amender (84, 97), amander (92) — ils
du Roman de la Rose, mais en rajeunissant le texte ( v. sa curieuse préface, édit. P. Jannet, IV, 183-188). Vingt ans plus tard, Sibilet écrivait dans son Art Poétique, II, xiv, fo 72 vo : « Dés poèmes qui tombent soubz Tappellation de grand œuvre, comme spnt en Homère V Iliade, en Vergile V Enéide, en Ovide la Métamorphose, tu trouveras peu ou point entrepris ou mis afin par lés poètes de Dostre temps. Pource si tu desires exemple, te faudra recourir au Romant de la Rose, qui est un dés plus grans œuvres que nous lisons aujourd'huy en notre poésie françoise. » — De ce « grand œuvre », la Pléiade, elle aussi, s'était nourrie. Sans parler du sonnet bien connu de Baïf à Charles IX ( liv. II des Passetems, édit. Marty- Laveaux, IV, 311 ), nous savons par Binet que Ronsard, aux années de jeunesse, en faisait couramment sa lecture. Dans une ode qu'il adressait à Peletier dès 1547, Des beautez quHl voudroiten s* amie, il mettait le Roman de la Rose sur le même rang que Pétrarque :
Qu'or seust par cuour tout cola qu'a chanté Petrarcque on amours tant venté, Ou la Rose par Meun décritto.
(Texte do 1547 : cf. édit. Blanchemain, II, 403.)
Dans un sonnet des Amours de Cas^andre (1552), il se peindra lui-même a dansant dans le verger Tamourcuse carole », en compagnie de Bel> Accueil et Faux-Danger ( édit. Blanchemain, 1,95).
1. Épigramme dédaigneuse: tous les vieux crieraient que j*al perdu toute pudeur... — Du Bellay se souvient d'Horace, Epist. II, I, 79-85 :
Recto necno crocum florosquo perambulot Attae Fabula si dubitom, clament periisso pudorem Cuncti paone patres, ea cum reprehondero conor Quao gravis Aosopus, quae doctus Roscius ogit : Vol quia nil rectum, nisi quod placuit sibi, ducunt, Vol quia turpo putant parère minoribus, et quao Imberbes didicoro, sonos pordeada fateri.
2. Corriger ( emendare ). Cf. Amyol, Numa Pompilias : <( Geulx qu'il trouvoit lasches et paresseux, en les tensant et reprenant les emendoit. » (Édit. orig., 1559, I, f» 49 r«. ) — Aujourd'hui nous disons amender, qui remonte d'ailleurs aux origines de notre langue ; émender n'est plus qu'un terme de droit : « La cour, émendant ( c'est-à-dire, réformant le jugement ), ordonne... » — V. l'appareil critique.
176 DEFFEXCE ET ILLUSTRATION
soutiens-je que celuy est trop grand admirateur deTancienneté*, qui veut defrauder Mes jeunes de leur gloire méritée, n'estimant rieû, comme dict Horace, si non ce que la mort a sacré', comme si le tens, ainsi que les vins, rendoit les poësies meilleures*. Les plus recen», mesmes ^ ceux qui ont esté nommez par Clément Marot en un certain epygramme ' à Sa-