‹ La démenceChapitre 27 sur 92 · I. Société de Biologie, 10 juin · texte numérisé non relu

I. Société de Biologie, 10 juin

PSTCHOPHYSIOLOGIE GÉNÉRALE DES DÉMENTS lig

dû à leur vigueur d^adultes, et aussi à ce fait que je n'ai choisi comme démentes que des femmes nettement déchues intellectuellement, tandis que le groupe de paralytiques renferme des malades de toutes les périodes, et sur le nombre certaines dont les facultés mentales sont encore assez conservées. Les maniaques, on l'a vu, ont une pression à peu près égale à celle des mélancoliques. Chez eux l'attention est aussi considérablement lésée. Mais si l'on est assez heureux pour glisser dans sa main le dynamomètre au moment précis où le malade la serre dans un moment de fureur et d'une façon nullement délibérée ni voulue, on sera quelquefois frappé du chemin que parcourt l'aiguille rapidement. C'est qu'il ne s'agit plus là de mouvement volontaire nettement prémédité ; on a affaire à une contraction musculaire en quelque sorte automatique et inconsciente. Des femmes très excitées et peu vigoureuses extérieurement peuvent atteindre le chiffres de 35 à 4o. Ainsi une paralytique générale, en état d'excitation maniaque depuis plusieurs mois et très affaiblie physiquement, qui marquait ordinairement i5 atteignit 38 dans un moment de fureur. »

La réaction de débilité neuro-musculaire de Klippel * qui se rencontre dans tous les états de dénutrition chronique et les cachexies (faiblesse musculaire avec myoïdème exalté, exaltation des réflexes, etc.) a été reconnue dans la paralysie générale et dans beaucoup de démences par de nombreux auteurs. En Allemagne Berenstein, en France Féré y ont insisté dans des mémoires spéciaux, pour ne citer que ceux-là.

ï. Th, Paris, 1889.

De leur côté MM. Toulouse et Vurpas * ont été conduits par leurs études à fixer ainsi les bases des mouvements réflexes.

Chez le nouveau-né, les réflexes sont plus intenses que chez l'adulte, et certains mêmes n'existent que chez lui.

L'examen de certains malades atteints de diverses affections de la moelle et du cerveau, principalement des paralytiques généraux, montre que, chez eux, on constate dans l'état des réflexes les mêmes caractères que chez le nouveau-né. La réapparition de certains réflexes, surtout les réflexes fonctionnels, propres au jeune âge et n'existant plus chez l'adulte, a été notée dans divers cas pathologiques.

Ainsi en est-il du réflexe buccal, dans plusieurs désordres mentaux (surtout dans l'affaiblissement intellectuel), qui tous peuvent être légitimement rattachés à des troubles dans le fonctionnement de l'écorce cérébrale. Chez un paralytique général à la dernière période, en introduisant l'extrémité du doigt entre les lèvres, on peut déterminer de véritables mouvements de succion, tels qu'on les observe chez le nouveau-né.

D'autre part, les réflexes examinés chez l'homme adulte normal sont d'autant plus faibles que l'on remonte du membre inférieur à la face, c'est-à-dire, en somme, des muscles et des centres musculaires les plus fonctionnellement simples aux plus complexes.

Les mouvements du membre inférieur, demandant

I. Académie des sciences, séance du 6 juin. Rapport entre rîntensité des réflexes et Torganisation nerveuse (Note de MM. Ed. Toulouse et Cl. Vuhpas).

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surtout de la force, mais, relativement, peu d'adresse, les réflexes tendineux persistent à leur niveau ; ils ne sont presque plus apparents au membre supérieur, qui exige surtout de la précision et de Thabileté. Les réflexes, qui étaient devenus une gêne réelle pour la fonction, ont disparu.

Ces réflexes existent, au contraire, chez le nouveau-né et dans divers états pathologiques, soit que les lésions portent sur le cerveau ou tout le myélencéphale, soit que l'organisme ait été profondément altéré, comme dans les états d'épuisement nerveux. Tl semble ainsi que, lorsque le système nerveux est frappé dans son fonctionnement, principalement lorsque les lésions portent sur le cortex et troublent son action, on observe une déchéance physiologique qui est une véritable régression vers un stade primitif, et un retour à un état plus simple ; les réflexes se comportent alors comme chez le nouveau-né.

Ces quelques données peuvent s'exprimer en deux propositions synthétiques, qui seraient deux lois nouvelles des réflexes et expliqueraient l'apparente disparition de certains réflexes chez l'homme au cours de l'évolution biologique. Normalement, ils seraient masqués par l'inhibition exercée sur eux par des centres supérieurs coordinateurs et régulateurs, et n'auraient pas l'intensité sufiisante pour devenir apparents; mais ils n'en existeraient pas moins à l'état latent, et seraient toujours prêts à apparaître lorsque la synthèse est troublée, ainsi qu'il arrive dans les lésions graves du système nerveux, et particulièrement de l'encéphale.

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