quel» (62) - rnoiens (61. 69-75) - doncque» (lO
csuerit. El luy est deue la mesme gloire qu'emporte celuyqui par Xlabeur et longue peine lire dés entrailles de la terrele thr«or caché pour le faire commun à l'usage de tous lés hommes. Glorieus donc est le labeur de tant de gens de bien qui tous les joura sY emploient. » Du BeUay d'aiUeurs devait changer d'avis et praliauer à son tour, trois ans plus tard, le « labeur ,. soi-disant « inutac» et « pernicieux » qu'il avait proscrit si hautainement : on sait qu'en 1552 il pubUa la traduction du 4- livre d^l Eneuk. Sur cet ouvrage et la façon cavalièredont l'auteur se plut à jusUncr sa volte-face, v. mon Joaehim du Bellay, p. 2^2-254. - On pourra rapprocher également les idées très judicieuses de PclcUcr dans son Z Poétique (1555) sur les dimcultés de toute traduc- Uon et le réel mérite des bons traducteurs ( I, vi, 30-31 ) : « Tra- Srre et une besongne de plus grand Iravalh que de louange. Car si vous randèz bien e fldelemant. si n'êtes vous estime sinon avoèr relMcè le premier protret: e le plus de l'honneur an demeure a •oriKinal. Si vous exprimez mal, le blâme an chet tout sus vous. Oue si votre patron avoèl mal dit. ancore êtes vous réputé homme de mauves jigemant. pour n'avoèr pas choesi bon cxamplere. Tomme, un traducteur n'a James le nom d'auteur. Mes pour ce a. veù ic décourager les traducteurs? Nanni, e moins ancorcs les •rustier de leur louange duc : pour être, an partie, cause que rimice à commancè a goûter les bonnes choses. E mêmes U leur demeure un avantage, que s'iz traduiset bien e choses bonnes, le nom dllcur auteur fera vivre le leur. E certes ce n'et pas peu de chô^ que d'avoèrson nom écrit an bon lieu. E bien souvant ceus oui sont imanteurs se mctet an hazard de vivre moins que les &cl^urs: d'auUnt qu'une bonne traduction vaut trop mieus au'une mauvese invancion. Davantage, les traduccions, quand des ^nt bien fêtes, peuvet beaucoup anrichir une langue. Car le trarcteur pourra fere françoese une bêle locucion latme ou greque^ e an^"Lr an sa cite, avec le poes des sanlances, la majesté des danses e élégances de la langue étrangère: deus pomz bien favorables par ce qu'iz aprochet des générales conccpaons. »
ilz peu ainsi enrichir leur langue, voyre jusques à l'egaller quasi à la greque ? Immitant * les meilleurs aucteurs grecz, se transformant en eux, les dévorant, et, après les avoir bien digérez, les convertissant en sang et nouriture, se proposant, chacun selon son naturel 6 et l'argument -qu'il vouloit élire, le meilleur aucteur, dont ilz observoint diligemment toutes les plus rares et exquises vertuz, et icelles comme grephes, ainsi que j*ay dict devant ^ entoint et apliquoint à leur langue. Cela faisant ( dy-je ) les Romains ont baty tous ces 10 beaux ecriz, que nous louons et admirons si fort: égalant ores^ quelqu'un d'iceux, ores le préférant aux Grecz ^. Et de ce que je dy font bonne preuve Ciceron
1. ils (62, 73-97 »auf 80) — voyre (57, 62, 80), Toire (61, etc.).
2. egaller (57, 62, 80), égaler (61, etc.) — grecque (61-97 sauf 80) — Immitant (57, 62, 80). imitant (61, etc.).
3. aucteurs (57, 62, 80), auteurs (61, etc.) — grecs {62, 73-97 sauf 80).