‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 322 sur 449 · rithme (97) — rythmoa · texte numérisé non relu

rithme (97) — rythmoa

4. CANON, MBTRON, MELOS BUPHONON, ACOLOUTHIA, TAXIS, SYNCRISIS (97).

rhythmus, et que rime s'écrivait souvent autrefois rythme ou rithme : « Rithme est une congrue consonance de lettres », écrit Fabri dans son Art de rhétorique (1521 ). — L'idée qu'exprime du Bellay se retrouve dans Sibilet (ï, ii, f» 3 v« sqq.) : « L'ancienne pauvreté de nostre langue françoise ou l'ignorance de noz mineurs a fait que ce que le Latin en la fleur de sa langue appelloit carme ou vers, et que le Grec de>'ant luy avoit nommé métré, proprement et doctement tous dcuz, a esté en l'exercice et en la lecture de la poésie françoise vulgairement appelle jusques a présent ryme.,. Bien qu'il y ait au carme consonance et modulation, laquéle le Grec denotoit par le vocable pyôfioç, néantmoins ne le simple carme fi*ançois ne tout l'œuvre basty de carmes françois peut estre proprement de là nommé ryme, attendu que les vers et le poème seront mieuz diz avoir pour ornement et forme consonance et modulation, qu'euz mesmes appeliez ainsi... Yray est que ce qui est plus communément appelle ryme en nostre langage françois, avec plus de raison semblera avoir receu ceste appellation : j'enten ceste parité, resemblance et consonance de syllabes finissantes les vers françois, laquelle non receue par les autres langues en la désinence de leurs carmes, a toutesfois esté admise par elles pour ornement de leur oraison solûe suivant le plaisir qui en touche Taureille : et l'a nommée le Grec ifiioioTiXeuTov, le Latin similiter desinens, proprement tous deuz. Le François Fa appellée ryme, corrompant le mot f-jOpioç par Telision du 6, et parlant moins proprement, pource qu'autre est le fij6|io; du Grec, autre la ryme du François. » — Dans son chapitre « de la rime poétique » (II, i, 53), Peletier définit la rime « (combien que ce soèt contre la sinificacion du mot original ) une termineson e cadance samblable de deus vers ou plusieurs ». Définition qui se rapproche beaucoup de celle de Ronsard dans son Art Poétique : « La ryme n'est autre chose qu'une consonance et cadance de syllabes tombantes sur la fin des vers. » ( Édil. Blanchemain, VII, 326. ) — Tout comme ses prédécesseurs, Etienne Pasquier, dans ses Recherches de la France (VII, i), constate et regrette la confusion de sens qu'offre le mot rythme. V. Pédit. de 1723, I, col. 681-684.

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