GÉNÉRALITÉS. - PSYCHOPATHOLOGIE CHAPITRE PREMIER
DéÊnition légale, médicale, psychologique. — Caractères communs à tous syndromes démentiels. — La désagrégation mentale est liée à la régression du psychoplasma des cellules cérébrales et de leurs dépendances.
Dans le langage juridique, l'expression de démence s'emploie indifféremment pour toutes les formes de folie et pour désigner les maladies mentales dans leur ensemble.
En psychiatrie, l'acception du terme démence est
beaucoup plus restreinte. Il désigne un syndrome
psychique caractérisé par l'affaiblissement ou la perte
partielle ou totale des facultés intellectuelles, morales
et affectives, sans possibilité de retour.
Le terme démence désigne la plupart du temps, an syndrome important, mais commun à différentes maladies mentales, il s'applique aussi parfois à un processus pathologique envisagé dans son ensemble.
b LA DÉME?ïCE
Oo lui adjoint alors un qualificatif indiquant soit l'^4tîolc>gip(dçn[iençe sénile), soit certaines particularité! (Je d'évolîi|içiî-(xi âe l'aspect clinique (démence pré- ' coce* dém'ences paralytique, hébéph rénique, catato- :\ tniQu^faffaiioïde; etc.). Mais raflaiblissement intel- • '*• • lêctuef firft tôi^ouTS partie intégrante de l'affection, il joue même un rôle considérable dans la genèse de nombre de symptômes ; au lieu d'être, comme dans le premier cas, la résultante, l'aboutissant de divers processus morbides.
Peut -on psychologiquement faire dans un complexus clinique et variable le départ exact de ce qui est démence, de ce qui relève d'éléments pathologiques autres, préalables, concomitants ou secondaires ?
Théoriquement, oui et dans les démences secondaires à des délires il est possible de distinguer ce qui est dissociation psychique et affaiblissement démentiel de ce qui peut survivre d'un ancien délire persistant. Inversement il est possible dans une démence d'emblée de distinguer certains épisodes délirants surajoutés, par exemple ceux dus à une intoxication alcoolique contemporaine de l'affaiblissement démentiel et causée par lui.
Demêm3 une tendance délirante latente, antérieurement manifestée ou non, peut se faire jour à l'occasion d'une déchéance démentielle sénile ; on peut en ces cas distinguer dans les phénomèmes psychopathologiques ceux qui relèvent de la démence pure d3 ceux qui tiennent au rappel de tendances psychopathiques antérieures.
Mais où le départ est difficile c'est entre les troubles mentaux confusionnels et les troubles démentiels
vrais sous-jacents, les premiers se combinant presque toujours dans une proportion variable aux seconds.
La confusion serait comme Tantichambre des démences ; Régis a développé une thèse originale d'après laquelle les démences précoces ne seraient en quelque sorte que des confusions mentales devenues chroniques et incurables K
D'autre part, Toulouse et Damaye ^ ont soutenu l'opinion inverse, d'après laquelle les démences vésaniques ou précoces pures ne seraient le plus souvent que des états confus exempts d'affaiblissement démentiel véritable de l'intelligence, tant du moins qu'il n'y aurait pas de complications organiques.
Pour eux chez les déments vésaniques, le grand rôle est joué par la confusion mentale puisque, après dix ou quinze ans d'un tel état, la destruction des facultés est relativement minime, comparée à ce qu'elle est dans la paralysie générale, type le plus pur de la démence organique. En certains cas, cet affaiblissement peut s'installer peu à peu et le dément vésanique se transformer à la longue en un dément organique : c'est ce qui expliquerait et l'apparition de symptômes physiques et les lésions trouvées à l'examen histologique. Dès lors, y a-t-il lieu d'appeler démence les états confusionnels post-vésaniques en comprenant comme nous la signification du mot démence — qui s'applique essentiellement à l'affaiblissement réel et définitif des facultés ? Pour Tou-
I. Régis. Bévue de psych., n. 4, p. i5o, avril igo/j. a. Toulouse et Damaye. La démence vésanique est-elle une démence? Revue de psychiatrie, 1908.
LOUSE et Damate la démence paralytique, et par conséquent les démences organiques, se rapprocheraient davantage de l'état intellectuel de l'imbécile et de l'idiot, parce qu'elles sont des démences globales où les diverses facultés sont à peu près fauchées, pour ainsi dire, au même niveau. Les démences vésaniques, au contraire, auraient une parenté plus grande avec l'élat mental confus des maniaques.
Et les auteurs fondent ces vues sur des recherches de psychologie expérimentales qu'ils ont poursuivies sur les différentes catégories de démences par la méthode des tests ^