I. Galmeil. De la folie, t. II, p
a. ScHÙLE. Traité des maladies mentales^ p. i55.
pseudo-démence , suivant l'expression de M . Christian , tantôt une démence vraie avec ou sans lésion en
FiG. ai. — Apothéos/B mégalomaniaque symbolique dessînée par un pseudo-dément vésanique (vieux persécpté mystique).
foyer, la lésion pouvant ou non être en rapport avec l'état pathologique et hallucinatoire antérieur.
Théoriquement, les délirants chroniques passeraient tous, selon MAGNAN,par une phase intermédiaire et préparatoire de mégalomanie après la phase de
35o LA DÉMENCE
persécution et avant celle de démence ; outre ces cas types, bien des combinaisons et des variétés se pourraient encore observer. Certains autres malades portés antérieurement comme délirants chroniques sont devenus déments avant l'apparition de conceptions mégalomaniaques .
Chez d'autres, la mégalomanie se combinerait à la démence avec persistance d'hallucinations et d'idées de persécution plus ou moins nettes. D'autres aboutiraient à une phase de dissociation de la personnalité par dédoublement ou même par extinction de la personnalité première. Ce sont là des cas mixtes intermédiaires entre les délires systématisés primitifs et secondaires. A l'inverse de celui que nous avons cité précédemment où la psychose mélancolique chronique aboutit à une mégalomaine vraie, on pourrait voir un délire chronique de persécution aboutir à la négation mélancolique vraie.
Quoi qu'il en soit, lorsque la psychose systématisée se stéréotype, les malades, par suite de la complication progressive de leur délire, arrivent à un état de fausse démence où la dissociation peut n'être qu^apparente.
Dans les démences greffées sur un état délirant antérieur, les conceptions primitives présentent des caractères contrastant avec celles développées consécutivement à la démence même.
Le langage incompréhensible et les néologismes compliqués de certains faux déments n'excluent pas la conservation parallèle du langage et de l'écriture normaux.
En face de réponses en .apparence incohérentes, d'attitudes et de gestes bizarres, on se rappelle le vieux délirant de Galmeil qui, malgré de tels
symptômes, put donner pendant vingt-cinq années
FiG. 22. — Délire chronique de persécution avec hallucinations persistantes auditives (enveloppement défensif).
une traduction invariable et compréhensible de son délire. Mais ce sont là des confidences parfois déli-
202 LA DEMEINGE
cates à obtenir du malade, qui s'isole de plus en plus dans son délire et arrive ainsi progressivement à perdre les notions de temps et de lieu. Parvient-on néanmoins à le replacer sur le terrain de son délire, on est parfois étonné de la persistance et de la précision des^ souvenirs et des conceptions stéréotypées ; il semble que ces dernières résistent même plus que les éléments moins atteints de la mentalité.
Bien que cela paraisse une assertion paradoxale, au premier abord, c'est cependant un fait d'observation, qui pourrait peut-être trouver son explication dans la théorie générale de la régression.
A l'état normal, l'involution suit à l'inverse l'ordre du développement. A l'état pathologique, il est logique de penser qu'il en est de même.
Les éléments arrêtés dans leur évolution et demeurés à l'état fruste entreraient les derniers en régression, celle-ci allant du complexe au plus stable, ^'est-à-dire au plus simple ou plus rudimentairement organisé*.
Cette théorie impliquerait l'origine congénitale de l'aberration psychique, chez nos délirants chroniques.
Comme l'a soutenu Morselli, on peut voir dans tous les délires systématisés primitifs l'expression d'un développement anormal de la personnalité, d'une tare se révélant à la maturité psychique, mais n'étant que la traduction complète des tendances congénitales de l'individu.
Une autre explication de la persistance de ces phénomènes reposerait sur une application de la loi de