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I . Brissaud, Leçons sur les maladies nerveuses. Masson

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OU moins profonde de leurs facultés psychiques, chez les autres les facultés psychiques restent intactes ^

L'altération des fonctions psychiques dans les cas de lésions circonscrites de l'encéphale ne parait pas résulter de la lésion d'un centre cortical de ces fonctions, car l'existence de ce centre, niée par de nombreux physiologistes des plus autorisés, semble en outre contredite par tout un ensemble de faits anatomo-cliniques .

Cette altération des facultés psychiques ne résulte pas davantage du fait que les lésions circonscrites, frappant simultanément les deux hémisphères, rendraient toute suppléance fonctionnelle de l'un par l'autre impossible:

Le fait que la lésion s'est établie lentement ne peut suflBre à rendre compte de l'intégrité des ionctions psychiques.

La notion de la prédisposition héréditaire ou acquise, dont les faits cliniques démontrent le bien fondé, ne parait pas devoir absorber toute la pathogénie des troubles psychiques liés aux lésions circonscrites de l'encéphale; elle laisse place, au contraire, à d'autres facteurs pathogéniques.

Les lésions diffuses associées ou surajoutées paraissent, en efiet, expliquer l'apparition de la démence dans un certain nombre de cas de lésions circonscrites.

I. Recherches sur la démence sénilCy par le D*" L.-V. Marge, p. a3. — État mental dans les lésions circonscrites et les tumeurs cérébrales. A. Vigouroux, JR. de Psych.y igoS-^.

Étude sur la pathogénie des troubles mentaux liés aux lésions circonscrites de l'encéphale, parle D** J. Charpentier. Thèse, Pari», 1904, G. Stcinheil, édit.

Ces lésions diflFuses peuvent être représentées par des lésions vasculaires diffuses de Tencéphale et dans ce cas préexister à la lésion circonscrite qui n'est d'ailleurs qu'un de leurs résultats.

Plus souvent il s'agit de lésions diffuses de ménin go- encéphalite procédant d'une auto-infection surajoutée.

Entre ce processus de méningo-encéphalite secondaire et la méningo-encéphalite primitive dite paralysie générale, il n'y a pas de séparation irréductible, il y a même des formes de transition.

Enfin les idées délirantes variées et mal systématisées qui peuvent germer sur le fond démentiel cérébral circonscrit peuvent, dans certains cas, résulter d'un processus d'auto-infection et d'auto- intoxication.

Les lésions partielles de toutes les facultés peuvent se combiner de mille façons différentes mais produisent un état intellectuel piarticulier dont les caractères dominants se retrouvent toujours. C'est une intelligence à lacunes. Certains éléments constituants de chaque faculté sont éteints, les autres persistent et souvent même à un degré très avancé de la maladie, on retrouve des lueurs d'intelligence, des îlots sains.

Tantôt ces malades sont apathiques, ne demandant rien, ne voulant rien, le plus souvent ils deviennent capricieux, exigeants, méchants, despotes, opiniâtres, et font le désespoir de leur entourage. Leur caractère subit des modifications profondes.

En ce qui concerne la déchéance d'une intelligence déjà développée, dansl'involution du cerveau (d^me/ice), on se rend compte de ce que peut être la dissolution

régressive du langage, et on voit souvent le langage rétrocéder jusqu'au point où il devait se trouver dans son slade primitif ou préparatoire. Le moi misérable réduit du dément ne peut réagir que par des expressions interjectionnelles et par de brèves et puériles paroles aux plus énergiques impressions : souvent les difierents mots sont placés pêle-mêle et donnent l'impression des bulles de gaz qui se produisent à la surface de l'eau qui bout, sans qu'aucune phrase soit complète ou qu'aucune période soit intelligible. A mesure que les sentiments et les pensées disparaissent chez lui, le dément perd peu à peu la faculté de les exprimer.

L'écriture peut refléter comme la parole l'état mental démentiel précité.

Nous avons étudié l'état mental du vieillard et les altérations que présentent les facultés intellectuelles par suite des progrès de l'âge, aboutissant en dernier terme à la démence sénile. Nous avons vu que les troubles intellectuels initiaux que nous avons étudiés en détail pouvaient, comme l'a montré Maudsley, se ramener en dernière analyse à deux facteurs primordiaux, les lésions de la perception.

Nous avons noté aussi les altérations du sentiment et de la mémoire, les actes variés des vieillards, déments ou non, des plus importants à connaître au point de vue médico-légal : tous ces phénomènes marchent de pair avec les symptômes physiques et réalisent le processus complet de l'involution sénile.

En plus de cette démence sénile simple, on peut aussi, on l'a vu, trouver des idées délirantes de couleurs diverses, et des états maniaques ou mélanco-

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liques plus ou moins accentués; phénomènes surajoutés qui reposent sur le fonds primitif de démence et lui empruntent un caractère spécial.

A côté de ces épisodes délirants, on peut rencontrer chez le vieillard, et indépendamment de la démence, de véritables psychoses qui souvent marquent au contraire le début de la désorganisation des facultés intellectuelles, laquelle ne s'établit plus ici d'une façon progressive, mais peut survenir très vile à la suite d'accidents vésaniques divers.

C'est ainsi que nous avons vu un accès maniaque avec idées erotiques, survenant à un âge avancé chez un vieillard jusque-là normal, amener rapidement et laisser en s'eflFaçant la démence sénile ordinaire.

D'autres fois on peut avoir affaire à des troubles de nature mélancolique et Ton peut voir certains déments séniles présenter, d'une façon épisodique et alternant quelquefois avec l'excitation maniaque, de la dépression ou de l'anxiété mélancoliques avec des idées délirantes de teintes variées. Celles qu'on a pu constater le plus souvent dans ces épisodes mélancoliques des vieillards sont des idées mystiques ou hypocondriaques. C'est ainsi que l'on voit des vieillards, déjà déments, tomber tout d'un coup dans une dévotion exagérée, s'accuser de fautes plus ou moins imaginaires, se croire coupables de crimes qu'ils n'ont jamais commis, redouter la damnation et fréquenter les églises et les confessionnaux. Dans d'autres cas ce sont des conceptions hypochondriaques, préoccupations sur l'état des organes, craintes des maladies, de la mort, idées hypochondriaques analogues à celles des paralytiques généraux. En même temps on peut

noter des hallucinations diverses, des troubles de la sensibilité dans ses difiPérents modes.

D'ailleurs, toutes les conceptions délirantes empruntent au fonds de démence sur lequel elles reposent un caractère d'absurdité, d'incohérence manifeste. Elles sont assez mobiles, se présentent par épisodes et peuvent alterner ou même coexister avec des idées délirantes également absurdes, mais de couleur tout opposée. Mais en regard de ces faits il en est d'autres dans lesquels on rencontre chez le vieillard de véritables accès de délire mélancolique en tout analogues à ceux qu'on peut observer chez l'adulte. Ces accès mélancoliques, qui surviennent chez des vieillards non démejits, ne sont en général comme les accès maniaques survenant dans les mêmes conditions que le prélude de la ruine des facultés intellectuelles à plus ou moins longue échéance* Mais au début ou à leur période d'état ils se présentent tout difieremment des épisodes précédents, [car la démence, sur laquelle ces derniers reposent, n'est pas encore installée dans le cas actuel et les idées délirantes, les réactions des malades, plus actives, donnent au contraire à la maladie l'aspect qu'elle eût pu revêtir chez un individu moins avancé en âge (Seglas).

Tous les aliénistes qui ont écrit sur le sujet n'ont pas manqué, et avec raison, de signaler la fréquence des idées de persécution chez les vieillards. Ces idées, liées à la démence sénile, lui empruntent des caractères particuliers. Les malades se plaignent qu'on leur fait des misères et surtout qu'on veut les voler. Égoïstes, avares et méfiants, ils cachent souvent les objets, l'argent qu'ils possèdent : leur mémoire infi-

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dèle ne leur permet pas de retrouver leurs cachettes et ils accusent alors les personnes qui les entourent, leur famille, de leur en vouloir, de les voler, de chercher à se débarrasser d'eux. Les moindres actes des personnes qui les veillent sont interprétés faussement. Prend-on soin d'eux, veille-t-on à leur toilette, ils vous accusent de les battre, de les maltraiter! Renouer leur cravate ou leur foulard, est pour eux une tentative d'étranglement. Souvent ils ont aussi des idées d'empoisonnement. Des hallucinations, des troubles de la sensibilité générale ne font que développer et entretenir les idées délirantes. Mais leurs accusations mal formulées, puériles, ont toujours un caractère d'absurdité qui est le résultat et la marque delà ruine des facultés intellectuelles. Par cela même, aussi, ces idées de persécution ne sont pas exclusives et peuvent alterner ou coexister avec d'autres d'une couleur bien différente.

A côté des faits de ce genre il en est d'autres, plus rares il est vrai, dans lesquels le vieillard présente un délire de persécution véritable, systématisé comme celui de l'adulte et indépendant de la démence sénile. Au premier abord on pourrait croire que l'on a affaire a un ancien délire de persécution arrivé à une étape avancée et sans affaiblissement intellectuel, comme cela se rencontre souvent dans cette maladie. Mais l'étude des antécédents montre au contraire qu'on a affaire à un délire de fraîche date ayant seulement débuté à un âge avancé à une forme tardive de délire de persécution.

On le voit, la sénilité n'est pas fatalement le terrain d'éclosion des psychoses démentielles puisqu'on peut

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observer des psychoses tardives qui évoluent sans verser dans la démence finale.

Le substratum de la démence est donc bien un et distinct de celui des vésanies en lesquelles il peut coexister de la même façon que la sénilité, souvent indépendante de l'état antérieur normal ou d'aliénation.

L'échéance de la sénilité démentielle peut toutefois susciter Téclosion de phénomènes délirants dont elle est en quelque sorte le réactif révélateur, soit que ces phénomènes se rattachent à des antécédents dégénératifs, héréditaires, ou acquis.

Ces cas de démence pourraient être appelés mixtes parce que mélangés à quelques éléments délirants autres, éclos en même temps ou peu après.

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