‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 242 sur 449 · immitation (57, 62, 80), imitation (61, etc · texte numérisé non relu

immitation (57, 62, 80), imitation (61, etc

1 . Du Bellay semble bien ici faire allusion à Sibilet, qui préfère à toute autre l'épigramme aiguisée et cite comme des modèles en ce genre Marot et Saint-Gelays (II, i, f** 43 r«-v*) : « Sus tout, sois en l'épigramme le plus fluide que tu pourras, et estudie a ce que lés deuz vers derniers soient agus en conclusion : car en ces deuz consiste la louenge de l'épigramme. Et est l'esperit de l'épigramme tel, que par luy le poète rencontre le plus ou le moins de Taveur : tesmoins Marot et Saingelais singulièrement recommandés auz compaignies dés savans pour le sel de leurs épigrammes. »

2. Ne pouvant rejeter l'épigramme, genre d'origine antique, du Bellay demande du moins qu'on la transpose et la rehausse, en la rapprochant un peu plus qu'on n'a fait de l'antiquité : tandis que Sibilet donnait comme modèles Marot et Saint-Gelays, lui, c'est Martial qu'il propose, — sans d'ailleurs indiquer en quoi l'épigramme de Martial diffère tellement de celle de Marot. Le Quintil dit à ce propos, non sans finesse : « Tu veux que l'on se jette (comme tu parles) à ces plaisans épigrammes, poésie aussi aysée comme brieve. De laquelle se sont aussi bien aydez et d'aussy bonne grâce noz poètes francois tant vieux que nouveaux, et en grand nombre, que un Martial Latin (que tu proposes), poète inégal, bien souvent froid. Espagnol, mal Romain, etflateur, idololatre de Domitian, vicieux, et abominable sotadic, méritant n'estre mis en lumière que de flambe de feu. Auquel Martial le plus souvent eschet ce que tu reprens aux faiseurs de comtes nouveaux, qui est le petit mot pour rire à la fin, et rien plus. » — Peletier, revenant à son tour en 1555 sur la théorie de l'épigramme, combinera les vues de ses trois devanciers (Sibilet, du Bellay, Âneau) : « L'épigramme et un g'anre d'écrit, connu e pratiqué de tout tans e presque an toutes langues, par ce qu'il et brief, familier, e capable tant de facecies que de choses sérieuses. Il n'ét pas requis toutefoes qu'il compregne beaucoup : autremant, il seroèt obscur, a reson de la brièveté. Il doèt être sutil, agu^ e bien concluant. £ combien que quelquefoes il ne contiene qu'un bon point, si étce qu'il i faut une certeine deduccion de matière, qui soèt gracieuse, e de tele sorte, qu'ele face joyeusemant e agreablemant atandre la conclusion. Il i an à grand nombre an Marcial, professeur du g'anre. Mes ce sont de bons e de mauves, einsi que lui même confesse an l'un d'iceus, ou il dit qu'autremant ne se fèt un livre *. An quoe ne le faut pas croere. Non qu'il soèt possible de dire tousjours

a. Martial, Epigr. I, xvi :

Sunt bona, snntquaedam mediocria, sunt malaplora, Quae legis hio : alitar non fit, Avite, liber.

autre bien approuvé, si la lascivité ne te plaist, mesle le profitable avecques le doulz*. Distile avecques un style coulant et non scabreux * ces pitoyables ^ élégies *, à l'exemple d'un Ovide, d'un Tibule et d'un Properce ^ y entremeslant quelquesfois de ces fables anciennes*,

Page 1