Rouen
2. vyrelaiz (57, 62, 80), virelaiz (61, 69), virelais (73, etc.) — chantz royaulx (57, 80), chantz royaux (61), chants royaulx (62), chants royaux (69-75), chans royaux (84, 92), chants-royaux (97).
3. episseries (57, 62, 80), épiceries (61, 69-75, 84, 92), espiceries (97)
— corrumpent (57, 62, 80), corrompent (61, etc.) — notre (57, 80).
4. sinon (57-97)— temoingnaige (57, 62, 80), tesmoignage (61, etc.).
i. Le Puy de Rouen semble être la plus ancienne en date de ces confréries de bourgeois, semi-religieuses, semi -littéraires, qui, sous le nom de pays ou de palinods, s*étabUrent un peu partout» à partir du xne siècle, dans l'ouest et le nord de la France, et s'appliquèrent à cultiver la jpoésie et la musique. On sait qu'il exista des puysà Caen, Dieppe, Evreux, Beauvais, Amiens, Abbeville, Béthune, Arras, Lille, Douai, Cambrai, Valenciennes, etc. Quelques-uns de ces puys étaient encore en pleine vogue au milieu du xvi< siècle. François Sagon, l'adversaire de Marot, fut plusieurs fois couronné de 1531 à 1535 aux puys de Rouen, de Dieppe et de Gaen, pour ses chants royaux, ses ballades et ses rondeaux. — Sur le Puy de Rouen qui, conformément au nom de sa patronne ( Puy de la Conception Nostre-Dame), récompensait chaque année les meilleurs chants royaux en THonneur de la Vierge, consulter les notices de A. -G. Ballin {Précis analytique des travaux de V Académie royale des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, t. XXXVI [1834], p. 197 ; t. XL [1838], p. 296 ; t. XLV [1843], p. 227).
2. Sur toutes ces formes de poésies, très cultivées des rkétoriqueurs et même des marotiques, consulter les arts de rhétorique du xve siècle et de la première moitié du xvi©. Cf. E. Langlois, De artibus rhetoricae rhythmicae, sive de artibus poeticis in Francia ante litterarum renovationem editis, quibus versificationis nostrae leges explicantur (thèse, 1890), et du même sniieiiT, Recueil d'arts de seconde rhétorique (Doc. inéd. sur l'hist. de Fr., 1902).
— Sibilet, dans son Art Poétique (i^iS), avait encore consacré cinq chapitres de son second livre à l'étude de ces formes rhétoricales (m, rondeau; iv, ballade; v, chant royal ; vi, chanson ; xni, virelai).
3. Sur le sens de ce mot, v. plus haut, p. 129, n. C. — Jacques Tahureau n'est pas moins dédaigneux que du Bellay des anciens genres poétiques, lorsqu'il parle des « triolets, virelais, rondeaux, ballades et autre telle espèce de vieille quinquaille roûillée » ( Dialogues, édit. Conscience, p. 13).
de notre ignorance ^ Jéte toy à ces plaisans epi-
1. nostre (61-97 sauf 80) — Jéte toy (57, 80), jecte toy (62), jette toy (61, etc.) — ses (84-97).
i. Cette proscription des vieux genres n'a pas été sans soulever d'énergiques protestations de la part des contemporains. C'est d'abord Aneau qui s'écrie : « Trop dédaigneuse est ceste exhortation de laisser les vieilles poésies aux [Jeux *] Floraux de Tholose et au Puytz de Rouan. Par laquelle trop superbe dehortation sont indignement et trop arrogamment deprisées deux tresnobles choses. D'ont l'une est l'institution ancienne en deux tresbonnes villes de France de l'honneur attribué aux mieux foisans, pour l'entretien éternel de la poésie françoise. Jouxte le proverbe : l'honneur nourrît les ars ", Tel que jadis fut en Grèce es Olympiques, et à Rome es jeux publiques. L'autre est l'excellence et noblesse de noz poèmes les plus beaux et les plus artiflcielz, comme rondeaux, balades, chans royaux, virlais, lesqudz tu nommes, par terrible translation, espicerie corrumpant le goust : qui toutefois en toute perfection d'art et d'invention excédent tes beaux sonnetz et odes ( que tu nommes ainsi) desquelz plus amplement cy après je parleray. Et en cest endroit, tu ne cognois, ou ne veux cognoistre, que ces nobles poèmes sont propres et peculiers à [la*] langue françoise, cl de la sienne et propre et antique invention. Sinon que par adventurc on les vousist * rapporter à d'aucunes formes hébraïques et gréques es Prophètes et en Isocrat, et quelques latines en Ciccron es oraisons et en Vergile es vers intercalaires '. Ce que mesme les noms de ces poèmes donnent à entendre. Car rondeau est période, balade est nom grec, chant royal est carme héroïque, par principale dénomination, virlay est lyrique ou laïque, c'est à dire populaire. Ce que ne pensant pas, ta les rejettes, mesmement les virlais, et à la fin ordonnes les vers lyriques, qui sont tout un et une mesme chose. Mais ce que te fait ' les depriser, à mon ad vis que c'est la dificulté d'iceux pocmcs, qui ne sortent jamais de povre esprit, et d'autant sont plus beaux que de difficile facture, selon le proverbe gi*ec tàt x*^*'^^ ^«^a» choses difficiles sont belles. Tout ainsi comme en grec et latin les vers cxametres, cheminans à deux piedz seulement, sont plus nobles et plus beaux que les trochaïques ou iambiques ou comiques, qui reçoivent plusieurs piedz indifféremment et plus à Taise. Pource ne blasme point ce que tant est louable, et ne defendz aux autres ce que tu desperes povoir par-
a. Jeux manque (1556) : 1555 donne yeux.
b. Bonos alit artes (Cicëron, Tuse. I, ir, 4). — Cf. plus loin, p. 341, n. 3.
c. Omîa dans les deux éditions.
d. 1555 : voulust.
o. Expression do Servias, scoliasto do Virgile, pour désigner les vers qu'on ré* pèle en refrain (Virgile, Bue. vili).
f. 1555 : « ce qui te faict ».
grammes*, non point comme font au jourdTiuy un tas