‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 247 sur 449 · Du Bellay s*inspire d'Horace, Epist, ad Pis · texte numérisé non relu

Du Bellay s*inspire d'Horace, Epist, ad Pis

Musa dédit âdibus divos puerosque deorum,

Et pugilem victorem, et equum certamine primum,

Et juvenum curas, et libéra vina referre.

— La même idée sera reprise par Peletier et par Ronsard. Peletier, en 4555, s'exprime ainsi {Art Poétique ^11, \, 65) :« La matière de Tode sont les louanges des dieus, demidieus, c des princes, les amours, les banquez, les jeuz festiz, e samblables passetans : qui montret qu'ele et capable de divers argumans e de divers stile. » Et Ronsard, à la fin de sa vie, écrit encore : « Tu dois sçavoir que toute sorte de poësie a l'argument propre et convenable à son suject : ... la lyrique [a] l'amour, le vin, les banquets dissolus, les danses, masques, chevaux victorieux, escrime, joustes et tournois, et peu souvent quelque argument de philosophie. » {Au Lecteur, préface posthume, en tête des Odes, édit. Blanchemain, II, 7. ) — Comme on le voit en rapprochant ces divers témoignages, l'ode, pour la Pléiade, a son domaine bien défini : théoriquement, les sujets qu'elle traite sont de trois natures : !<> héroïques et mythologiques ; 2<> philosophiques et moraux ; 3» erotiques et bachiques. Dans la pratique, heureusement, Ronsard et ses amis ont élargi ce cadre.

Page 1