I. Presse médicale, u9 44» p. 269, a juin
Pour d'autres, enfin, les phagocytes névrogliques ou leucocytes, venus des vaisseaux, n'interviendraient que comme nécrophores pour l'élimination des neurones agonisants ou morts par suite d'un empoisonnement primitif du parenchyme, c'est-à-dire de la cellule noble, seule en cause au début.
Pour JoFFROT*, voici quelle est la succession des
■Màdim
FiG. 39. — Démence paralytique : 2. Altérations de la substance blanche (infiltration de leucocytes). — 3. Cellules pyramidales déformées (dégénérescence pigmentaire et chromatolyse). — 6. Vaisseau malade (Piehret).
phénomènes : la cellule nerveuse est atteinte la première en date, sa lésion amène la dégénérescence des fibres . nerveuses ; la désintégration de celle-ci est la cause de la diapédèse et des lésions vasculaires, enfin la prolifération du tissu interstitiel n'est en
I. Bulletin médical, n^ 47» i3 juin 1894.. Ai>atomie et physiologie pathologique de la paralysie générale, leçon recueillie par M. le D»" Pactet.
DEMENCES PARALYTIQUES ^23
somme qu'un travail de réparation. La paralysie générale n'est donc pas une maladie interstitielle, c'est l'altération du parenchyme qui marque le début de l'affection. Si les cellules s'altèrent, il faut en
FiG. 3o. — Vaisseaux altérés de l'écorce cérébrale d'un dément paralytique ( K lippe l).
rechercher la cause dans la prédisposition du sujet et cette prédisposition est caractérisée par la faiblesse congénitale des éléments nerveux qui s'épuisent rapidement et en arrivent ainsi à ne plus pouvoir exercer leurs fonctions trophiques.
Il ne faut voir dans les intoxications alcooliques, saturnines, syphilitiques, puerpérales, etc., que des causes accessoires ; et la cause première de la paralysie générale réside dans la prédisposition, c'est-àdire dans l'hérédité.
Klïppel, en distinguant, au point de vue histolo-
gique, des variétés interstitielles, décrit aussi une encéphalite parenchymateuse (cette dernière serait
FiG.3i. — Diapédèselymphocy tique (vaisseau de l'écorce grossi) (Kuppel).
susceptible de s'accompagner au début d'un réveil d'anciennes névroses en quelque sorte enregistrées dans le parenchyme nerveux*).
Les donnés générales précédant la psychologie morbide cadrent pleinement en ce qui concerne la démence paralytique et ses phases successives avec
I. Marie. Névroses et paralysie générale. Congrès t Bruxelles,
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ce que révèlent les constatations nécropsiques. Sans plus remonter dans l'histoire déjà passée en revue de la démence paralytique on peut aujourd'hui tenter un inventaire de l'état de nos connaissances et réclamer du microscope la solution du problème, de l'essence organique de la démence paralytique : l'analyse des lésions histologiques des centres nerveux
Fio. Sa. — Altérations delà zone des grandes cellules pyramidales (P. G.).
et des viscères permet d'y distinguer des groupes de lésions dont chacun a une origine et une valeur différente et comporte par le fait un enseignement particulier ; on peut distinguer avec Klippel des altérations dont les unes sont primitives et dont les autres, évoluant à titre d'infections secondaires, sont favorisées par les premières. On multiplie ainsi les types histologiques qui commandent un même syndrome, D' Marie. 19
alors que ces types, comme par exemple la pseudoparalysie générale arthritique, se distinguent néanmoins par leur lésion, leur aspect clinique, leur diagnostic ; dans certaines formes prédominent des névrites périphériques ; ou l'auto-intoxication hépatique, dont on a pu établir le rôle important en pathologie mentale.
Klippel appliquant à la paralysie générale, pour en mieux déterminer les lésions, la théorie infectieuse, fait intervenir Tauto-infection microbienne comme
FiG. 33.
Substance blanche normale Substance blanche dans la
(Klippel). démence paralytique (raré-
faction des tubes rompus).
cause de l'encéphalite dans les cas où celle-ci est de caractères nettement inflammatoires.
On aboutit ainsi à la conception de la pluralité d'origine de la paralysie générale. Comme les autres maladies du système nerveux dont les symptômes sont causés non par la nature, mais par la localisasation des lésions, les paralysies générales proviennent de processus anatomiques différents, mais ont comme caractère essentiel d'avoir des lésions diffu-
sées dans l'encéphale tout entier. Nous ralliant aux vues de notre distingué confrère nous considérons que trois groupes principaux peuvent correspondre à l'ensemble des cas :
1° La paralysie générale inQammatoire primitive ;
2® Les paralysies générales secondaires ou associées à d'autres lésions, sur lesquelles vient se greffer secondairement le processus inflammatoire de la forme précédente ;
3® Les paralysies générales dégénératives et parfois à lésions spécifiques (alcoolisme avec syndrome paralytique, syphilis avec lésions scléro-gommeuses de l'encéphale, tuberculose, etc. . .) .