I. Klippel et Lhermitte. Revue de psychiatrie t
sous-groupemcnts sur lesquels nous aurons à revenir. C'est ainsi que les démences par lésion complexe neuTO-épithéliale et vasculo-conjective peuvent se sous-distinguer selon le primum moyens de Tune ou l'autre de ces lésions finalement concomitantes. On aura alors des démences par encéphalite primitivement parenchymateuses ou, au contraire, interstitielles.
Mais comme les constatations positives sur lesquelles on peut s'appuyer montrent toujours une coexistence finale des deux ordres de lésions dans les démences de cette classe, il est difficile de trancher la question de savoir celles qui furent les premières en date.
Ainsi que nous le verrons, les paralytiques généraux sembleraient, dans Tétat actuel de nos connaissances histologiques, représenter plutôt les démences à débuts parenchymateux, les démences séniles étant, au contraire, à début interstitiel (vasculo-conjonctif), mais la sénilité vasculaire provoquerait aussi vite la désagrégation dendritique que les ruptures de connexion intercellulaire dans la paralysie générale s'accompagneraient de diapédèses des vaisseaux, et la question reste pendante. Aussi, n'anticipons-nous pas ici sur les développements que ces questions comporteront aux chapitres spéciaux de chacune de ces démences considérées en particulier. D'une façon générale, on pourrait définir anatomiquement la démence, quelle qu'en soit la cause, une suspension progressive plus ou moins rapide et complète des connexions qui, normalement, unissent entre eux les divers territoires corticaux et leurs éléments com-
posants. C'est la perte des coordinations d'actions conjuguées entre les neurones de Taxe cérébrospinal, siège des phénomènes neuro-psychiques centripètes et centrifuges.
La conséquence, au point de vue psychologique d'une telle façon de voir, est que la démence, quelle qu'en soit la cause ou la variété, est une déchéance psychique globale ou partielle dans laquelle les diverses facultés sont tantôt fauchées à peu près au même niveau, tantôt à des degrés divers mais sans possibilité de retour ad integrum. Dans tous les cas les lacunes que les examens psychologiques y décèlent ne sauraient se réparer entièrement puisqu'elles reposent non sur une suspension de fonctions mais sur une destruction d'organes.