Qrecs (61-97 sauf
1. « Je ne voy comme se peut entendre cecy. Car si es Grecs et Romains nous fault cercher, que sera-ce ? Ou les choses, ou les paroHes ? Si les choses, tu te contredis : qui au premier livre as dit la nature des choses et la cognoissance et commune tractation d'icelles estre égale en toutes nations et langues. Et encores si les choses on en doit retirer, ou ce sera par translation ou par tractation. Si par translation, tu la defens. Si par tractation, c'est redite de mesme chose en autre langue à nous propre, et rien pour cela enrichie de parole. Or si tu dis que les braves paroles il y faille cercher, ce sera escorcherie sanglante. Si la mesure et forme des vers, elle est grandement dissemblable. Si les manières de parler, phrases et figures, je dy et maintien que nulle d'icelles ne default aux poètes françois, non plus que aux latins et grecs. Si la science et les ars, cela est y cercher le savoir des choses, ample et belle matière de poésie, et non la forme de poésie, ne du style plus hault. Et cela ne sera pas illustrer ne enrichir la langue de plus hault et meilleur style ', mais enrichir Tesprit de plus haute science et cognoissance des ars qui en ces deux langues ont esté mises, ce que est tresbon et principal, mais non à ton propos. Parquoy, pour Tenrichissement et illustration, et plus hault et meilleur style, je ne say quelle imitation tu y cerches, ne toy avec ne sais.
« Bien peult estre que quelque peu de mots qui nous défaillent en pourront estre extraitz : ainsi comme à eux défaillent plusieurs de ceux que nous avons : desquels ils ont usé, comme le démonstrentCiceron, Quintilian, et Erasme au premier livre delà Copie ^, Mais cela est peu de chose pour en faire si grand cas. Et outre ce ne fault estimer seul avoir leu les Grecs et Latins : car la plus grand part des poètes françois de nostre temps sont exercez es langues. Et neantmoins sans lesquelles langues n'ont pas laissé aucuns d'estre Iresbons poètes, et par-adventure plus naïfz que les grecaniseurs, latiniseurs et italianiseurs en françoys : lesquels à bon droit on appelle peregrineurs. » (Q. H.)
a. 1555 fond en une seule cette phrase et la précédente, ce qui rend le passage inintelligible : « ... et non la forme de poésie, ne du stille plus hault et meilleur «tille, mais enrichir l'esprit... »
b. be duplm copia terborum ae rentm (édit. de Leyde, 1703, 1, col. 3 sqq.).