‹ La délinquance juvénileChapitre 25 sur 32 · PES :‘ PR · texte numérisé non relu

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L'Office de Protection de l'enfance avait à sa disposition les établissements de l'Etat ci-après avant la guerre : pour les garçons : Etablissement Central d'observation de Mol (fondé le 31 déc. 1913).

Etablissements d'éducation de Mol, Ruisselede, St-Hubert, (ces deux derniers ont en annexe une section cellulaire pour mineurs particulièrement dangereux).

Pour les filles Etablissement d'observation et d'éducation de St-Servais-les-Namur (1927); Asile-Clinique et Etablissement d'éducation de Bruges.

Etablissements de Mol et St-Servais-lez-Namur.

Ces deux établissements sont des centres d'observation ou de rééducation. À Moll il n’y a qu'un bâtiment aux sections nettement séparées, tandis que St-Servais est bâtie suivant le système pavillonnaire: 13 pavillons disséminés dans un parc de 12 hectares du Pavillon d'Accueil au Pavillon d'Honneur comme à Jamesbureg.

Le personnel est très spécialisé, surtout à St-Servais où les Sœurs de la Providence doivent justifier de trois années d’études à l’Université Catholique de Louvain et d’études de psychologie féminine.

A Mol, les jeunes délinquants sont accueillis dans une pièce ornée de photos et d'images ou devises susceptibles de mettre l'enfant en confiance et de provoquer ses confidences, Pas d’uniformes, mais des éducateurs aimables en civil qui ne savent rien des enfants et peuvent donc les noter sans idées préconçues. Dans la première semaine le mineur subit une cure de désintoxication au Pavillon d'Accueil, dans une chambrette personnel, ouverte, discrètement étudié par médecin et éducateurs. Puis il passe par le Service d’Observation Sociale, milieu pavillonnaire vivant sous le régime de semi-liberté encadrée, où on le regarde vivre; ce service comprend lui-même une Salle pédagogique, un Ouvroir d'Orientation professionpelle pratique et une Salle de famille. Enfin il subit un examen médical approfondi et les multiples tests dans le Centre d’Orientation Médicale et le Laboratoire cù se t'ennent les Cliniques psycho-pédagogiques.

Une fois les examens nécessaires passés au pavillon d’observation, on place l'enfant dans les Institutions spéciales étagées d'observation prolongée et de traitement : récupération, prévocation manuelle, pré-vocation rurale (ferme-école), colonies de semi liberté et de placement familial.

LS

A St-Servais le centre d'observation fonctionne sensiblement comme à Moll. Mais en plus une école de rééducation y est annexée où les mineurs reçoivent une éducation scolaire, ménagère et pratique voire professionnelle. Une fiche pédagogique tenue à jour relève les notes. Ici, contrairement à ce que nous faisons encore en France, on s'occupe davantage du sort du mineur au sortir de l'Etablissement; dès qu'une mineure est restée suffisammeñt au Pavillon d'Honneur, elle jouit de la « semi-liberté » elle travaille en ville seule mais rentre le soir à l'établissement en rapportant sa paie. Enfin, lorsquelle revient totalement en vie libre elle doit assister aux réunions d'anciennes élèves.

Dans la base du système belge est l'observation, mais il reste beaucoup à faire dans ce domaine, trop de cloisons séparant encore le Juge des Enfants, des Médecins, des Pédagogues et du Service Social. À côté de belles réalisations comme St- Servais ou Moll les Juges se passent trop souvent de l’aide précieuse que pourraient leur apporter médecins ou psychologues: c'est dans ce domaine que la rééducation belge pourra accomplir de souhaitables progrès.

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