‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 362 sur 449 · accommodée (57-97) — toute, les afl'ections · texte numérisé non relu

accommodée (57-97) — toute, les afl'ections

1. Ce chapitre accessoire sur le débit des vers, où du Bellay ya s'inspirer du souvenir de Gicéron, est une nouvelle preuve de l'importance qu'il attache à la question de l'harmonie, à la nécessité pour la poésie d'être musicale.

2. Faut-il admettre ici devant l'infinitifrellipse de la préposition pour ? Je croirais plutôt avec M. Laumonier qu'il faut interpréter ce lieu comme un adverbe := « en ce lieu » (cf. les locutions de temps ce Jour, cette nuit, cet été),

3. Au sens du latin pronuntiatio, c'est-à-dire « déclamation ». Cf. Gicéron, Ad Her. III, xi-xv ; De Orat. III, lvi-lxi ; Orator, xvii-xviii ; Quintilien, Inst. Orat. XI, m.

4. Budé, Inst. du Prince, xii : « Or est la bonne prononciation {qui se nomme par les Grecs hypocrisie) autant comme l'ame, le mouvement et l'esperit de l'oraison. » (Édit. de 1547, p. 53.)

5. Sentiments, passions (en latin affectas). — Pour l'idée, cf. Gicéron disant de l'orateur parfait, Orator, xvii, 55 : « Utcumque se afifectum videri et animum audientis moveri volet, ita certum vocis admovebit sonum. »

6. Gf. Ronsard disant à son lecteur, 1" préface de la Franciade (édit. Blanchemain, III, 12) : « Je te supliray seulement d'une chose, Lecteur, de vouloir bien prononcer mes vers et accomoder

certes comme îcelle pronuncîation et geste approprié à la matière que Ion traite, vo\ re par le jugement de Demosthene, est le principal de Torateur * : aussi n'est ce peu de chose que de pronuncer ses vers de bonne 5 grâce : veu que la poésie ( comme dit Ciceron ) a été inventée par observation de prudence et mesure des oreilles -, dont le jugement est tressuperbe, comme de celles qui répudient toutes choses après et rudes, non seulement en composition et structure de motz, mais 10 aussi en modulation de voix 3. Nous lisons cete grâce

Page 1