I. Loi de Tintensité. — L'intensité des réflexes
est en rapport inverse avec la complexité du système nerveux,
II. Loi de régression. — Lorsque le système nerveux de l'adulte est gravement altéré dans son fonctionnement, et que les lésions touchent l'encéphale, les réflexes tendent à prendre les caractères et les modalités physiologiques de ceux du nouveau-né (Toulouse et VuRPAS, /. c).
Langage réflexe: On peut encore poursuivre la vérification de la loi de régression en étudiant ce qui se passe dans les désordres du langage et de l'expression. RiBOT a démontré que beaucoup de cas d'aphasie résultent d'une amnésie motrice, c'est-à-dire d'un oubli des éléments moteurs, de ces mouvements qui constituent le langage articulé*. Trousseau avait déjà remarqué que « l'aphasie est toujours réductible à une perte de la mémoire soit des signes vocaux, soit des moyens par lesquels les mots sont articulés ; W. Ogle distingue aussi deux mémoires verbales : une première, reconnue de tout le monde, grâce à laquelle nous avons conscience du mot, et en outre une seconde, grâce à laquelle nous l'exprimons». Cet oubli des mouvements, bien qu'il soit avant tout une maladie de la mémoire, révèle aussi un affaiblissement du pouvoir moteur, un désordre de la coordination volontaire. Le malade veut s'exprimer : sa volition n'aboutit pas ou se traduit incomplètement, c'est-à-dire que la somme des tendances coordonnées qui, au moment actuel, constituent l'individu en tant
I. Voir RiBOT, les Maladies delà mémoire, p. 119 et suivantes.
PSTGHOPHTSIOLOGIE GÉNÉRALE DES DÉMENTS IsS
qu'il veut s'exprimer, est partiellement entravée dans son passage à l'acte ; et l'expérience apprend que cette impuissance d'expression atteint d'abord les mots, c'est-à-dire le langage rationnel ; ensuite les phrases exclamatives, les interjections, ce que Max MiiLLER désigne sous le nom de langage émotionnel; enfin dans des cas très rares, les gestes et expressions réflexes. La dissolution va donc encore ici du plus complexe au moins complexe et au simple, du volontaire au demi-volontaire et à l'automatique, qui est presque toujours respecté (Ribot).
Il n'est pas besoin, dit Claparede*, d'expériences délicates pour reconnaître la tendance qu'ont les aliénés de certaines catégories à parler par rimes, par assonances. Cette tendance est caractéristique de la logorrhée. Elle se manifeste à un très haut degré dans les psychoses par épuisement (Erschôpfungspsychosen de Kraepeun, confusion mentale primitive, et délire du coUapsus) et Aschaffenburg (a II, 80) rapproche ces cas des effets produits par l'épuisement. L'hyperexcitabilité des centres moteurs contribue encore à renforcer ces effets.
Dans la manie chronique, la tendance aux associations par rimes est bien connue. On rencontre aussi chez les maniaques des associations difficiles à expliquer ; ainsi Sommer (877) a^remarqué chez un de ces malades soumis à des expériences méthodiques la présence de certaines associations dont les termes sont des représentations éloignées, c'est-à-dire qui n'ont