a coustume (61-97 sauf
i . Ce mot implique l'idée d'une réparation. Pour compenser ce qu'elle perdait par l'émondage, les Romains ont greffé sur cette plante qu'était la langue latine de jeunes rameaux pleins de sève.
2. (c On abuse bien aujourd'hui de ce mot magistralement, et on l'emploie à tout propos : il est très français, on le voit, et dans sa droite acception, sous la plume de du Bellay. » ( Sainte-Beuve, Nouv. Lund., Xm, 303.)
3. Ces fleurs, ces fruictz, cete éloquence, etc. Pour cet emploi du démonstratif emphatique, cf. ci-dessus, p. 34, n. 1.
4. Cette liaison si artistique des idées et des mots, ce que les Grecs appelaient ffvv6e<iiç et les Latins conjunctio. — Dans la même phrase, artifice = art. Sens très fréquent au xvi« siècle.
5. Sur cette manière tout à fait latine de joindre deux propositions par le moyen du relatif, v. Benoist, Synt. jranç,, p. 188; Huguet, Synt. de Rah., p. 138.
72 DEFFEXCE ET ILLUSTRATION
de produyre*. Donques si les Grecz et Romains, plus diligens à la culture de leurs langues que nous à celle
1. produire (61-97 sauf 80) — Doncques (62, 75, 84-97) — Grecs {62- 97 sauf 80).
I. « Gela est impropre et faux: car tout ainsi que la terre d'un vergier (afin que je suyve ta métaphore ) ne produit pas le nombre des plantes, I ne l'ordre quincuncial des arbres, ny la lyaison dos entes et treilles, ains toutes ces choses le travail de l'hortulan' les y adjouste et adréce : ainsi la langue ne produit d'elle mesnie ne les nombres ne les lyaisons, qui ne font rien à la richesse et abondance de la langue, sinon à l'ornement et sonorité, ains est l'orateur qui ainsi bien les scet adrécer, ordonner et conjoindre. D'avantage ces nombres et lyaisons d'ond tu fais tant de mine et mystère, pour les cuydcr par aventure avoir apprins et cntenduz par la lecture ou escrilure du bon rhcloricien maistre Jaques Loys *, ne sont aujourd'huy ny entenduz ny cogneuz ny observez, au moins bien peu, en la langue latine, comme tresbien l'ont demonstré Erasme et Melanchthon. Au contraire, en la françoise (que tu en dis estre despourvcuë) y sont observez, bien cogneuz et entenduz les nombres et lyaisons inventez premièrement en Grèce par Thrasymac de Ghalcedoine et Gorgias Leontin de Sicile, Théodore Bizantin, et puys par Isocrat tempérez et modérez. Car ceux nombres que Giceron en l'Orateur parfait " leur attribue, qui sont pair contre pair, semblables lins, contraires et quarreures, que sont ce autres choses sinon les nombres, rymes, cadences unisonantcs, rencontres et croysures de nos vers françois, avec les lyaisons des couppes et des syllabes quatre à quatre, six à six, et au contraire ? Gomme les exemples mesmes qu'il en ameine et les escrits de Isocrat en peuvent tesmoigner. Mais tu semblés celuy qui cerche son asne et est monté dessus. Et en faisant semblant de illustrer la langue françoise, tu l'obscurciz, et enrichis les autres pour l'apouvrir, luy ostant ce que est à elle, au moins par portion de communauté. Mais tu ne le pensois pas ainsi estre. » ( Q. H. )
a. Hortulan = jardinier {hortulanun).
b. Ni La Croix du Maine ni du Vcrdier ne mentionnent co Jacques Ix)y8. Peutêtre (?) est-ce un ancêtre de Jean Loys (1553-1610), père do Jacques I^ys (15S5- 1611), tous doux natifs do Douai, tous deux auteurs do poésies (Douai, 1613, in-S) dont quelques-unes sont dans le godt des rhétoriquours. Sur ces Ix>yB, ▼. Goujet. Bibl. Franc., XIV, 179-187 ; et surtout la thèse latine de M. Potez, Qualùfloreret apud Duacetises res poetica gallice seripta (1897), chap. v, p. 97-118.
c. V. VOratoi\ dont le Quintil s'inspire ici, notamment xii-xni et lu. Cicéron y passe en revue les divers procédés rythmiques introduits dans la pn>se par les rhéteurs grecs : ■ pair contre pair » c= paria paribus relata {laénnûkoi) ; • âemblablés fini t = similiter desinentia (6{JLOiOTéXsuTa) ; « contraires * =3 contraria contrariis oppotita (àvi^ÔETa). Pour le sens de « quarreures >• (coupes), v. plus loin, p. 289, n. 4.
de la noslre, n'ont peu trouver en îcelles, si non avecques grand labeur et industrie, ny grâce, ny nombre, ny finablement * aucune éloquence, nous devons nous émerveiller * si nostre vulgaire n'est si riche comme il pourra bien estre, et de la prendre occasion de le 5 mépriser comme chose vile et de petit prix? Le tens viendra (peut estre), et je Tespere moyennant la bonne destinée francoyse, que ce noble et puyssant royaume obtiendra à son tour les resnes de la monarchie 3, et que nostre langue (si avecques Francoys* n'est du tout^ 10 ensevelie la langue francoyse) qui commence encor' ° à jeter ses racines, sortira de terre, et s'elevera en telle hauteur et grosseur, qu'elle se poura égaler aux mesmes Grecz ' et Romains, produysant comme eux des Ho-