‹ La dégradation de l'énergieChapitre 83 sur 124 · Revue générale des Sciences · texte numérisé non relu

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que Cornu, dont les travaux étaient toujours "restés très éloignés de la chimie, — du magnifique dévelopment de la physicochimie. Cette science nouvelle doit bien peu au mécanisme. Gibbs, qui en a été le principal ouvrier, Ta constituée tout à fait en dehors des hypothèses atomistiques, et elle fournit un exemple très caractéristique d'une grande doctrine reposant sur une série de lois, de principes, faits d'expériences généralisés, qui n'ont pas la prétention de réduire les phénomènes à des phénomènes d'une autre espèce : la loi des phases, la loi du déplacement de l'équilibre sont des énoncés où n'entre rien d'hypothétique, et qui ne supposent aucune spéculation sur la substance, — à peine un langage qui se ressent des habitudes d'esprit mécanistes : tel le mot thermodynamique luimême, et l'expression d'équilibre, empruntée à la statique et transportée dans la chimie.

§3. — LA THÉORIE MÉCANIQUE FAUX IDÉAL DE THÉORIE PHYSIQUE D'APRÈS DUHEM.

Ce n'est pas tout à fait au même point de vue que s'est placé M. Duhem. La préoccupation d'élaborer une doctrine de la théorie physique lui a fait ouvrir une voie dans laquelle il a eu d'illustres successeurs, mais où il a été en France un initiateur, et lui a dicté d'admirables ouvrages de logique scientifique, que sont venues appuyer des études historiques sur la transmission et le développement de la mécanique dans les écoles du moyen âge. Sur la matière même, M. Duhem ne va jamais aussi loin qu'Ostwald. Mais sur le rôle et l'utilité de l'hypothèse mécaniste, en physique, il ne se montre pas moins tranchant. La théorie mécanique en physique est, pour lui, un faux idéal. Si la préoccupation de chercher l'explication mécanique d'un phénomène a pu mettre parfois les savants sur le chemin des découvertes, elle a été en réalité

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