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Servan à Dumouriez 2: septembre

pour les exécuter. On peut donc dire qu’en fait, il s’est rencontré avec lui dans toutes les opérations et marches (1).

Quoiqu'il en soit, le général s'organise défensivement le 3 septembre sur la position de Grand Pré, fait occuper le lendemain par Dillon et Galbaud les défilés des Islettes et de la Chalade ; puis envoie Dubouquet au Chêne Populeux, Colomb à la Croix au Bois.

Mais, pour défendre l’Argonne, Dumouriez dispose de forces bien insuffisantes. Un premier renfort lui parvient le 7 septembre. C’est Duval, qui sur son ordre amène 3.000 hommes du camp de Pontsur-Sambre (2). D'autre part, Beurnonville est invité à le rejoindre pour le 14 septembre, avec un nouveau corps de 10.000 hommes tré de l’armée du Nord.

D’autres renforts peuvent également parvenir de Châlons ou Lückner organise une partie de la grande levée de 1792 ; et Servan mande à Dumouriez qu’il peut sans hésiter faire appel à ces troupes, puisqu'il envoie chaque jour au vieux maréchal plus de 2.400 hommes armés et revêtus d’un uniforme (3). Mais le général n’a aucune confiance dans ces soldats improvisés et compte seulement sur les vieilles troupes de ligne qu’il va encore tirer des Flandres, sur l’armée de Kellermann et sur les volontaires de 1791 (4).

Bien avant l’arrivée de Beurnonville et des renforts attendus, les événements vont l’obliger à modifier entièrement ses projets. Le 12 septembre, les Autrichiens de Clerfayt surprennent le défilé de la Croix au Bois. En vain Chazot parvient-il à le réoccuper le 14 après un vif combat. Une contre attaque ennemie demeure définitivement maîtresse du terrain. Découvert, Dubouquet doit évacuer à son tour le Chêne Populeux.

Dumouriez dont la situation devient critique, décampe dans la nuit du 14 au 15 et se porte sur Sainte-Menehould qu’il atteint, non sans qu'une terreur panique ait dispersé le 15 une partie de ses troupes à Montcheutin. Il semble désormais qu’une fois sa Jonction effectuée avec Kellermann,il ne lui reste d’autre parti que de retraiter sur Châlons. On lui conseille d’occuper d’abord la position de Suippes ; puis de se replier sur la Vesle et de là sur la Marne.

A l’étonnement général, il prend la résolution de rester sur place. Laissant Dillon à la Chalade et aux Islettes dans le sud de l’'Argonne, il se place avec le gros de ses troupes en avant de Sainte- Menehould, cessant il est vrai de couvrir Paris, mais menaçant les derrières des alliés. L'armée Prussienne peut maintenant déboucher

1. Pour la discussion relative à l'attribution à Dumouriez ou à Servan de la paternité de la manœuvre d’Argonne,.voir Chuquet, IT, 40.

2, Les 19e et 68e de ligne, le 2° bataillon de la Haute-Vienne, 4 compagnies belges et 2 escadrons du 3° dragons.

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