LA TACTIQUE DE L'OPPOSITION IJI
22 décembre qu'on découvre combien il est urgent de demander au Cabinet pourquoi il n'a réuni la Chambre que le 14 novembre dernier!
{On rit,) Assurément, il n'est jamais trop tard pour bien faire! (Nouveaux rires.) Mais on conviendra cependant que la question eut été posée avec plus d'opportunité le 16 novembre, quand le Gouvernement a été interpellé sur sa politique.
M. Lucien Mille voYE. — Je demande la parole.
M. LE Président du Conseil. — Je ne nie retranche pas derrière une fin de non-recevoir, et aujourd'hui je vais vous répondre ce que j'aurais répondu si vous m'aviez interrogé plus tôt.
Si, en ne convoquant pas assez tôt la Chambre, ' le Gouvernement méconnaît son devoir et Tinlérêt du pays, permettez-moi de vous dire que la Constitution a prévu le remède, et qu'il appartient alors à la majorité du Parlement de lui rappeler son devoir. [Rires et applaudissements à V extrême gauche et à gauche.)
M. Jules Mélixe, s'adressant à la gauche. — Je sais bien que vou^ ne tenez pas h vos prérogatives. (Ihndt.)
M. Ferdinand Bougère. — Ce n'est pas l'éloge du Parlement que vous faites, monsieur le président du Conseil.
M. le Président du Conseil. — Les raisons qui ontdécidé la conduite du Gouvernement n'étaient pas sans doute dénuées de toute espèce de valeur,
puisqu'elles ont donné à réfléchir et à penser à tout le monde. En effet, — et, ici encore, je n'entends critiquer aucunement ce qui a été fait, — il me sera bien permis, étant interpellé sur ce point par l'honorable M. Drake, de rappeler qu'un de nos collègues, un homme politique considérable, a jugé que la question ne pouvait pas être résolue comme cela, à la légère, et que voulant ôtre assuré d'être suivi par son parti... {Applaudisse?nents sur les mêmes bancs.)
M. l'amiral RiEUNiER. — M. Méline a fait son devoir.
M. Jules Méline. — J'ai fait mon devoir ; vous n'avez pas fait le vôtre. [Bruit,)
M. LE Président du Conseil. — ... il a voulu s'assurer qu'il était prêt à le précéder. [Applaudissements et rires à gauche et à l extrême gauche.)
Quoi qu'il en soit, Messieurs, si nous n'avons réuni le Parlement que le 14 novembre, c'est pour deux raisons que voici...
M. Jules Méline. — Pour aller plus vite !
M. LE COMTE de Lanjuinais. — Pour pouvoir acquitter Dreyfus.
M. LE Président du Conseil. — ... c'est parce que, tenant la parole que nous avions donnée le 26 juin, nous avons voulu accomplir tous les actes qui ne relevaient que de la responsabilité du Gouvernement...
[M, Lasies interrompt au milieu du bruit,)
M. LE Président. — Monsieur Lasies, je vais