ceste (61-97 sauf
ta voix à leur passion, et non comme quelques uns les lisent, plustost à la façon d'une missive, ou de quelques lettres royaux, que d'un poëme bien prononcé. » — Ronsard recommande au poète, lorsqu'il compose retiré dans sa chambre, de réciter ses vers à haute voix {Art Poétique, VIT, 332) : « Je te veux aussi bien advertir de hautement prononcer tes vers quand tu les feras, ou plustost les chanter, quelque voix que puisses avoir, car cela est bien une des principales parties que tu dois le plus curieusement observer. »
1 . On connaît la réponse de Démosthène à celui qui lui demandait ce qu'il mettait au premier rang dans l'éloquence : — L'action, dit-il. — Au second rang? — L'action encore. — Au troisième ? — L'action toujours. Il entendait par là tout à la fois le débit et le geste. L'anecdote est souvent rapportée par les auteurs de rhétoriques. (Gicéron, De Orat, III, lvi, 213 : « Huîc [actioni] primas dédisse Demosthenes dicitur, cumrogaretur quid in dicendo esset primum, huic secundas, huic tertias. » Cf. Brutus, xxxvni, 142 ; Oraior, xvn, 56. Cf. aussi Quintilien, InsL Orat. XI, m, 6, et Plutarque, Bioi tûv 5txa pTrjTépwv, viii, 48.)
2. Orator, un, 1 78' : « Versus inventus est terminatione aurium, observa tione prudentium. »
3. Orator, xliv, 150 : « Ut in legendo oculus, sic animus in dicendo prospiciet quid sequatur, ne extremorum verbomm
de pronuncer avoir été fort excellente en Virgile*, et telle qu'un poëte de son tens ' disoit que les vers de luy, par luy pronuncez, etoint sonoreux ^ et graves : par autres, flacques^ et effeminez.
1. pronancer (57, 62, 80), prononcer (61, etc.) — avoir esté (61-97 sauf 80).
2. poète (57, 62, 80, 84), poëte (61, etc.) — temps (61-97 sauf 80).
3. pronuncez (57, 62, 80), prononcez (61, etc.) — etoint (80), etoient (57), estoient (61-75, SI), estoyent (92, 97).
cum insequentibus primis concursus aut hîulcas voces efïiciat aut asperas. Quamvis enim suaves gravesve senteniiae, tamen, si inconditis verbis eflfenintur, ofTendunt aures, ' çuarum estjudicium saperbissimum. » — Pour Texpression comme de celles qui (= lat. quippe qui), v. ci-dessus, p. 254, n. 1.
{ . Noter ce tour infinitif après le verbe lire : véritable latinisme.
2. Ce poète, d*après Sénèque, serait Julius Montanus. Voici ce que conte Donat, dans sa Vie de Virgile, xi, 43-44 : « Pronuntiabat autem maxima cum suavitatc et lenociniis miris. Seneca tradidit Julium Montanum poetam solitum dicere involaturum se quaedam Vergilio, si vocem posset et os et hypocrisim : eosdem enim versus, eo pronuntiante, bene sonare ; sine iUo, inarescere, quasi mutos. »
3. Sonores. Le mot sonoreuxy qui n'est pas donné par R. Estienne, est dans J. Lemaire de Belges, Illustr. l, xxxni : « D'une voix aigre, sonoreuse et abrupte. » (Édit. J. Stécher, I, 258.) Ronsard remploie assez souvent. Exemple : « J'ay quelquefois changé la lettre e en a et a en e... pour faire ma rime plus sonorease et parfaite. » [Adverlissem^nt au Lecteur, en tête des Odes de 1550, édit. Blanchemain, II, 47.) Cf. même édit., II, 444 (labeur sonoreux) et 467 (nymphe sonoreuse), — Nicot le cite d'après Ronsard.
4. Flasques. La vieille langue dit flache et flaque (latin flaccus). D'après Littré, flasque se trouve au xvi* siècle dans les Contes de Cholières. M. Delboulle l'a rencontré dès le xv^ siècle, dans le Voyage (142!) de G. de Lannoy [Dict. Gén„ art. Flache).