre, gagner du temps pour nous permettre d'organiser nos forces, d'augmenter notre matériel et nos approvisionnements. « Il faut convaincre l’envahisseur que nous voulons être libres. Kellermann va marcher à votre rencontre et vous secondera. Le pays est propre à la défensive ; si vous êtes contraint de l’abandonner, vous l’aurez ruiné par le séjour de votre armée et les ennemis n°y trouveront pas de quoi subsister. En un mot, ralentissez la marche de l'invasion. Vous irez en Belgique, le conseil approuve votre plan ; mais laissez nous le temps de rassembler 30.000 hommes à Châlons » (2).

Le lendemain, Servan ajoute : « au nom de la Patrie, adoptez des plans dictés par les circonstances les plus impérieuses. Conduisez votre armée entre Meuse et Marne ; portez vous sur Sainte- Menehould ou environs, ou même sous Châlons, en venant directe- . ment passer l’Aisne pour vous en couvrir et arriver plus sûrement sur le bord de la Marne. Une fois derrière la Marne, si vous persistez dans votre idée, vous pourrez remettre cette armée à un lieutenant général dirigé par les conseils du maréchal Lückner et aller faire votre tentative sur la Belgique (3). »

Mais avant d’avoir reçu ces lettrés, Dumouriez a pris brusquement de lui-même le parti que le ministre lui ordonnait. A la nouvelle de l’investissement: de Verdun, il lève son camp et se porte le 1er septembre de Sedan à Mouzon, le 2 de Mouzon à Grand Pré, résolu d'occuper lArgonne et d'arrêter l’envahisseur derrière ces « Thermopyles de la France ».

Aussi, quand les ordres de Servan lui parviennent, il est en route

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