‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 240 sur 449 · au jourd'huy (57, 62, 8)), aujourd'huy (61, etc · texte numérisé non relu

au jourd'huy (57, 62, 8)), aujourd'huy (61, etc

faire. Et ne dy point que telz poëmcs ne servent sinon à porter tesmoignage de nostre ignorance. Car au contraire par excellence de vers et ligatures, nombreuse multiplicité de cadences unisonnantes, et argute rentrée, refrains et reprinses avec la majesté de la chose traitée, et épilogue des envoys, tesmoignent la magnificence et richesse de nostre langue, et la noblesse et félicité des espritz françois, en cela excedans toute les poésies vulgaires. Mais pour le difficile artifice etelabourée beauté d'iceux anciens poèmes, tu les veux estre laissez. » ( Q. H. ) — Avec moins de pédantisme, mais non moins de justesse, Guillaume des Autelz dit à son tour, dans le pamphlet ci-dessus mentionné (p. 195, n. 2) : « Au reste, encores ne tiens je si peu de conte de noz anciens François, que je mesprise tant leurs propres inventions que ceux qui les appellent espisseries, qui ne servent d'autre chose que de porter témoignage de nostre ignorance. Pourquoy est plus à mespriser l'élaborée ballade françoise que la superstitieuse sextine italiene ? Ou y trouvez vous si grande ineptie ? Est ce en la palynodie? mais elle nous est commune avecques les Grecs et Latins. Est ce en la difficulté ? mais tant plus en est elle louable, pourveu qu'elle n'en apparoisse ny moins ornée ny plus contrainte. Est ce en l'abus de ceux qui escrivent mal ? mais nous pourrions ainsi universellement condemner' toute la poésie. Et tant s'en faut que pour sa difficulté je l'estime incapable des ornemens poétiques, que je n'en forclus pas le chant royal, beaucoup plus difficile et ingénieux : d'auUint qu'il est plus long et doit contenir une perpétuelle allégorie jusques à l'épilogue, qui la doit ouvrir et declairer. Et quant ce ne seroit qu'un exercice pour nous préparer à plus grans œuvres, pource ne devrions nous vitupérer l'eglantine tholosane, ou Ion ne défend pas de proposer d'autres poèmes. Cecy n'est pas dit pour soutenir la façon de nostre vieille poésie : mais je pense que ce temps luy peult donner ce que le passé luy ha refusé, et qu'elle n'est inhabible à le recevoir. Ce que j'ay dit de la ballade, je l'estens jusquos au lay, que noz prédécesseurs prenoicnt pour l'ode : et pource je ne me soucie pas qu'on rejette le nom, pourveu qu'on retienne la chose et que Ion l'agence mieux. » (Édit. de 1551, p. 61-62.)

1. Sur le genre de ce mot au xvi» siècle, v. ci-dessus, p. 176, n. 6. — « Les anciens entendaient par ce mot (ïêpigramme quelque chose de plus général que ce que nous désignons sous ce nom. L'épigramme, pour eux, était une petite pièce qui ne passait guère huit ou dix vers, et qui allait rarement au delà, d'ordinaire en vers hexamètres et pentamètres ; c'était une inscription soit

DE lA. LANGUE FRANCOYSE

de faiseurs de comtes nouveaux, qui en un dizain sont contens n'avoir rien dict qui vaille aux ix. premiers vers, pourveu qu'au dixiesme il y ait le petit mot pour

1. comtes (57, 62, 80), comptes (61, etc.) — dizain (57, 62, 80), dixdin (61, etc.).

2. couionta (73, 75, 84, 92) dit (57, 62, 84-97) - au ix. premier» Ters (49, 57, 80), au neuf. . (62), aux neuf... (61, etc.).

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