‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 296 sur 449 · leurs profession · texte numérisé non relu

leurs profession

tiore elegantia, tamen eas rcs, in quibus versatur, nominibus nota vit novis. »

1. Les « gens mécaniques » sont les artisans. Cf. plus loin, II. XI, 303 : « toutes sortes d*ouYriers et gens mécaniques, comme mariniers, fondeurs, peintres, engraveurs, et autres ». — L'adjectif mécanique (lat. mechanicus, grec |xrjxavix<$ç ) ne se dit plus que des choses : les arts mécaniques, ceux qui ne demandent, pour être exercés, que l'office machinal de la main (par opposition aux arts libéraux). Mais dans la vieille langue, il était couramment employé, même substantivement, en parlant des personnes. C'est ainsi qu'on lit dans Nicole Ores me : « Les juges, les chevaliers, les mécaniques » (thèse de Meunier, p. 187). On le trouve encore en ce sens jusque dans Malherbe (iîpi/. deSén. vet xc, édit. Lalanne, II, 276 et 71 7).

2. C'est ce qu'on appelle les termes techniques. Leur introduction dans la poésie sera, comme on sait, l'un des points du programme de la Pléiade. Il n'y a pas là proprement enrichissement de la langue, mais enrichissement du style, ou, si l'on aime mieux, transposition de la langue technique dans la langue littéraire. Du Bellay s'expliquera plus clairement sur ce point dans le chap. xi ( v. plus loin, p. 303). — Quant au droit réclamé dès le xvi« siècle par les spécialistes de créer des termes nouveaux pour les besoins de leurs sciences respectives, v. Brunot, Langue au xvi« sièclCy p. 777 sqq. Le chirurgien S. Vallambert écrira notamment [De la conduite du fait de chirurgie, Paris, Vascosan, 1557, in-8, f 8 v«) : « Il faut concéder à chacun estât et mestier certaine façon de parler, qui n'est pas commune aux autres. Les fauconniers ont certain langage, qui leur est propre : aussi ont les mariniers, les laboureurs, les soudats, les artisans : pareillement les philosophes et gens de lettres parlent de leurs sciences en autres termes que le commun peuple. »

3. C'est au Palais, en effet, que se conservent le mieux, même

oter la liberté à un scavant homme, qui voudra enrichir sa langue, d'usurper* quelquefois des vocables non vulgaires, ce seroit retraindre* notre langaige, non encor' assez riche, soubz une trop plus ^ rigoreuse loy, que celle que les Grecz et Romains se sont donnée. Les quelz, combien* qu'ilz feussent sans comparaison plus que nous copieux^ et riches, neantmoins ont concédé aux doctes hommes user souvent de

1. oster (61-97 sauf 80) — scavant (57, 62, 75, 80), sçayant (61, etc.).

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