Sur chacun adjectif, v. plus haut, p. 84, n
4. Person rapproche ici Brunctlo Latini, Trésor, lïl, i, x : « Li sentiers de rime est plus estroiz et plus fors [ que la voie de prose], si comme cil qui est clos et fermez de murs et depaliz, ce est à dire de poinz et de numbre et de mesure certaine de quoi on ne puet ne ne doit trespasser. » (Édit. Chabaille, p. 48i.) — Ne peut-on aussi rapprocher Montaigne, Ess, I. xxv : « Tout ainsi que la voix, contrainte dans l'étroit canal d'une trompette, sort plus aiguë et plus forte : ainsi me semble il que la sentence, pressée aux pieds nombreux de la poésie, s'eslance bien plus brusquement, et me fiert d'une plus \1ve secousse. » (Édit. Courbet et Royer, I. 176.)
5. La coupe féminine est l'éiision de l'e muet à la césure (c'est-à-dire au quatrième pied dans le décasyllabe, au sixième dans l'alexandrin) . Exemple: « L'heureuse branch(e)àPallas consacrée » [Olive, s. iv). La césure devant tomber sur une syllabe pleine (et ne pouvant plus, depuis Jean Lemalre, tomber sur une muette), il faut au cinquième pied dans les vers de ce genre ( au septième dans l'alexandrin ) , pour que l'éiision soit possible, un mot commençant par une voyelle. Ce qui crée au poète une difficulté. Sibilet fait une réflexion analogue à celle de du Bellay sur ce « fâcheux et rude gëoher » qu'est la coupe féminine : « Cest é vulgairement appelle fémcnin, dit-il (I, vi. f* 13 v°), est aussi fascheus a gouverner qu'une femme, de laquéle il retient le nom. »
rythme doit estre riche, je n'entens qu'elle soit contrainte, et semblable à celle d'aucuns, qui pensent avoir fait un grand chef d'oeuvre en francoys, quand ilz ont rymé un imminent et un eminent, un miser icorr dieusement et itn mélodieusement, et autres de semblable 3 farine, encores qu'il n'y ait sens ou raison qui vaille *. Mais la rythme de notre poëte sera voluntaire, non forcée : receûe, non appellée : propre, non aliène * : naturelle, non adoptive ^ : bref, elle sera telle, que le vers tumbant en icelle ne contentera moins l'oreille, 10 qu'une bien armonieuse musique tumbante en un bon et parfait accord *. Ces équivoques ^ donq' et ces simples