‹ La démenceChapitre 22 sur 92 · IV. Méiûoire consciente · texte numérisé non relu

IV. Méiûoire consciente

C'est en sens inverse que se succèdent les mémoires précitées dans les cas de régression démentielle.

Bien que les amnésies des déments soient généralement progressives, on peut cependant observer des rétrocessions partielles du processus démentiel en certains cas.

i. Les énigmes de l'univers^ p. i38, Hceckel.

Cela s'observe particulièrement lors des lésions localisées brusques qui peuvent agir, avons-nous dit, à la façon de certains traumatismes externes (ce sont d'ailleurs de vrais traumatismes cérébraux par la voie de ruptures vasculaires) ; on assiste alors parfois à une éclipse transitoire d'une certaine partie, du champ de la mémoire, éclipse qui peut s'atténuer ensuite partiellement avec la résorption de la colonne sanguine extra vasée.

Nous avons observé un dément de ce genre trouvé sans conscience sur la voie publique, il fut recueilli comme inconnu et interné vu l'impossibilité de savoir son nom et son adresse. A l'Asile, il se remit en partie de l'ictus ; la profession d'abord lui revint ; lorsqu'il put s'occuper il demanda à travailler avec ceux qui réparaient les chaussures, puis il retrouva son nom propre et se souvint avoir habité une localité qu'il décrivait sans pouvoir la nommer* Parmi les particularité de sa description, il y avait toujours des cuirassiers ce qui conduisit à lui énumérer les garnisons de ce genre des environs de Paris, à l'énoncé du nom de la ville de Saint-Germain,, parmi celles où se trouvent des militaires de cette catégorie, le malade reconnut le nom et ensuite la localité où il fut permis de retrouver son domicile grâce aux gens de sa profession.

Une autre démente que j'ai observée à la colonie familiale de Dun, balayait consciencieusement le logis chaque matin; mais si on lalaissait balayer jusqu'au seuil elle se mettait à balayer la route, et partait ensuite droit devant elle à la recherche de son domicile, oubliant de faire volte-face ; une fois

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qu'on avait oublié de la surveiller, elle fit plusieurs kilomètres avec son balai et fut tout étonnée et ravie de retrouver la maison quand on lui eut fait faire demi-tour.

Pour interpréter les faits cliniques^ il convient, dit Van Bieryliet, de faire au sujet de l'amnésie des faits récents, une distinction entre la mémoire de fixation et celle de reproduction. Si l'amnésie progressive résulte d'une altération des cellules nerveuses et que celles-ci soient dans l'impossibilité de fixer des souvenirs nouveaux, le malade n'a plus de mémoire pour les faits récents, nouveaux, mais sa mémoire du passé, celle qui gît dans les cellules encore intactes demeure entière; le vieillard ne peut plus fixer de souvenirs récents en partie parce que ses organes sensoriels affaiblis transmettent au sensorium des sensations trop faibles ; en partie parce que son cerveau devenu moins plastique se déforme moins profondément par les mouvements qui le traversent. C'est là une amnésie de fixation, et de plus une amnésie tout à fait normale, qui se manifeste chez tout homme à partir d'un. âge beaucoup moins avancé qu'on ne le croit généralement. La mémoire de fixation purement passive, c'est-à-dire l'aptitude de l'écorce à fixer la trace profonde des modifications qui l'ont déformée, va en diminuant régulièrement de l'enfance à la vieillesse*. Bien entendu, il s'agit de la mémoire naturelle spontanée ; mais, à mesure qpe nous nous formons, l'attention volontaire se fixant sur certaines images et de plus en plus sur les images utiles contre-balance pour ces

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