FORCE ARMÉE DE PARIS
Du 27 août 1793, Tbd II de la République française. (De récriture d'Hanriot.)
« Mes camarades , " Donnés s'il vous plait un pouvoir aux citoyens porteurs du présent pour une visite nécessaire à la tranquillité publique.
» Le général, Siync : Hauriot. »
AOITT 1793. a5;i
( Reponte.)
« Tu 8en« paifaiteiuent qu'il est impossible de donner un pouvoir général; explique-nous donc quelle est la visite que tu demandes, afin que nous puissions donner des pouvoirs exacts et détailles.
» Signé : Marchand. »
(De récriuire d'Haoriot.)
« Il s'agit d'une visite de maison garnie où il existe plusieurs contrerévolutionnaires.
« Signé : Haxiuot. ■ Au bas est écrit :
u C'est pour Paris. »
Au dos est écrit :
JËtat major général.
• Aux citoyens membres du Comité de salut public du département de Paris, au ci-devant colléfje des Quatre-Nations. »
Mercredi 28 août, — Le 28 août, le général Gustines fut conduit à Pécbafaud, au milieu d'une multitude immense d'autant plus empressée de jouir de ce triste spectacle , que celui qui y paraissait avait joué un grand rôle dans la révolution. Quelques misérables le huaient ; mais en général on était persuadé de son innocence , et tous les hommes sensés voyaient avec effroi le système d'assassinats qui se développait avec une fureur toujours croissante, même jusque dans le sein de la justice.
Gustines était brave, avait des connaissances militaires, mais pas d'une assez vaste étendue pour pouvoir diriger avec succès les opérations d'une grande armée : il était excellent pour faire le coup de sabre, à la tète d'un régiment de dragons ; mais il n'avait ni ce coup d^œil ni cette réflexion profonde qui caractérisent un grand général : d'ailleurs, il était sans caractère; on l'a vu député à l'Assemblée constituante, tantôt patriote exagéré, tantôt siégeant près de l'abbé Maury, et défendant son système ; tantôt , enfin , prenant place sur la même ligne que les indépendants.
Pendant tout le temps qu'il fut employé au service de la République, il ne montra pas plus de fermeté ; quoique ayant
de bonnes intentions , on Ta vu adopter la fable du fédéralisme, dénoncer le général Wimpfen, après qu'il se fut déclaré l'ennemi de Marat, dont les insurgés du Calvados voulurent arrêter les fureurs.
Si Ton compare Custines avec la multitude de vidioiMâ qw l'ont suivi ou précédé à Féchaftiud, on dira qu'il est mort avec pusillanimité. A cette époque, il était encore permis aux condamnés de se faire assister d'un prêtre catholique ; Custines avait un confesseur qu'il paraissait écouter avec des sentiments de piété et de componction qu'on aura pu prendre pour de la faiblesse.
Jeudt2d août. — Dans la séance du 28, Bourbotte vint faire l'éloge du général Rossignol , suspendu comme ivrogne crapuleux, comme un pillard, parles commissaires Bourdon de rOise et Goupilleau de Fontenay. TaWen renchérit encore SOT ce qu'arvait dit Bourbotte; s'il eût fallu l'eti croire, Kossignol était un héros; c'était lut qui a\'ait orgamnsé l'armée, qui avait contribué à tous les snccès ; rien enfin ne pouvait effacer sa gloire; par contre, il dénonça Westermann^ qui, disait-il, ranimait Tes}) rit fédéraliste à Niort et dans lent le Poitou : en conséqnence , d'api^s les instances de Bourbotte et de Tallien, Rossignol fiit rétabli dans ses fooclions, et les commissaires Bourdon et Goupilleau rappeléî«.
Le 29, on reçut une lettre de Dubois-Crancé, dirigeant les opérations devant Lyon ; elle était datée du 25 aoàt 1793.
ti Le fen, disait-il, a commencé hier à quatre lieui^s eu » soir; après trente heures inutilement livit^es à ki réflexion, '» les bonlels rouges ont incendié le quartier de la porte >» Sainte-Claire ; les bombes ont commencé leur effet à dix n heures du soir; à minuit, il s'est manifesté de ia manière » la plus terrible vers le quai de la Saône , d'immenses ma- » gasins ont été la proie des flammes ; et quoique ce boni- » bardement ait cessé à se[)t heures, l'incendie n'a rien perdu >» de son activité jusqu'à ce moment qu'il est cinq heures du » soir : on assure que Bellecour, l'arsenal, la porte du
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w Temple, la rue Mercière, la rue Tupen et autres adjacentes yy sont totalement incendiées ; on peut évaluer la perte oc- » casionnée dans ces deux nuits à deux cents millions, v Le commissaire Diibôi£-Grs»icé écrivait iotit cela de sang^-froid, il rendait compte ensuite de plusieurs sorties qu'avaient voulu faire les Lyonnais, dans lesquelles il disait qu'ils avaient été toujours repoussés, en laissaut beaucoup des leurs sur la place. Dttbois-Crancé assurait que paroti les morts on trouvant beaueofip de prêtres, et qu'il en coûterait à la République une de ses plus importantes cités et à'^immenses accapare^ ments de marchandises \ et terminaK sa lettre en annonçant que Carteaux avait repoussé les insurgés de Marseille jusque <lans Marseille même.