adverUr (61-97 sauf
3. îmmiution (57, 62, 80), imiution (61, etc.) — Grecs (62-97 sauf 69 et 80) * mots (61-97 sauf 80).
i . V. plus haut, p. 53, n. 2.
2. Il ne s'agit pas seulement du futur auteur d'épopée, encore que l'expression grand œuvre désigne souvent Tépopée, mais bien de tout poète qui voudra se rendre immortel par quelque ouvrage de valeur.
3. Le sens de ce mot n'est pas clair. Ne signifie-t-il que créer, forger ( et dans ce cas, inventer, adopter, composer, seraient trois formes à peu près synonymes de la môme idée, une sorte de redondance oratoire) ? Doit-on lui donner au contraire son acception grammaticale : faire des mots composés ? C'est généralement ainsi qu'on l'interprète. Pourtant, rien dans la suite du développement n'autorise celte interprétation : du Bellay parle en général du droit que pourra s'arroger le poète de créer quelques mots nouveaux, mais sans rien spécifier sur le mode de création. D'autre part, le rapprochement qu'il établit avec Cicéron ne prouve pas davantage en faveur du second sens. Cicéron, en effet, nous dit bien dans ses traités philosophiques que, pour rendre les idées grecques et les doctrines des philosophes, il a dû créer certains mots (1" par voie d'emprunt direct : aer =: «rip, physica z= 9U(Tixr„ geometria ^= ye(»y[Lzvçii(x. ; — 2® par voie d'équivalence : qaalitas := KoiotY);, specics z^ Ifiéa, ofjîcium = xaSfjXov), mais il ne parle nulle part des mots proprement « composés ». Quoi qu'il en soit, il reste vrai que des divers moyens préconisés par la Pléiade pour enrichir la langue, l'adoption des mots composés n'est pas celui qu'elle a le moins ardemment cultivé. Dans l'épitre à Jean de Morel qui précède son recueil de 1552, du Bellay s'applaudit d'avoir forgé « quelques mots composez comme pié-sonnanl, porte-lois, porte-ciel » (édit. Marty-Laveaux, I, 337). Peletierdità son tour en 1555 (I, vin, 38) : « L'ingenieus ecriteur aura non seule* mant liberté, mes aussi méritera louange, de se mètre an devoer de peupler le royaume françocs de tez suplimans quez sont les moz de légitime composicion, comme Kilas porteciel, Ver portenue, l'aquilon porlefroed, e d'autres teles composicions arliflcieles. >» Enfin, en 1565, Ronsard écrira dans V Art Poétique : « Tu composeras hardiment des mots à l'imitation des Grecs et Latins, pour\'eu qu'ils soient gracieux et plaisans à l'aureille. » (Édit. Blanchemain, VII, 335. ) Recommandation qu'il répétera dans la 2* préface de la Franciade : « Tu seras tres-advisé en la composition des vocables, et
francoys, comme Ciceroii se vante d'avoir fait en sa langue. Mais si les Grecz et Latins eussent esté supersticieux* en cet endroit, qu'auroint-ilz ores* de quoy^ magnifier * si haultement cete copie ^ qui est en leurs langues? Et si Horace permet qu'on puysse en un long poëme dormir quelquesfois °, est-il deffendu en ce mesme endroict user de quelques motz nouveaux,
1. francoys (80), francois (62), fr&nçoi» (57, etc.) — fait (57, 80, 97), faict (61, etc.).