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tinct, selon que le trouble initial était intracellulaire (nucléo-fibrillaire) ou extracelluiaire.

Tandis que l'un tient à une altération primitive

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de la cellule, altération qui peut rester limitée au système neuro-épi thélial, l'autre tient à une altération secondaire englobant le système neuro-épithélial dans la dégénérescence de sa gangue vasculoconjonctive.

On conçoit que la synthèse mentale puisse être rompue momentanément ou définitivement par une suspension des contacts extracellulaires ou intracellulaires de fibrilles à fibrilles.

Nous venons d'exposer quelles sont les connexions des éléments nerveux de Técorce cérébrale et comment à Tétat normal ces éléments sont réunis les uns aux autres au point de vue anatomique (prolongements cellulaires, dendritiques et neuraux) et au point de vue fonctionnel (action synergique).

Cherchons maintenant à donner une idée générale des modifications que subissent ces éléments dans leur trame analomique et de là dans leur activité physiologique, chez les malades qui sont atteints de démence.

Nous devons aux travaux de M. Klippel (1889 à 190.4) une conception très précise des conditions anatomiques et pathogéniques de la démence.

Pour lui la lésion de toute démence résulte de la rupture par atrophie des prolongements nerveux qui mettent en communication les divers territoires de récorce et même et surtout les diverses cellules qui président aux fonctions psychiques.

La destruction qui aboutit à cet état porte sur les prolongements que toute cellule envoie de toute part et qui, dans l'état normal, assurent la synergie de la fonction cérébrale. Ainsi, d'après M. Klippel, la lé-

PSYCHOPATHOrOGlE GÉNÉRALE DES DEMENTS 17

sion qui caractérise la démence est Fisolement de la cellule nerveuse par destruction de ces connexions et suivant son expression « l'autonomie cellulaire » .

Ainsi que nous le verrons plus loin, M. Klippel a démontré, en outre, que cette rupture, aboutissant à risolement cellulaire, procédait le plus souvent de la périphérie des ramifications vers le centre de la

FiG. U- — Cellules pyramidales dans la démence paralytique (Klippel). Atrophie des épines et panaches périphériques, déformation piriforme des corps cellulaires.

cellule, c'est-à-dire que la démence, en tant que lésion, détruisait le neurone en sens inverse du processus histogénétique de son développement, lequel se fait du centre vers la périphérie.

Il résulte de là un fait important, c'est que la démence peut exister avec conservation du corps cellulaire et de ses prolongements dans les parties les plus voisines de ce centre, Tabrasion de la partie la plus périphérique du neurone étant suflBsante à rom-

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pre les rapports de cellule à cellule. En parlant de Tanatomie pathologique avec plus de détails, nous montrerons comment on peut expliquer la persistance du corps cellulaire, ainsi que des fibrilles de celui-ci, dans des cas de démences les plus évidentes au point de vue clinique.

Mais insistons encore sur l'importance des connexions des éléments corticaux au point de vue psychologique. Par là nous ferons encore mieux saisir ce qu'est la démence dont la lésion aussi bien que la condition pathogénique est précisément la rupture de ces connexions.

D'ailleurs, cette étroite connexion qui rend tous les neurones solidaires n'empêche pas, d'une part, la prédominance d'une activité partielle déterminée dans une zone particulière, non plus que le repos passager périodique de tout le système ; l'activité prédominante d'une sphère, variable selon le cas, est la règle ; elle dépend des excitations externes et autres du moment ; elle trouve son summum dans les phénomènes d'attention, de volition consciente, mais ces phénomènes suscitent et impliquent une coopération au moins secondaire de tout le système cérébral coordonnant ses efforts associés vers un but commun, et additionnant ainsi l'activité de tous ses éléments réunis à l'appel de quelques-uns.

Dans le repos collectif, dont le sommeil naturel est l'exemple, il y a toujours excitabilité plus ou moins facile de certains éléments susceptibles de rappeler tous les autres en activité à l'occasion d'une excitation extérieure.

A l'état de veille, les dendrites tendues comme

autant de tentacules les unes vers les autres se mettent en contact par des prolongemenls innombrables pourvus d'appendices périphériques (corps pi riformes).

FiGi 5. — Dendrites du cortex d'un chien chloroforme (gemmules épanouies) (Luoano).

Ces saillies multiples qui hérissent les téguments dendritiques établiraient des rapports fonctionnels entre les cellules nerveuses et les prolongements terminaux des cylindraxes qui viennent aboutir au voisinage des dendrites corticales.

Suivant Meynert, certains éléments névrogliques aideraient eux-mêmes aussi à la coaptation plus facile de ces prolongements entre lesquels ils se logent dans la substance grise.

Dans le cas d'activité cérébrale, il y aurait, selon

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(les hypothèses récentes, d'ailleurs très discutées, coaptation de chaque noyau cellulaire avec ses prolongements qui seraient en quelque sorte rappelés en partie vers le noyau central, où ils puiseraient les moyens d'actions à Tétat de veille et l'orientation de leur amœboïsme.

Dans le sommeil naturel ou provoqué, l'hibernation, les prolongements cellulaires seraient en état de relâchement inerte, par suite du ralentissement circulatoire et nutritif de leur centre cellulaire ; ce qui expliquerait la suspension momentanée des associations actives des neurones.

Mais cet isolement cellulaire passager s'il existe diffère essentiellement de l'autonomie cellulaire démentielle en ce que les communications entre neurones restent possibles, alors que dans la démence elles se trouvent plus ou moins complètement rompues par atrophie des prolongements cellulaires, qui ne sont plus alors seulement inertes passagèrement, mais définitivement brisés, rompus.

Cette rupture des communications de la cellule cérébrale avec ses voisines n'est pas d'emblée complète ; pour employer une comparaison grossière, mais qui aide à éclairer notre sujet, le poste télégraphique peut n'avoir qu'un fil rompu et compenser en partie cette rupture par des communications indirectes voisines.

Mais la cause de la première rupture entraîne généralement les autres, parce qu'ici c'est la cellule qui est atteinte dans ses expansions dendritique et le processus destructif d'une dendrite se propage généralement aux autres en attendant qu'il atteigne la cel-

lule"elle-meme. C'est ce processus destructif qu'on retrouve à la base de toute démence et qui peut permettre de les classer.

Ajoutons qu'entre les deux phénomènes que nous

FiG. 6. — Dcndritcs en rétraction active. Cortex du chien

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