‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 96 sur 449 · gloire (61-97 sauf · texte numérisé non relu

gloire (61-97 sauf

1. A noter cet accent sincère de religieuse indignation : pour rinitié qu'est du Bellay, mal traduire les poètes, c'est consommer un sacrilège.

2. Subjonctif == qu*U laisse. — Pour cette ellipse de la conjonction que devant le subjonctif, v. Benoist, Synt. franc., p. 110 ; Huguet, Synt. de Rab., p. 349.

3. Peine, désagrément, ennui (molestia). Néologisme blâmé par leQuintil (v. plus loin. p. 256, n. 7), mais donné par R. Estîenne {DicL fr.-laL, 2* édit., 1549). La vieille langue disait moleste (v. Godefroy), qu'on trouve encore dans Ronsard:

Si m'ea croyez, vous passeros le reste De vos longs jours sans peine ny moleste.

Bocage Royal : ëlëgie de 15€5.

(Édit. Blanchomain, III, 383.)

4. A ces paroles qui condamnent d'une manière si rigoureuse les traductions, et surtout les traductions de poètes, il sera piquant d'opposer ce qu'avait écrit Sibilet six ou sept mois plus tôt dans son Ari Poétique (II, xiv, f 73 r") : « La version ou traduction est aujourd'huy le poème plus fréquent et mieus receu dés estimés poètes et dés doctes lecteurs, a cause que chacun d'eus estime grand œuvre et de grand pris, rendre la pure et argentine invention dés poètes, dorée et enrichie de notre langue. Et vrayement celuy et son œuvre méritent grande louenge, qui a peu proprement et naïvement exprimer en son langage, ce qu'un autre avoit mieus escrit au sien, après l'avoir bien conceu en son

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