notre (57, 80) — poète (57, 62, 80), poëte (61, etc
beaucoup de mos nouveaus ». — Pelelier est moins circonspect que Sibilet et du Bellay. Sans doute, il conseille au traducteur de pratiquer peu le néologisme, à moins qu'il ne traduise un auteur excellent (I, vi. 31) : « An cas des particularitez, le traducteur, amon avis, doèt être un peu creintif : comme an nouveaus moz, léquez sont si connoessables e suspez... Vrei et que quand son auteur sera excelant (car Thommc prudant se garde bien d'an traduire d'autres) il lui sera permis d'user de moz tous neuz, pourvu qu*il soetcertein qu'il n'i an et point d'autres, >> Mais en revanche, il accorde au poète bien plus qu'au traducteur ; il lui reconnaît un droit presque absolu au néologisme : « Le précepte gênerai an cas d'innovacion de moz, dit-il un peu naïvement (I, vui, 38), et que nous eyons l'astuce de les cacher parmi les usitez, de sorte qu'on ne s'aperçoeve point qu'iz soét nouveaus. » — Ronsard a formulé très exactement les mêmes réserves que du Bellay : « Davantage, je te veux bien encourager de prendre la sage hardiesse d'inventer des vocables nouveaux, pourveu qu'ils soient moulez et façonnez sus un patron desja receu du peuple. » (2* préface de laFranciade, III, 32.) On a déjà vu d'autre part (p. 248, n. 3) ce qu'il avance touchant la composition des mots. Il faut tenir compte de ces réserves, pour ne pas accuser la Pléiade, ainsi qu'on l'a fait trop souvent, d'avoir voulu de parti pris en français « parler grec et latin ». — Sur les néologismes de la Pléiade, cf. Marty-Laveaux, Langue de la Pléiade, I, 59-209, et Brunot, Langue au xvi» siècle, p. 799-846.
i. Sur ce tour, équivalent du latin quippe qui, v. Benoist, Synl, franc., p. 100 ; Huguet, Synt, de Rab., p, i07.
2. Pour le moule de cette phrase, cf. Peletier, I. v, 24 : « L'oflce d'un poète et de donner nouveauté aus choses vielhes, autorite aus nouveles, beauté aus rudes, lumière aus obscures, foe aus douteuses. »
3. Du Bellay va traiter le point particulier de la transcription des noms propres. Il veut qu'on les francise, pour garder à la langue sa parfaite unité.
4. Pour ce subjonctif et cette inversion du sujet, cf. plus haut, p. i03, n. 1.
noms propres latins ou grecz, chose vrayment aussi absurde, que si tu appliquois une pièce de velours verd à une robe de velours rouge. Mais seroit-ce pas une chose bien plaisante, user en un ouvraige latin d'un nom propre d'homme ou d'autre chose en 5 francoys ? comme Jan currit, Loyre fluit, et autres semblables. Accommode donques telz noms propres, de quelque langue que ce soit, à l'usaige de ton vulgaire * : suyvant les Latins, qui pour *HpocxX^c ont dict Hercules, pour eTjffsùç, Theseas : et dy Hercule, Thésée, Achile, 10 Ulysse, VirgUe, Ciceron, Horace-. Tu doibz pourtant