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L'ABROGATION DE LA LOI FALLOUX

et je veux indiquer très nettement à la Chambre le terrain sur lequel la collaboration du Gouvernement cesserait d'être acquise au Sénat, sans avoir, je le répète, aucune raison de penser qu'il nous demande de créer le monopole universitaire. Si la question venait à être posée au Gouvernement, il aurait répondu d'avance dans Fexposé môme du projet dont je parlais tout à l'heure. Nous disions, en effet : « Nous ne rétablissons, par cette mesure, ni le régime du certificat d'études, ni l'autorisation préalable. Si vous adoptez notre projet, les familles garderont la faculté de confier Téducation de leurs enfants aux maîtres de leur choix. » {Très bien! Très bien!)

C'était là la pensée du Gouvernement au mois de novembre 1899, c'est encore sa pensée à l'heure où je parle.

Quoi qu'il en soit, et ayant ainsi indiqué bien nettement dans quelle direction le Gouvernement est disposé à rechercher une solution, quelles sont les idées sur lesquelles il semble bien qu'il y ait, dès à présent, un accord absolu entre le Sénat et lui, j'ai fait connaître quelle serait notre attitude si la question du monopole de l'enseignement venait à être soulevée.

Je crois m'ôtre expliqué assez complètement pour que la Chambre ait compris que, dans ces conditions, le Gouvernement n'a aucune espèce

Le 27 novembre 1901 eut lieu, sous la présidence de M. Waldeck-Rousseau, au Grand-HAtel, le banquet annuel du Comité républicain du Commerce et <le rindustrie; plus de 800 convives avaient répondu à rappel du Comité. Tous les ministres étaient présents, ainsi qu'un grand nombre de membres du Parlement. Cette fête prit le caractère d'une manifestation politique exceptionnellement importante, en raison des circonstances dans lesquelles elle se produisait. En effet, le 18 novembre avait commencé devant la Chambre la discussion du projet de loi autorisant le Gouvernement à émettre un emprunt à 3 p. 100, dont le produit devait être réparti entre ceux de nos nationaux qui, ayant subi des dommages par suite des événements de Chine, avaient droit à des indwiimités. Au nombre des indemnitaires figuraient les congrégations ayant des établissements en Chine. Le rapporteur, M. Hubbard, et avec lui un certain nombre de membres de la majorité ministérielle, appartenant aux groupes de l'extrême gauche, voulaient exclure les missionnaires français de cette indemnité. M. Waldeck- Rousseau, estimant qu'agir ainsi aurait été renoncer à notre politique traditionnelle en Extrême-Orient,

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je suis persuadé que jusqu'aux élections prochaines nous resterons groupés autour du gouvernement dans lequel nous avons mis notre confiance; qui a vaincu des difficultés qui paraissaient insurmontables et qui, grâce à sa persévérance et à son talent, a jusqu'ici triomphé de tous ses adversaires ».

Ajoutons immédiatement que ces belles paroles furent entendues au Palais-Bourbon, et que le lendemain une énorme majorit'> votait l'ensemble du projet d'emprunt : une fois de plus la sagesse et la discipline des républicains avaient déjoué les manœuvres des oppositions coalisées.

M. Waldeck-Rousseau prit la parole après M. Millerand, ministre du Commerce, et répondant à M. Mascuraud, président du Comité, qui lui avait souhaité la bienvenue, il remercia les membres du Comité et leur président de leur accueil si sympathique et si réconfortant; puis, après avoir constaté que les commerçants et les industriels sont parfois meilleurs juges de leurs intérêts, que ceux qui se prétendent leurs représentants, il poursuivit en ces termes :

M. Mascuraud a fait , allusion le premier, Messieurs, à des circonstances qui semblent déjà lointaines, bien qu'à vrai dire elles ne remontent pas à trois ans. 11 a rappelé les conditions dans lesquelles s'est formé le ministère que j'ai l'honneur de présider. Certes, au moment où nous nous sommes déterminés à assumer une tâche qui, à coup sûr, était lourde, l'horizon était plus chargé de menaces que de sourires, et de dangers que de promesses. [Applaudissements prolongés,)

répétés. )

Nous avons assumé la tàclie qui nous était dévolue, sans autre dessein que de servir la démocralie. Nous la considérerons comme accomplie le jour où le parti républicain nous rendra notre liberté. Nous pourrons regarder d'une conscience tranquille le chemin parcouru, et ce sera, Messieurs, sans regret que nous abandonnerons le fardeau du pouvoir, s'il nous est permis de croire que nous avons bien mérité de cette démocratie laborieuse et républicaine à laquelle nous avons donné tout notre dévouement, [Applaudissements répétés.)

Si nous avons eu un mérite, il a été surtoiilde faire prévaloir celle pensée qu'on ne réaliserait aucun progrès, que les législatures demeureraient stériles tant que les fractions du parti républicain chercheraient chacune à réaliser d'abord les projets qui pouvaient la différencier

des auires, el ne ccmprendraient pas la nécessité de s'unir dans un effort fécond, pour faire triompher les réformes qui sont le patrimoine commun de tous les républicains. [Vive approbaiion,)

Aussi, ai-je convié tous les républicains à prendre part à cette œuvre; je ne me suis jamais reconnu le droit, lorsque les institutions étaient menacées, d'exclure un seul homme de bonne volonté, et nul plus que moi n'a regretté que quelques républicains se soient volontairement exclus de la majorité qui s'était groupée autour de nous. [Applaudissements.)

Il m'a été particulièrement agréable de trouver dans le discours de M. Mascuraud cette constatation que le comité qu'il préside s'est formé parce qu'il a jugé qu'en nous prêtant son concours il servait les intérêts de la France laborieuse. J'ai été d'autant plus sensible à celte constatation qu'elle s'affirmait devant un de mes collaborateurs qui, dans tant de discussions économiques soulevant les problèmes les plus délicats et les plus compliqués, a montré une si complète connaissance de tous les sujets et a défendu avec une infatigable ardeur les solutions que le Gouvernement préconisait. [Applaudisse» ment s,)

L'honorable M. Mascuraud a dit aussi — et sur ce point nous ne serons peut-être pas tout à fait d'accord, faute d'une définition — que

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prix de vente. Je comprends à merveille qu'il se montre attentif à toutes les innovations , à tous les projets qui lui paraissent menacer un équjjlibre si péniblement établi.

Sans doute, il faut qu'il réfléchisse, il faut qu'il examine; mais laissez-moi vous dire que, dans un pareil examen, c'est l'esprit de progrès qui donne le bon conseil et non pas l'esprit de rési stance . [Applaudissements !)

Et j'en trouverai des preuves bien près de moi. J'ai pour amis des industriels, de grands industriels, et je suis frappé de voir que les maisons les plus prospères sont celles où l'on s'est inspiré, dans le règlement des droits du travail, d'un plus haut esprit de justice. [Très bien!)

Je pourrais donner une autre preuve à l'appui de cette proposition, que l'esprit de résistance est mauvais conseiller. Vous avez rappelé tout à l'heure la loi de 1884, que j'ai élé assez heureux pour faire voter par les deux Chambres.

Elle m'apparaissait alors comme un rouage nécessaire, comme un intermédiaire qu'il fallait créer, et de nature à substituei% dans le débat -économique, à la rupture toujours* brusque et parfois violente, la conversation, le débat contradictoire et l'entente.

Eh bien, Messieurs, je me rappelle — beaucoup ont pu l'oublier — que cette loi vint d'abord se heurter à la défiance des uns et à la résistance des autres; je crois bien qu il n'y a que moi qui

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j'ai plaidé sa cause avec trop de chaleur, sans doute, puisqu'un de mes collègues exprimait^ dans un sentiment de tristesse, d'ailleurs bienveillant, l'appréhension que je fusse tout prêt à sacrifier à un certain impérialisme. {f{i7*es et applaudissements. )

Eh bien, soyez assurés que nous n'iniroduirons rimpérialisme ni à Tinlérieur ni à Texterieur. {Salve dapplaitdissemenls.)

Nous avons su plus d'une fois résister aux suggestions les plus pressantes, tiiées de certains exemples; nous n'avons jamais cessé de dire, ce que je répèle aujourd'hui, qu'il ne s'agit plus d'élargir notre domaine colonial, mais qu'il faut le conserver, l'organiser et le rendre plus fertile.

Ce n'est donc pas une plus grande France que nous rêvons, mais je ne cache pas que nous rêvons une France plus grande [Vifs applaudissements,) par l'essor qu'elle saura donner à son commerce, par les progrès sociaux qu'elle ne cessera pas de réaliser. [Nouveaux applaudissements,)

Et c'est. Messieurs, à celle France des industriels, des commerçants et des travailleurs, à ceux de la métropole et à ceux qui sont allés au loin étendre notre civilisation, que je vous demande la permission de lever mon verre. [Applaudissements et bravos prolongés. Ovations enthousiastes ,)

LES ÉLECTtONS LÉGISLATIVES ET LES NATIONALISTES

Au banquet annuel du Syndicat de la Presse Suburbaine, qui eut lieu sous sa présidence, le 28 février 1902, M. Waldeck-Rousseau, après avoir parlé des inléréts généraux du département de la Seine, fut amené à tracer le tableau des procédés électoraux employés par les nationalistes, et à dire quelques mois de l'accord intervenu formellement ou tacitement entre certains républicains et la « Pairie française », accord qui venait d'être mis à jour par un incident retentissant auquel s'était trouvé mêlé un des chefs de la minorité des républicains dissidents du centre.

... J'ai di'. tout à l'heure que l'harmonie me paraissait être une dos lois nécessaires de ce groupement si important et si considérable qu'est le groupement du déparlement de la Seine. D'autre part, j'ai été Irappé des paroles adressées par votre président et de l'appel à

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