plustost
n'estant encores à grand peine sortie hors d'enfance, est si nïal garnie de tout ce qu'il luy faut, qu'elle est contrainte d'emprunter les acoutrementz et (s'il faut ainsi parler) les plumes d'aulruy pour ce {sic) farder et acoutrer. »
1. Cf. Geoffroy Tory, hr livre du Champ fleury, f 4 v«: « Sil est vray que toutes choses ont eu commancement, il est certain que la langue grecque, semblablcment la latine ont este quelque temps incultes et sans reigle de grammaire, comme est de présent la nostre, mais les bons anciens vertueux et studieux ont prins peine et mis diligence a les rcduyre et mettre a certaine reigle, pour en user honnestement a cscriprc et rédiger les bonnes sciences en mémoire, au prouffît et honneur du bien public. »
2. Au sens du latin diligentia zi^ soin zélé qu'on prend d'une chose.
3. Du Bellay compare volontiers les langues à des plantes qu'il faut cultiver. Otte image, qui lui tient lieu d'argument, va se poursuivre jusqu'à la fin du chapitre. L'auteur la reprendra chap. vu et IX, p. 99, 102, 122. — Pasquier se sert d'une image analogue. Lettre à Turnèbe (1552) : «Toute terre, ores que grasse, ne rapporte aucun fruict : aussi ne fait une langue, si eUe n'est cultivée. » (Édit de 1723, II, col. 5.)
i. Encores = à celte heure. C'est le sens étymologique {hanc horam).
vergelte ^ n'a point encores fleury, tant se fàult' qu'elle ait apporté tout le fruîct qu'elle pouroit bien produyre. Cela certainement non pour le default de la nature d'elle, aussi apte à engendrer que les autres : mais pour la coulpe 3 de ceux qui l'ont eue en garde, et ne l'ont cultivée à suffisance*, ains^ comme une plante sauvaîge, en celuy^mesmes désert ou elleavoit commencé
1. encore» (57-97) — fleuri (97) — tant «'en fault (61-75 sauf 62), tant s'en faut (84-97).