‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 422 sur 449 · ceste (57-97 sauf 80) - encor · texte numérisé non relu

ceste (57-97 sauf 80) - encor

1. Allusion aux faits qui marquèrent l'occupation de Rome par les Gaulois après la bataille de TAllia (390 av. J.-C). On raconte que Manlius, qui défendait le (kpitole, réveillé par les oies sacrées, précipita du haut des murs les barbares qui tentaient une escalade nocturne. Finalement, le Romain dût capituler, faute de vivres. Mais au moment où les Gaulois, sans armes, comptaient la rançon de mille livres d*or fixée pour la levée du siège, survint Camille, qui, nommé dictateur par les Romains réfugiés à Véies, tailla les ennemis en pièces. Du Bellay a suivi le récit de Tite-Live. Mais on sait que la version de Polybe est moins glorieuse pour les Romains.

2. Membre de phrase obscur. Il ne peut guère, ce semble, se rapporter qu'à l'idée de Gaulois : ils comptent la rançon du Capitole « tous nudz », c'est-à-dire sans armes, parce qu'ils se croient à l'abri, couverts par la bonne foi qui doit présider aux traités, et ne prévoient nullement la trahison de Camille. Si l'on admet, au contraire, que l'expression sous ombre de signifie, comme aigourd'hui, — comme autrefois aussi, d'ailleurs, — sous prétexte de, le membre de phrase se rapporte à Camille, et le sens est alors ronîque : Camille, sous couleur de bonne foi, vient faire acte de traître. La seconde interprétation paraîtra plus grammaticale ; m^is il me semble que la première est plus logique.

3. Ce tour de phrase est incorrect : ne craignez plus,., ce traître Camile, qui.,, vous surprenne = ne craignez plus que ce traître Camille vous surprenne. On peut y voir à la rigueur un latinisme [nejam timeatis istum proditorem Camillum qui [= ut, homme à, capable de] vos inermes opprimât).

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