‹ La démenceChapitre 7 sur 92 · I . Tests appliqués · texte numérisé non relu

I . Tests appliqués

Temps. — V^ série.

Quel est votre âge ?

Quelle est votre profession ?

Combien gagniez- vous par jour et par mois ?

Êtes-Yous marié ?

Quel est votre pays natal?

Quel était, en dernier lieu, votre adresse à Paris?

Combien de temps y avez-vous habité?

Lieux. — 3« série.

Sommes-nous en France, en Allemagne ou en Angleterre?

En quel lieu sommes-nous ici ?

Comment s'appelle la capitale de la France ?

Quel est le chef-lieu du département de la Seine?

Qu'est-ce qu'une île?

La France est-elle une île ?

L'Angleterre est-elle une île ?

Quelles sont les cinq parties du monde ? Souvenirs généraux. — 3^ série.

Qu'était Napoléon I^r ?

Qu'était Louis-Philippe ?

Comment s'appelait l'ancienne reine d'Angleterre ?

Quels peuples ont pris part à la guerre de 1870 ?

PSTCHOPATIIOLOGIE GÉNÉRALE DES DEMENTS Q

Sans entrer dans le détail de ces recherches de psychologie expérimentale comparative dont on trouvera l'exposé in Revue de Psychiatrie, 1906, pages 1-5, envisageons l'ensemble des résultats de ces expériences».

Dans les diverses variétés de démences on remarque une confusion se traduisant par les irrégularités du souvenir. Partout il y a des lacunes, des notions perdues que la répétition des examens psychologiques et l'insistance mise en jeu ne sauraient faire reparaître. Mais nulle part, abstraction faite des réticences, des tromperies volontaires et du hasard, nulle part les idées exprimées ne sont aussi pauvres ni aussi péniblement trouvées que chez les paralytiques généraux. Le fait est particulièrement manifeste lorsqu'on compare les calculs des différents malades. 11 est fréquent de voir que le calcul, altéré très rapidement chez les déments paralytiques, est encore possible chez de vieux délirants d'une instruction médiocre et qui ne s'y sont point adonnés depuis de longues années. En ce qui concerne les démences précoces, ces constatations mettent en évidence le

Par qui fut assassiné Henri IV ?

Par qui fut assassiné le président Garnot ? Chiffres. — /5« série.

Une addition sans retenues.

Une addition de trois rangées de chiffres.

Une multiplication et une division très faciles. — 5° série.

Plusieurs épreuves sur la mémoire immédiate des chiffres.

Une épreuve sur la mémoire immédiate des phrases.

La conclusion d*un syllogisme très simple.

lO LA DEME?{CE

peu d'altération de la mémoire du calcul ou, en tout cas, son très lent affaiblissement dans ces variétés de démence. Les erreurs dans les calculs ne tardent pas à apparaître chez les déments paralytiques et à s'y multiplier en raison de la déchéance rapide et générale de leurs facultés. .

M. JoFFROY insiste beaucoup sur la constance de ce symptôme au début de la démence paralytique es sur sa précocité (thèse Cornillot *). Les inexactitudet sont beaucoup plus nombreuses dans les opérations compliquées (division et multiplication) que dans l'addition et la soustraction. Le calcul est donc une excellente pierre de touche pour l'affaiblissement intellectuel démentiel.

La notion des âges est, elle aussi, rapidement troublée chez tous les déments, mais ce fait est en rapport avec leur désorientation dans le temps, ces malades vivant sur les restes de leur passé et n'acquérant plus dans le présent.

Pour bien comprendre la genèse des affaiblissements psychiques démentiels, partiels ou globaux, il importe d'en analyser le mécanisme en le ramenant à ses éléments les plus simples.

Pour cela il est utile de rappeler en quelques mots la nature cellulaire de l'élément constituant essentiel de la vie psychique, son origine, son évolution et sa vie normale, tant individuelle que collective.

Dans l'agrégat cellulaire qui constitue l'organisme

I. Cornillot. De la perte de mémoire du calcul comme signe précoce de l'aflaiblissement intelleclucl chez les déments paralytiques. Thèse t Paris, 1904.

humain, chaque cellule ou groupe de cellules assure

FiG. I. — Cellules corticales avec dcndrites et gemmules (R. y Cajal.)

un fonctionnement détermine par suite de la division du travail spécialisé.

Le travail neuro-psychique est assuré par les cellules cérébrales émanées du feuillet ectodermique inclus dans la gouttière dorsale primitive de Tembryon.

Ces cellules, logées dans une gangue névroglique, reçoivent, ainsi que cette gangue, leur nutrition d'un réseau vasculaire spécial et disposé à cet effet (expansion mésodermique). Chaque cellule considérée en elle-même se compose d'une enveloppe, d'un protoplasma interne où baigne un noyau à nucléole, véritable centre de l'individualité cellulaire ; chaque cellule est traversée par un réseau de fibrilles d'autant plus riche qu'elle est plus développée, et affecte un contact plus intime et plus complet avec les autres cellules constituantes de l'axe cérébro-spinal.

La cellule même est revêtue d'une trame enveloppante réticulaire en résille (Donaggio) sur laquelle viennent aboutir les massues terminales des lacis dendritiques voisins ; cela donne à la cellule artificiellement isolée l'aspect poilu visible sur certaines préparations (fig. 2).

Les recherches de Nissl ont montré en outre un réseau chromatique sur lequel nous n'insisterons pas ici ; enfin il existe dans les cellules, mais avec des variétés relatives à la topographie et à l'âge des sujets, des granulations pigmentaires (locus niger, cerveau, moelle).

Les communications de la cellule avec ses expan- . sions vont des fibrilles juxtanucléaires ou intracellulaires à leurs expansions extérieures ; le réseau fibrillaire se complique d'autant plus qu'il s'étend à un plus grand nombre de ramuscules ténus et variés se reliant aux fibrilles périphériques d'autres cellules, ou

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l4 LA DÉMENCE

à leur corps. C'est au point qu'on peut dire que chaque cellule normale et complète, considérée en elle seule, reflète par le nombre et la richesse de ses fibrilles et de leurs expansions dendri tiques toutes les connexions possibles avec le système nerveux général ; c'est-àdire que le nombre des fibrilles et ramuscules terminaux correspond en quelque sorte à celui de tous les neurones cérébro-spinaux d'un ordre déterminé, voire même de tous ordres.

La cellule devient ainsi un résumé du système nerveux tout entier.

Mais à la condition expresse de conserver l'intégrité même de toutes ses connexions extérieures et intérieures.

Les contacts interfibrillaires de cellules à cellules sont-ils continus ou intermittents ; y a-t-il amœboïsme à ce niveau, sorte de commutation nuançant les contacts, ou cet amœboïsme serait-il intracellulaire entre lesextrémités juxtanucléaires des fibrilles et le noyau lui-même du neurone ?

11 est certain que les deux ordres de connexions sont nécessaires pour une parfaite synthèse mentale.

Les recherches microscopiques montrent les deux sortes de désordres dans les cas de troubles mentaux, désordres d'autant plus nets que les désordres mentaux sont plus accentués et moins réparables comme dans les démences.

D'autre part, la suspension des connexions intracellulaires, que nous appellerons nucléo -fibrillaires, résulte bien vite des ruptures péiiphériques, des abrasions dendritiqucs extra et intcrcellulaire, et vice versa d'ailleurs.

PSYCHOPATHOLOGIE GÉI^ÉRALE DES DÉMENTS l5

Cependant l'isolement cellulaire final, identique dans les deux cas, provient d'un mécanisme bien dis-

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