V. plus haut, p. 63, n
umbres des forestz, les clers ruisselez doucement murmurans parmy les prez ornez et tapissez de verdure*. Les autres se délectent du secret des chambres ^ et doctes études ^.11 fault s'accommoder à la saison et au lieu. Bien
1. umbres (57, 62, 80), ombres (61, etc.) — forests (62, 92, 97) — clairs (97) — ruisselez (57,62, 80), ruisseletz (61, 69), ruisselets (73, etc.). 4. estudes (61-97 sauf 80) — fault (57, 62, 80), faut (61, etc.).
1. Cf. Tacite, DiaL de Orat. xn : « Nemora vero et luci et secretum ipsum... tantam mihi afTerunt voluptatem, ut inter praecipuos carminum fructus numerem, quod non in strepitu... componuntur, sed secedit animus in loca pura atque innocentla fruiturque sedibus sacris. » — Quintilien (X, m, 22-2i) juge plus nuisible que vraiment favorable à Tinspiration ce commerce avec la nature, parce qu'il distrait l'attention : « Liberum arbîtris locum et quam altissimum silentium scribentibus maxime convenire nemo dubitaverit. Non tamen protinus audiendi qui credunt aptissima in hoc nemora sil vasque, quod illa caeli liberlas locoru nique amoenitas sublimem animum et beatiorem spiritum parent. Mihi certe jucundus hic magis quam studiorum hortator videtur esse secessus. Namque illa, quae ipsa délectant, necesse est avocent ab inlcntione operis destinati. Neque enim se bona lide in multa simul intendere animus totum potest, et quocumque respexit, desinit intueri quod propositum erat. Quare silvarum amoenitas et praeterlabcntia flumina et inspirantes ramis arborum aurae volucrumque cantus et ipsa late circumspiciendi libertas ad se trahunt : ut mihi remittere potius voluptas ista videatur cogitationem quam intendere. »
2. Le secret des chambres = la retraite solitaire et cachée (c'est le sens du latin secretam) qu'on trouve dans les chambres. — Pour l'idée, cf. Quintilien (X, ni, 25) : « Lucubrantes silentium noctis, et clausum cubiculum, et lumen unum velut tectos maxime teneat. » — Nous avons déjà vu plus haut (II, ni, 198) du Bellay exprimer cette idée : « Qui veut voler par les mains et bouches des hommes doit longuement demeurer en sa chambre. »
3. Les doctes études = les endroits où l'on étudie pour devenir docte et savant. Même expression un peu plus bas dans le chapitre (p. 307) : « les doctes études et riches byblyotheques des scavans ». L'emploi particulier d*étude au sens de salle d'étude, cabinet de travail, n'est pas rare au xvi* siècle. Du Bellay dit ailleurs :
Car on no trouva rion en son estude ouverte.
Traduction d'une epiitre latine de M. Tornebus (1559). (Édit. Marty-lAvoaux, I, 472.)
On remarquera que dans ce cas étude est féminin, alors que le ^vi' siècle le fait toujours masculin au sens de zèle ou de travail.
te veux-je avertir * de chercher la solitude et le silence amy des Muses ^, qui aussi ( affin que ne laisses passer cete fureur divine, qui quelquesfois agite et echaufeles espris poétiques, et sans la quele ne fault point que nul espère faire chose qui dure ^ ) n'ouvrent jamais la porte de leur sacré cabinet, si non à ceux quihurtent* rudement. Je ne veux oublier Temendation ^, partie
1. veux je (92) — avertir (57, 62, 80), advertir (61, etc.) — cercher (69-75, 84-97).