race [rare] (84-97) — quant à (57-97 sauf
notre tans, par Pierre de Ronsard »), la vérité, c'est qu'on le ren- 4X)ntre dès 1511 dans la Concorde des deux langages de Jean Lemaire de Belges :
Là recite on d'inrention sapphique Maint noble dit, cantilenes et odet.
Dont le style est subtil et mirifique.
(Édit. J. Stëcher, m, 112.)
Chose curieuse, Aneau lui-même l'avait employé dans une de ses «œuvres, Lyon marchant, satyre française (1541) :
Psalmes, peans et odei pindaricques.
(Édit. orig., f»7r«.)
2o n n'est pas exact que l'ode, telle que l'a conçue la Pléiade, ne se distingue en rien des vieilles formes rhétoricales, virelai, serventois, chapelet, etc. Le Quintil n'envisage que la question métrique : c'est la moindre, aux yeux des réformateurs. Comme on le verra par la suite, ce qui pour eux caractérise essentiellement le nouveau genre, c'est la nature des sujets et la sublimité du style. Au surplus, sur ce point, v. mon article, p. 30-32.
1 . Luth. Bien qu'on trouve aussi lut et luth (ainsi Regrets, s. xxxii), lac est la forme courante au xvio siècle (une des premières odes de Ronsard est une ode « à son Luc », Bocage de 1550, fo 138 vo). Cette différence d'orthographe est d'ailleurs secondaire : à cette •époque, quelle que fût la graphie, on prononçait lu, sans faire •entendre la finale. Cf. les mots arc et nid, qu'on trouve souvent écrits art et nie, mais qu'on prononçait toujours ar et ni.
2. Entendez : sur un luth qui s'accorde harmonieusement avec la lyre des anciens. Ce n'est qu'une simple figure, et du Bellay veut dire qu'il faut concevoir l'ode à la manière antique, comme une imitation de Pindare et d'Horace. Mais dès 4550, Ronsard la concevra véritablement comme un chant, que doit soutenir un accompagnement musical sur le luth ou la lyre. Sur ce point, v. l'article de MM. Charles Comte et Paul Laumonier, Ronsard et les musiciens du xvi* siècle, dans la Rev. d'hist, liit. de la Fr., 1900, p. 341 sqq.
3. Pour du Bellay, l'ode est une œuvre de savant, qu'il n'imagine point sans imitations ou réminiscences de Pindare et d'Horace : il ne paraît pas se douter que le lyrisme est avant tout l'expression poétique de sentiments personnels.