‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 330 sur 449 · V. ci-dessus, p. 53, n · texte numérisé non relu

V. ci-dessus, p. 53, n

3. Du Bellay se fait illusion : il nous semble, à nous, fort « mal à propos » que, dans un ouvrage comme la Deffence, qui plaide éloquemment la cause de la grande et vraie poésie, il ait cru devoir consacrer la moitié d*un chapitre à vanter l'antique noblesse de jeux d'esprit aussi puérils que Vanagramme et ïacrostiche. Mais sans nul doute il subissait ici l'influence de son maître Dorât, très versé dans ces jeux d'esprit, et qui s'était fait en particulier un renom véritable pour son adresse à composer des anagrammes. Un contemporain qui signe I. M. P. [lean Martin Parisien ?], dans sa Brève exposition de quelques passages du premier livre des Odes de Pierre de Ronsard ( à la fin des Odes de Ronsard, édit. orig. , 1550, f* 159 r«), écrit du fameux humaniste : « Daurat, en démellant les plus désespérés passages de l'obscur Lycophron, que nul de nostre âge n'avoit encores osé dénouer, montra publicquement la façon de remettre en usage les anagrammatismes, et s'en servir comme Lycophron faisoit en la court du roi Ptolémée, aiant gaiges de lui, non pour autre raison. » Cf. ce que dira plus tard, dans son Éloge de Dorât (1588), le biographe Papire Masson : « Plerique insignes viri nominum suorumanagrammata, ut vocantur, ab eo fleri optabant, et vaticinari plerumque in iis ipsis literarum transpositionibus acute videbatur, primusque artem illam ex vetustissimis poetis prius ignotam ad nos attullt. » ( Elogia, édit. Balesdens. Paris, 1638, II, 289-290.) C'est Dorât, on le sait, qui s'avisa de faire pour Ronsard, le plus aimé de ses disciples, deux anagrammes restées célèbres, en transposant nérpo; *P(ov<japôoç en Su; ô TépTravSpoç et Pierre de Ronsard en Rose de Pindare. Sur les anagrammes de Dorât, v. la thèse latine de Robiquet, De loannis Aurati poetae regii vita et latine scriptis poematihas (1887), chap. iv. p. 85.

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vulgaires en notre langue S et non moins anciennes entre les Grecz. L'une est cete inversion de lettres en un propre nom ', qui porte quelque devise convenable à la personne : comme en francoys de valoys, De façon 5 suys royal, henry de valoys, Roy es de nul hay. L'autre est en un epigramme^, ou quelque autre œuvre poétique, une certaine élection * des lettres capitales, disposées en sorte qu'elles portent ou le nom de Tautheur ou quelque sentence ^. Quand à l'inversion de lettres ® 10 que les Grecz appellent ocvery/aacî/piaTwrpbç, Tînterprete de Lycophron dit en sa vie' : £n ce tens la florissoit

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