‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 300 sur 449 · Pour cette forme, v. ci-dessus, p. 59, n · texte numérisé non relu

Pour cette forme, v. ci-dessus, p. 59, n

3. Cette phrase résume nettement la théorie de du Bellay sur rintroduction des néologismes. On remarquera tout d'abord que l'idée est prise d'Horace (Epist. ad Pis. 48 sqq.), auquel l'auteur emprunte jusqu'à ses restrictions :

Si forte necesse est Indiciis monstrare recentibus abdita renxm, Fiogere cinctutis non exaudlta Cethegis Continget, dabiturqae licentia sumpta pudenter ; Et nova flctaque nuper habebuat verba fidem, si Graeco fonte cadent parée detorta.

Licuit semperqne licebit Signatum praesente nota producere nomen.

Le néologisme est posé comme nécessaire, partant légitime, « en un long poème principalement », mais à trois conditions : 1® qu'on en use avec « modestie », c'est-à-dire avec une sage mesure ; 2" que dans la formation des mots on suive les lois de l'analogie ; 3*^ qu'on s'en rapporte au jugement de l'oreille, pour créer des mots harmonieux. — Il n'est peut-être pas superflu de noter que Sibilet, qui parle aussi de la question (I, iv, f» 9), enjoint de même au futur poète « qu'il soit rare et avisé en la novation dés mos », et, s'il est contraint d'en emprunter, <c qu'il le face tant modestement, et avec tel jugement, que l'asprélé du mot nouveau n'égratigne et ride lés aureilles rondes » : de la sorte, il évitera les critiques adressées à la Délie de Scève, en qui Ton reprend « la rudesse de

espérant que la postérité Tapprouvera, comme celle qui* donne foy aux choses douteuses, lumière aux obscures, nouveauté aux antiques, usaige aux non accoutumées, et douceur aux après et rudes *. Entre autres choses^, se garde bien nostre poëte* d'user de

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