Le dix août tu sanctifieras, Pour l'aimer éternellement
10. Le bien des fuyards verseras Sur le sans-culotte indigent.
Mardi 19 novembre, 29 brumaire. — Dans la séance du 18 novembre 1793, Amar annonça, au nom du Comitt* de sûreté générale, que, de concert avec celui de salut public, ce com'ité avait fiait mettre en arrestation Delaunay d^ Angers, Julien de Toulouse*, Bazire et Chabot; il les accusa de s'être laissé corrompre pour servir une conspiration, dans laquelle les deux derniers disaient n'avoir paru prendre part que pour la dévoiler. La Convention autorisa l'arrestation de ces quatre membres, ordonna aux Comités de poursuivre les autres
1 Julien de Toulouse s'échappa.
cigenls de la conspiration déAoncée, et de lui en feire un rapport.
Cette prétendue conspiration n'était autre chose qu'une friponnerie» de laquelle les incorruptibles députés espéraient tirer un grand profit; mais ce qui contribua encore plus à leur perte , ce fut le ton de modérantisme avec lequel ils s'étaient énoncés dans les précédentes séances qui leur avait mérité Tanimadversion de leurs firères les Jacobins, par lesquels ils furent indirectement dénoncés à la Convention nationale elle-même.
Ce fut aussi dans cette journée que Billaud-Varennes fit son rapport portant création du Gouvernement révolutionnaire. La Convention le couvrit d'applaudissements, et en ordonna l'impression.
Ordre général.
« Je piic mes camarades d*apporter tous leurs soins et leur surveillance autour des prisons de la Force et de la Conciergerie : il existe un complot afireux , dont les suittcs ne pourroient être que très désavantageuses «i la société , si nous n'y mettions bon ordre ; veillons ceïi azilpii, examinons d'après ceux qui y entrent et qui en sortent. L'or des tyrans entre partout, et y fait plus de ravage que des armée» entières.
<• Le bataillon de réquisition, caserne à la rue Verte, est rentré dans l'ordre dès le lendemain de l'émeute, un seul citoyen avoit corrompu nos jeunes frères d'armes, la manière dont ils ont reconnu leur erreur prouve qu'ils sont dignes d'être'les défenseurs de la patrie.
" Le service général à l'ordinaire, signé à l'original Hanriot, commandant général. *
Mercredi 20 novembre, 30 brumaire. — Le 20 novembre, on vit défiler dans la salle de la Convention une des plus nombreuses sections de Paris, celle de l'Unité, dans un ordre aussi extraordinaire que bizarre. La marche s'ouvrait par un peloton de la force armée, suivi de tambours, de sapeurs et de canonniers, revêtus d'habits sacerdotaux : on
voyait ensuite paraître un groupe de femmes, habillées en blanc, avec des ceintures aux trois couleurs. Après c^s femmes , venait une file immense d^haffnmes ran{][és sur deux lignes et couverts de dalmatiques, chasubles et chapes : tous ces habits étaient ceux des religieux de Téglise de SaintrGermain des Prés, remarquables par leur richesse, par les magnifiques broderies d'or et d'argent qui en rehaussaient Téclat. On apporta ensuite sur des brancards des calices» des ciboires, des soleils, des candélabres, des plais d'or et d'argent, une châsse superbe, une croix en pierreries, et plusieurs autres objets d'une grande valeur. Ce cortège entra dans la salle aux acclamations des spectateurs, aux cris de Vive la liberté , la République et la Montagne! Enfin, une espèce de catafalque en drap noir fermait la marche; la musique qui le précédait jouait Malbrouk est mort et enterré. Cette bande de masques s'arrêta dans la salle et se mit à danser la carmagnole avec des membres de l'Assemblée euxmêmes, qui prirent part à cette grotesque fête.
Dans la même séance, il fut décrété que les ministres du culte catliolique qui seraient mariés, ou ceux qui , antérieurement au décret , auraient réglé les conditions de leur mariage par actie authentique, ou seraient en état de justifier de la publication de leurs bans , ne seraient point sujets à la déportation ni à la réclusion.
Jeudi 21 novembre, 1" frimaire. — Le conseil s'occupa de l'inhumation des morts, conformément aux principes qui venaient d'être adoptés : ce qu'il y a d'étrange, c'est que ces mêmes hommes qui avaient érigé l'athéisme en système reconnaissaient implicitement l'immortalité de l'àme dans leurs expressions.
. Ghaumette fit arrêter par le conseil général, le 21 novembre 1793,. qu'on graverait ces mots à l'entrée du lieu destiné à la sépulture des morts : L'homme juste ne memrt jamaisy il vil dans la mémoire de ses concitoyens, Chamnette fit arrêter que les draps mortuaires qu'on avait employés
^OVËMIiRE 1793. 519
jusqu'alors seraient échangés contre ane draperie aux trois
couleurs.
On s'occupa ensuite des reliques de sainte Geneviève; il fut arrêté que le procès- verbal du dépouillement de sa châsse serait envoyé à toutes les sections et au Pape ; en outre, que les ossements et les guenilles qui s'étaient trouvés dans cette boite (ce sont les expressions de l'arrêté) seraient au même instant brûlés sur la place de Grève , pour y expier le crime d'avoir servi à propager Terreur et à entretenir le luxe d'une foule de fainéants.
Les débris de la châsse de sainte Geneviève produisirent 23,830 livres.
Dans la séance des Jacobins, Robespierre commença à faire entendre qu'il pouvait tirer parti pour' son propre compte I des folies irréligieuses dont la France, et Paris surtout, était j le théâtre depuis quelques jours. 11 déclara que « la Con« » vention nationale, en acceptant les dons qui lui étaient n offerts, n'avait point proscrit le culte catholique, comme » on voulait le faire croire; qu'elle n'avait jamais fait et ne » ferait jamais une démarche aussi téméraire; son intention, ' » disait-il, est de maintenir la liberté des cultes, qu'elle a » proclamée, et de réprimer en même temps tous ceux qui » en abuseraient pour troubler l'ordre public : elle ne per- » mettra pas qu'on persécute les ministres paisibles du culte; V elle les punira avec sévérité toutes les fois qu'ils voudront » se prévaloir de leurs fonctions pour causer du désordre. » On a dénoncé les prêtres pour avoir dit la messe; ils la » diront plus longtemps, si on les empêche de la dire \ celui » qui veut empêcher la messe est plus fenatique que celui » qui la dit; îl est des hommes qui veulent aller plus loin, » qui , sous le prétexte de détruire la superstition , veulent n faire une espèce de religion de l'athéisme lui-même. »
Boljespierre continua un très-long discours sur le même ton; il fut couvert des applaudissements universels de tous les spectateurs , et particulièrement des femmes qu'il avait fanatisées ; chacune de ses expressions était un coup de foudre
pour un grand nombre de ceux qui Fécoutaieut; ils ne tardèrent pas à en éprouver les terribles effets.
Ordre général.
u II partira incessamment plusieurs convois pour les armées.
» Un officier général en séjour icy s*eflt plaint de ce qu'on Tarrétoit la nuit, laissons le se plaindre, s*il n'aime pas Tégialité qu'il aille trainer son existence dans le gouvernement des Despotes; quand «à nous, nous arrêtons toujours les rôdeurs de nuit; celui qui n'est pa« de service pour la chose publique doit être dans son lit. Mes camarades , arrêtés toujourâ ; ceux qui ne seront pas contents iront vivre où bon leur semblera ; nous ne voulons pas fiivoriser les fripons , les voleurs et les escrocs de nuit.
" Mes camarades des sections du Finistère et des Sans-Culotte» feront de nuit quelques patrouilles sur le chemin de Paris à Bicétre. Ils tâcheront de les faire adroitement et d'exterminer les coquins qui volent nos pauvres frères de campagne.
» Le service général à l'ordinaire, signé à l'original Haxiuot, commandant général. »
Dans cet immense holocauste offert par la démagogie de 1793 au génie de la Liberté , — O Liberté , comme on t'a jouée ! — la mort saisit les uns riant et badinant, les autres désespérés, ceux-ci déçus, ceux-là rêvant encore, quelques-uns méditant et corrigeant leur vie, comme s'ils allaient la recommencer. C'est un spectacle grave et touchant que le spectacle de ces Ames déjà agrandies et purifiées par l'approche seule du supplice. Bailleui nous montre Girey-Dupré consacrant les derniers moments de sa vie si courte à effacer quelques expressions démagogiques qui lui étaient échappées dans ses improvisations de journaliste; et tout à l'heure, nous entendrons Beaulieu vanter l'immense progrès produit dans les idées de Barnave par une année de prison.
C'est le 21 novembre que Girey-Dupré monta sur l'échafisiud. Le souvenir de ce jeune et héroïque républicain a dicté les lignes qu'on va lire à Fauteur de VAlmeutach des Bizarreries humaines:
iNOVEMBRE 1793. 521
« Tous ceux qui ne sont pas absolument dtran^ers à la Révolution ont connu le nom de Girey-Dupré, rédacteur du journal intitulé : le Patriote francoisy jeune homme de la plus g;rande espérance , à qui ses amis ne connaissaient pas un défaut. Loyal, franc, courag;eux, rempli de talent, modeste, aimable comme un enfant , il fîit condamné
à mort à ving^-cinq ans et quelques jours Camille Desmoulins,
qui l'avait beaucoup connu, fut le voir mourir. Il en avait Tâme navrée , mais il fut vaincu par ce sentiment qui nous porte à reg^arder malgré nous ce qui fait peine ou même hoiTeur à voir. D'ailleurs, il avait déjà dit, lors de la mort des vinçt et un , que le courage qu'ils avaient montré était d'un exemple qui pourrait bien lui être nécessaire un jour. Il fiit frappe' de la fermeté de Girey. On ne meurt pas comme cela, disait-il, sans être républicain; mais malheureusement il ne tétait pas comme nous. Il ne pensait pas dire une chose atroce; mais quelle confusion d'idées il feut supposer dans sa tête poiu* excuser un tel propos !
» J'ai déjà dit que Girey-Dupré rédigeait, concurremment avec Brissot, le Patriote franc ois. — 11 avait le premier tonné contre le» événements de septembre, et depuis il n'avait cessé de signaler, avec la plus grande énergie, la faction qui s'en était rendue coupable et qui marchait avec audace à de nouveaux crimes : ce fut la cause de sa mort. Mais à la Conciergerie , où il avait fait venir un exemplaire de son journal, en relisant ce qu'il avait écrit avant le 10 août, il soulignait quelques expressions démagogiques ; il se repentait de s'en être servi ; il voyait très-bien qu'elles étaient inutiles à la cause qu'il défendait. Les circonstances et sa jeunesse l'excusent sans doute. Je ne rappelle point ce ^t pour nuire à sa mémoire , mais pour faire sentir quelles terribles leçons, même avec une âme pure et un cœur droit, on peut trouver dans sa propre conduite. Ni les fers, ni la mort ne ti^oublèrent un instant l'âme de ce brave jeune homme. Il ne fut affecté que de quelques sottises qu'il avait imprimées, mais il voyait qu'en révolution les sottises enÊintent quelquefois des crimes. »
Vendredi 22 novembre, 2 frimaire. — CoHot-d'Herbois et Fouché dé Nantes continaaient , dans la malheureuse ville de Lyon, leurs exploits dévastateurs. Us écrivaient, en date du 16 novembre,] une lettre lue à la Convention le 22 du même mois, et dont voici un extrait :
tt Nous sommes convaincus qu'il n'y a d'innocent dans
w cette infâme cité, que celui qui fut opprimé on chargé de » fers par les assassins du peuple. Nous sommes en défiance » contre les larmes du repentir; rien ne peut désarmer notre M sévérité. Ils l'ont bien senti, ceux qui cherchent à vous sur- » prendre. Nous devons vous le dire, citoyens collègues, » r indulgence est une faiblesse dangereuse, propre à rani* » mer des espérances criminelles au moment où il faut les » détruire toutes. On n'ose pas encore vous demander le w i-apport de votre premier décret sur l'anéantissement de » Lyon ; mais on n'a presque rien fait jusqu'ici pour l'exécu- » ter. Les démolitions sont trop lentes; il faut des moyens " plus rapides à T impatience républicaine. L'explosion de la » mine et l'activité dévorante de la flamme peuvent seules » exprimer la toute-puissance du peuple; sa volonté ne peut » être arrêtée comme celle des tyrans ; elle doit avoir les effets ^> du tonnerre, » etc.
Ordre ycneraL
• Il part aiTJotirc) hiii un convoi d^artillerie pour Metz.
n Le coiiiiiiiA.saire fj^éiHfrai invite ^s frèreu d'armes à lai<8<T passer librement, à loute heure tJe noit, les voitures du maire et des ministr(\s, leurs fonctions pénibles exig^ent cpielques égards.
» Continnons le même service el avec 1» même exactitude, ne l'abandonnons jamais et soyons tonjonrs ce que nous devons être.
» Sif^né à l'orifpnal Nanhiot, commandant {jënéral. »
Samedi 23 novembre y 3 frimaire, — Dans la séance du 23 novembre, Merlin de Thionville et Ruhl proposèrent de négocier l'échange des princes dé Linanges et autres prisonniers de marque déte&ns en France, cofiCre les députés livrés aux Autrichiens par DanMMtriez; mais Le vasseor s'écria que tous les princes , tous les rois de la terre ne valaient pas un seul représentant du peuple; que la représentation nationale serait avilie par une pacetUe négociatioD. En CMiséquence, Féchange ne fut pas proposé. U est à cromre que
:»JOV.EMBRE 1793. 5Î3
Camus et ses collègues auraient désire que la Convention national^, moins fière, eût sacrifié une légère portion de son amour-propre au rachat de leur liberté.
Le même jour» la CouTention s'occupa du traitement du bourreau. Il fut décrété qu'à Paris il aurait quatre adjoints, avec un traitement de mille livres chacun, et que le sien serait porté à trois mille, tant que le gouvernement serait révolutionnaire , sous la condition néanmoins que le transport de la guillotine se ferait aux dépens du trésor public.
On commença le même jour la discussion du projet de Billaudy portant organisation du gouvernement révolution» naire. Quelque barbare que fût cette conception, on est obligé de convenir que le plan était aussi vaste que profondément pensé ; en un mot, que c'était une tyrannie parfaitement organisée, où plus d^un État libre pourrait trouver ça et là de très-sages règlements sur l'administration publique.
fieanlieu revient ailleurs, avec plus de développement, sur l'opinion qu'il vient d'exprimer dans le Diurnal. A part le sentiment de malveillance qui se montre, avec ses exagérations, dans les lignes qu'on va lire , nous croyons que nulle part le gouvernement révolutionnaire n'a été peint avec plus do vérité et de précision énergique. 11 suffirait d'y changer quelques (expressions pour rendre ce morceau excellent.
Théorie du gouvernement révolutionnaire.
« L'établissement du gouveiiiement révolutionnaire date du mois de novembre 1793 : c'est le Comité de salut public qui en arrêta les bases, et Billaud-Varennes qui en fiit le rédacteur; il le proposa pour la forme à la Convention, à qui la peur que lui inspirait le terrible comité le fit sanctionner comme une des plus sublimes conceptions de l'esprit
humain
• » Bientôt après, M. Barère, amalgamant des idées inconciliables, fit décréter qu'il y aurait un gouvernement révolu^-
tionnaire jusqu'à la paix, le Comité de salut public en présenterait le mode à la Convention. Ce tr^ivail fut exécuté par Billaud-Varennes , comme on Ta vu plus haut. Dans le fait , ce système n'était autre chose que la tyrannie organisée sou> la direction du Comité de salut public; dans cette conception étrange, la Convention paraît toujours être le centre du pouvoir; mais elle n'est plus qu'un coi*ps entièrement paralysé par le tronc; elle n'a plus de vie qu'aux extrémités. Ce sont les Comités de salut public et de sûreté générale , dout le second est subordonné au premier, et leurs vils manipulateurs les comités révolutionnaires, qui régnent sur toute la France, ou plutôt qui enchaînent tous ses habitants.
» Pour donner à toutes ces monstrueuses autorités une audace dont n'étaient pas susceptibles le grand nombre d'imbéciles dont elles étaient pour la plupart composées, une centaine de commissaires conventionnels, appelés représentants du peuple, parcouraient sans cesse les départements et y communiquaient l'esprit de violence dontils étaient animés , esprit qui leur était à eux-mêmes communiqué par le tout-puissant Comité de saint public. Ceux qui auraient voulu professer des opinions modérées et faire régner la justice dans les départements ou plutôt dans les satrapies qui leur étaient déléguées, ne l'osaient pas; ils étaient surveillés et par ceux qui étaient jaloux de leur suprême puissance e( par les fanatiques correspondants de la société des Jacobins. Aussitôt que quelqu'un d'entre eux paraissait vouloir revenir à des sentiments de modération , il était dénoncé au club souverain, et pour peu que cette dénonciation fût appuyée par quelques amis de Robespierre, de ColIot-d'Herbois ou de Billaud-Varennes , le commissaire conventionnel était sévèrement semonce , quelquefois rappelé , et oe rappel pouvait devenir un arrêt de mort : aucun d'eux ne l'ignorait.
» Voilà une des causes principales de la conduite barbare, extravagante, de la plupart des commissaires conventionnels dans les départements : Tai peur et je fais peur, tel fat le principe de toutes les atrocités révolutionnaires. Ceux qui
NOVEMBRE 1793. 'Aô
en ont commis le plus, si l*on ea excepte quelques fanatiques, les véritables chefs de la Terreur, n'ont pas été dirigés par un motif différent. Chaque révolutionnaire, craignant de le paraître moins que son collaborateur, cherchait à le surpasser par quelque exploit, par quelque extravagance inouïe.
») Voyons quelle était, au centre, la marche du gouvernement révolutionnaire. Son existence réelle remonte à la révolution du 31 mai, et son établissement légal au mois de novembre 1793.
V Avant cet établissement légal, et depuis, le système n'est pas différent; seulement, à partir de la dernière époque, le Comité de salut est devenu plus absolu; il fait tuer, dévaster avec plus d'audace ; aucune considération , aucun obstacle ne l'arrêtent; tout est à sa disposition : la vie, la propriété de tous les Français; il remUe, bouleverse, dissèque, décompose le corps social avec autant de sang-froirl et presque autant de facilité qu'un chirurgien ou un chimiste un cadavre inanimé. La Convention n'est plus qu'une masse inerte et stupide, à laquelle il ordonne la sanction de ses volontés suprêmes. Il ne peut se contenir lui-même au milieu de l'élan terrible qu'il s'est donné, et son mouvement de destruction est continuellement accéléré.
» Le Comité de sûreté générale et les comités révolutionnaires, qui en sont dépendants, sont ses sbires. L'armée révolutionnaire lui fraye le chemin en brisant, en déracinant tout ce qu'elle rencontre; les tribunaux révolutionnaires sont ses bourreaux. 11 veut que les membres de la Convention portent partout le ravage et qu'ils continuent d'être inviolables au milieu des excès les plus monstrueux; c'est à lui seul qu'est réservé le droit de les frapper. Ceux qu'il appelle ses collègues, ses égaux, sont continuellement à ramper devant lui , h solliciter ses grâces , à invoquer son indulgence; ils tirémissent devant la main qui frappe , ils remercient celle qui donne, et ne savent, devant lui, quel sentiment les domine davantage, de l'avidité ou de la peur. » Cependant, malgré la force colossale du Comité de salut
public, la société des Jacobins, celle des Gordeliers, le conseil de la Commune, ne sont pas entièrement sous sa dépendance; il n'ose les frapper, parce que les hommes ardents, audacieux qui les composent, sont ses plus vi(^oureux et même ses seuls appuis : c'est par eux qu'il a^t. Dans Tétat où sont les choses, la dissolution de ces sociétés entraînerait son anéantissement , et il lui faut plus de ménagement pour contenir un misérable jacobin que pour envoyer à la mort le plus vaillant général des armées de la République. Un malheureux , qui sort d'être distributeur de billets à l'un de> spectacles du boulevard, le fait trembler par un seul mot imprimé dans ses feuilles ordurières, tandis qu'une seule de ses mesures écrase toute la France, jette Teffroi dans toute l'Europe. » (Beaulîeu, Essai sur les causes et les effets de la Révolution de France y t. V, p. 233 et suiv.)
Dimanche 24 novembre, 4 frimaire. — Les recherches tyranniques que la Convention avait ordonnées pour déterrer les trésors dont ses menées odieuses avaient provoqué l'enfouissement, procurèrent quelques légères recettes qui n'étaient que le produit de la terreur. Plusieurs citoyens s'imaginèrent qu'en sacrifiant une partie de leur fortune ils pourraient conserver le reste, ou qu'au moins ces sacrifices vaudraient des certificats de civisme qui les sauveraient de la détention ou de la mort. Il est des hommes qui , dans ces temps malheureux, auraient payé cent Inille livres une simple mention honorable dans un procès-verbal : c'est par cette raison qu'on vit plusieurs personnes proposer l'échange de leurs éçus contre des assignats, dont elles pouvaient aisément prévoir le sort. On ne sera donc pas surpris d'entendre Lequinio et Laignelot, commissaires conventionnels à Rochefort, annoncer que les citoyens de ce département s'empressaient d'échanger leur or et leur argent contre des assignats, et ces hommes ineptes demander sérieusement qu'on proscrivit de France toute espèce de monnaie métallique, les gros sous
seuls exceptés. Yoiià jusqu'où s'étendait la profondeur du génie de nos immortels législateurs.
Les mêmes députés mandaient encore que l'empire de la Raison s'étendait chaque jour dans le pays de leur mission ; que des commissaires de sociétés populaires allaient vicarier dans les campagnes, préchant la morale de la nouvelle déesse, et faisaient de nombreux prosélytes
Barère annonça le même jour que les rebelles de la Yen* dée, qui avaient passé la Loire, avaient été battus, chassés de Grandville, laissant prés de six mille des leurs sur la place.
25 et 26 novembre y 5 et Q frimaire, — Depuis la mort de la reine, on n'avait pas entendu parler des malheureux prisonniers du Temple; on les croyait oubliés, ou au moins tranquilles pour quelque temps dans leur épouvantable prison, lorsque tout à coup de nouvelles vociférations contre eux se firent entendre dans le sein du conseil de la Commune. Une députation de ces fougueux magistrats se présenta à la Convention le 25 novembre , et demanda que la sœur du dernier tyran fût traduile au Tribunal révolutionnaire, et que les enfants de Capet fussent enfermés dans une prison différente ^ ; enfin que tous les citoyens qui habitaient alors à la campagne, mais qui payaient leurs impositions à Paris, fussent tenus de rentrer dans celte ville. En effet, on employait d'excellents moyens pour les y attirer!
Le même jour Barère fit un rapport très-étendu sur la situation de la République; il convint avoir exagéré. bien des choses dans ses précédentes carmagnoles* y mais que ces exagérations étaient nécessaires aux succès de la République.
 la suite de ce rapport, il fut décrété que les députés en
1 Tout cela fut exécuté dans la suite avec une barbarie qu'on ne pourra jamais croire, mais il ne faut pas anticiper sur les événements. (Note du Diwnai.)
3 C'est ainsi qu'on appelait et que Barrére ap|)elaic lai-mème ses rapports. (Note du Diumai.)
mission seraient tenus de se conformer rigoureusement aux arrêtés du Comité de salut public.
Ceux qui, en 1791, firent porter, au milieu d'une pompe funèbre si magnifique, les cendres de Mirabeau au Panthéon ^ ne se doutaient guère qu'elles en seraient honteusement exhu* mées deux ans et demi après , pour faire place au cadavre de Marat, et surtout que ce serait un homme de lettres qui prêterait son ministère à celte étrange transmutation : c'est cependant ce qui arriva le 25 novembre 1793. La Convention, sur la proposition de Chénier, au nom du Comité d'instruction publique , rendit le décret suivant :
« La Convention nationale, après avoir entendu le rapport » du Comité d'instruction publique, considérant qu'il n'y a » point de grands hommes sans vertu , décrète que le corps » d'Honoré-Riquetti Mirabeau sera retiré du Panthéon fran- » çais, et que le même jour le corps de Marat y sera transit féré. La Convention nationale, le conseil exécutif pro- » visoire, les autorités constituées de Paris, les sociétés » populaires en corps , assisteront à cette cérémonie. »
Le rapport de Chénier fut couvert d'applaudissements; l'Assemblée en ordonna l'impression, et son projet fut décrété à l'unanimité. Chénier se fût bien passé d'une pareille célébrité; et si quelqu'un voulait en faire l'acquisition aujourd'hui , il est à croire qu'il la donnerait à très-bon compte.
Le 26 novembre , le général Lamarlière , qui avait longtemps commandé une division de l'année du Nord , fut exécuté sur la place de la Révolution ; il avait été condamné la veille pour une prétendue conspiration à laquelle il n'avait jamais pensé \
' Ce n'est point le 26 que la Marlière fut envoyé au supplice , car Toici une lettre, datée du 27, qu'il adressa à Fouquier et dont celui-ci ne tint aucun compte. On a trouvé dans les papiers de l'accusateur public nombre de lettres écrites par les victimes, lettres que celui-ci ne s'était pas même donné la peine d'ouvrir :
« Je réclame , citoyen , votre justice , pour vous prier de vouloir bien envoyer sans délai la lettre ci-jointe au citoyen président de la Convention nationale ; vous en lirez l'objet, <et vous trouverez juste que dans les former
Le même jour le jeune Bamave, dont les talents avaient fait tant de bruit à l'Assemblée constituante, fut tratné au Tribunal révolutionnaire avec Dupott-Duterlre, ministre de la justice lors de l'établissement de la constitution de 1791.
Ordre général K
« Le commissaire général invite de nouveau ses frères d'armes à surveiller quelques intrig^ans qui cherchent à troubler la société par l'exagération de leurs faux principes ; les puissances éti*angères payent ces scélérats, quelques moments de plus, notre victoire sera complette.
» Mes amis la fête d'hier, s'est passée avec beaucoup d^union nous avons vu avec plaisir le législateur, le magistrat faire avec le peuple une môme famille : un de nos fî-cres étoit mécontent de ce que la force armée n'étoit pas là, avec ses fusils et piques, pour mettre Torilre , mes braves camarades , ce ne sont pas mes principes quand on fête , pas d'armes, pas de despotes ; la raison établit l'ordre, la douce et saine philosophie règle nos pas et nos chants retentissent jusqu'à la voûte du ciel , un ruban tricolore suffit pour indiquer à nos frères que telles places sont destinées à nos bons législateurs , aux bons magistrats dignes de son amitié ; quand il s'agira de fête , ne parlons jamais de force armée , elle touche de trop près au despotisme , je scais qu'il en faut mais le nombre doit en être très-petit; hors les fêtes des armes pour combattre nos ennemis , nous en avons encore une forte masse à abattre, mais avec de l'union nous en viendrons à bout.
■ Les patrouilles très -fi'équ entes, les réserves complettes, et le service des barrières avec beaucoup d'exactitude.
I) Signé : Hanriot, commandant général. »
extraordinaires qui ont été suivies dniis cette affaire, où j'ai été privé d'entendre et d'interpeller les témoins à charge, que j'aurais confondus, je n'ai pas dû être privé des défenses que la loi accorde, et cela par la faute d'un peu de négligence des témoins qui se sont jfk'ésentés tard.
M Donnez-moi, citoyen accusateur public, tous les moyens d'éclairer la religion du tribunal. Je crois que mon ÎHnocence se montrera dans tout son jour. » A. LiMARLiÈnE. *
* 1 frimaire, Tan H de la République. >• (Aux Archives de TEmpire, WL 7L) ^ Nous reproduisons fidèlement l'orthographe et la ponctuation de ce monument démagogique.
.■i:U) LA DÉMAGOGIE A PARIS.
26, 27, 28 novembre, 6, 7, S frimaire. — Les mascarades d'apostats et d'athées que la Convention recevait tous les jours dans son sein auraient nécessairement été terminées par sa dissolution, si elles eussent été prolongées plus longtemps. Danton le sentit, et demanda, dans la séance du 26 novembre, que l'Assemblée, par respect pour elle-même, V mît enfin un terme. Il parla aussi de la terreur qui, étendant ses ailes ténébreuses sur tous les Français sans exception , tenait toute la France dans un état de stupeur difficile à concevoir. Tout en convenant qu'elle devait être à Tordre du jour, contre les aristocrates , les fédéralistes et autres ennemis de la République, Danton demanda que les hommes Faibles, qui avaient payé le tribut de leurs petits moyens, fussent assurés de vivre paisibles. Ces observations parurent du modérantismc à plusieurs énergumènes de la Montagne, et entre autres à un nommé Fayau , dont il ne restera que le souvenir de ses vociférations atroces. Il fut décrété, sur la proposition de Danton, que le Comité de salut public ferait incessamment son rapport sur la conspiration de l'étranger et sur les moyens de donner de la force et de l'aplomb au gouvernement provisoire.
On lut dans cette séance une nouvelle lettre des commissaires Laignelot et Lequinio. Elle portait que leur tribunal révolutionnaire allait très-bien , et qu'à Rochefort toutes les religions avaient cédé au flambeau de la Raison; que tous les sectaires de ces cultes, même les juifs, avaient fait un auto-da-fé de leurs livres de mystères sur la place publique.
D'un autre côté, Laplanche écrivait d'Avranches qu'à son arrivée dans cette ville il avait trouvé beaucoup de rebelles qui étaient restés en arrière après la déroute de Granville. Les hôpitaux, gisait-il, en étaient remplis; mais il n'en est plus question. Laplanche était prêtre.
Enfin la municipalité de Lubersac mandait de cette ville que des patriotes avaient bravement assassiné le député fédéraliste Chambon, mis hors la loi, qui avait eu l'impudence de vendre chèrement sa vie.
La société des Jacobins commença son épuration. L*exclusion était toujours suivie d'un mandat d'arrêt, et très-souvent le mandat d'arrêt de la guillotine.
Le 27 novembre, la société des Gordeliers se présenta au conseil de la Commune, et lui fit part d'une pétition qu'elle se proposait de présenter à la Convention nationale. Les Cordeliers demandaient que la circulation du numéraire fôt interdite jusqu'à la paix, et que les matières d'or et d'argent fussent gardées dans des dépôts jusqu'à cette époque, et enfin que les administrateurs de la trésorerie qui pourraient être suspectés d'incivisme fussent remplacés par des patriotes purs et sans'culottes , On couvrit cette pétition d'applaudissements; elle fut appuyée par tous les membres du conseil.
Dans la séance du 28, PouUier fit un rapport sur les heureux effets de sa mission dans les départements du Gard et de Vaucluse. Partout Poultier avait épuré les autorités constituées, chassé les prêtres et les fédéralistes. Il avait empêché la réunion des rebelles de Lyon et de Marseille. Il avait imprimé aux tribunaux un mouvement révolutionnaire; et déjà, disait-il, plusieurs conspirateurs avaient expié leurs forfaits sous le couteau national. L'Assemblée couvrit Poultier d'applaudissements, et ordonna l'impression de son rapport.
Dans le même jour on reçut une lettre de Carrier, datée? du 17 brumaire. Elle annonçait une première noyade d(* quatre-vingts prêtres qu'on avait renfermés dans un bateau. Il mandait en même temps que les fédéralistes, les feuillants, les royalistes, les accapareurs, étaient sous la main de la justice nationale, c'est-à-dire qu'il faisait égorger tout le monde.
Le 28 novembre 1793, Baniave, ex-député à l'Assemblée constituante , et Duport-Dutertre , ex-ministre de la justice , furent condamnés à mort par le Tribunal révolutionnaire. Barnave se défendit avec le même sang-froid, la même précision, la même logique qu'on lui avait vu développer à la •tribune de la première Assemblée. Duport-Dutertre fit paraître moins d'intrépidité , et cependant ne se montra nullement pusillanime. Il avait une femme dont il était tendre-
nient aimé, qui chaque jour venait passer avec lui tous les instants pendant lesquels il était permis aux étrangers d'entrer dans la prison : et la douleur qu'U prévoyait que sa mort devait lui causer lui fit quitter la vie avec tristesse. L'infortunée ne lui a pas survécu longtemps.
J'ai vécu avec MM. Duport et Barnave pendant tout le temps qu'ils ont été à la Conciergerie, et nous avons fait ce qu'on appelle chambrée ensemble. Barnave avait la certi* tude d'être assassiné, et néanmoins il était parfaitement tranrjuille, mangeant de très-bon appétit, dissertant sur les affaires publiques avec le sang-froid et la chaleur qu'il savait y mettre lorsqu'il était au fat le de la gloire, et avec cette différence qu'il s'était prodigieusement instruit depuis sa détention dans les prisons de Grenoble. Ce n'était plus cet orateur fougueux qui avait eu une si grande influence sur la Révo» lution de 89; c'était un homme sage, un politique profond, qui raisonnait sur tous les gouvernements de l'Europe avec une justesse et une sagacité auxquelles je n'aurais jamais cru, s'il n'avait pas fait ses preuves en ma présence. Il avait plus pensé, plus appris pendant une année de prison, que nos candidats en politique n'auraient pu le faire dans l'espace de dix.
Duport-Dutertre conservait un peu plus d'espoir que Barnave, sans cependant compter sur la vie; l'un et l'autre croyaient qu'ils seraient les derm'ères victimes, et en félicitaient leurs camarades de prison. Le peuple, payé pour huer Barnave, ne put s'empêcher d'admirer sa défense et son courage, et de dire que c'était bien dommage. Le malheureux entendit cette remarque, et me pria de la publier si je venais jamais à sortir de la caverne où il me laissait. Je me fais un devoir de tenir ici la promesse que je lui en ai donnée.
En terminant cet article, je dois dire que la conspiration ou l'intrigue qu'on les accusait d'avoir machinée avec la. cour n'a jamais existé. J'ai entendu leurs dernières paroles; j'ai pour ainsi dire reçu leurs derniers soupirs. Tous les pro-
pos qu'on a tenus à ce sujet, tous les mystères qu'on a faits, sont des fables qui n'ont jamais eu lieu que dans fa tête de ceux à qui elles étaient nécessaires. .
29 et 30 novembre, 9 et 10 frimaire. — Aux Jacobins , dans la séance du 29, Robespierre, en parlant de la faction des aristocrates et des fédéralistes , revint encore , par un détour prolongé, et c'était là sa manière, sur le compte de ceux qui voulaient anéantir toute idée de divinité en France.
« Nous arracherons , disait-il , le masque du patriotisme à » leur hideuse figure; nous saurons démontrer au peuple ' » quel est le moral de ces hommes qui ont voulu extirper » toute idée de religion, pour pouvoir exterminer ensuite les » patriotes, auxquels ils attribueraient leurs extravagances et » leur méchanceté; qui ont dit au peuple : Tu n'auras pas » de religion. Un peuple religieux ne peut être républicain. » Le premier j'ai osé dire à cette tribune qu'il pouvait être » un prêtre honnête homme : je le crois encore ; il en est qui » ont fait de bonne foi le sacrifice de leurs titres; ceux-là » obtiendront toujours mon estime^ et doivent avoir part à » Hotre bienveillance. »
Extraits des rapports de police (59 novembre).
« Les attroupements augmentent d'une manière effrayante aux portes des boulangers ; ces derniers se plaignent de ce qu'on ne leur délivre plus la n^me quantité de farines.
• Un groupe du Palais-Egalité prétendait qu'il fallait investir le brave Dubayer de tous les pouvoirs, rappeler les commissaires de la Convention et les autres , que les cent quatre-vingts voitures qui les traînaient embarrassaient Tarmée; enfin, que si le Comité de salut public voulait le seconder, on verrait bientôt finir cette malheureuse gaerre : il parlait de la Vendée.
» Il est bien essentiel de surveiller scrupuleusement la commission des marchés pour Thabillement et l'équipement de nos années. Il se fait là-dessus des dilapidations effrayantes.
» On trouve tous les jours dans la grande cour du Louvre plusieurs
jeunes gens de l'âge de dix-huit à vingt 9ns, tous très-beaux hommes, demander Faumône, tout déguenillés, sans chapeaux, sans bas ni souliers. C'est entre huit et neuf heures du soir qu'ils se rendent dans cet endroit.
» La nouvelle d'un traité d'aHiànce avec les États-Unis d'Amérique a excité une vive sensation dans le public , surtout relativement aux subsistances.
» La réquisition est généralement bien disposée, et nous aurons de bons soldats.
» Les légumes continuent à se vendre un prix fou. — On a saisi un petit coquin qui vendait la République en vaudeville.
• Dans les groupes, les femmes veulent le sucre et le café à bon marché; les ivrognes, du vin à bon compte, et beaucoup ; les blanchisi!ieuscs , de la soude et du savon pour rien ; les militaires , l'accélération de la fabrique des fusils.
n L'heureuse révolution de Bordeaux consterne les malveillants; ils font leurs efforts pour faire accroire que cette ville est toujours en état de rébellion.
» Dans les groupes oh parle diversement de la taxe. Les uns assurent qu'elle produira de bons effets , les autres de très-mauvais, et qu'il n'y aura guère que les riches qui pourront en profiter, attendu qu'ils vont faire d'amples provisions, et produire par conséquent une rareté plus préjudiciable que la cherté, etc.
» On se plaint que l'administration des fouiTages fournit aux gendarmes de Paris de très-mauvais foin , que leurs chevaux ne veulent pas manger.
» Vu conforme aux rappoiis : Chevalier. »