‹ La démenceChapitre 73 sur 92 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Problèmes qui se posent à roccasion de la démence en généra] . — Problèmes biologiques. — Problèmes sociaux et juridiques (capacités, responsabilités). — Statistiques. — Modes d'assistance.

Les problèmes divers que l'an peut se poser à l'occasion de la démence en dehors du point de vue psycbopathologique sont d'ordre biologique et social.

Bien que ces points de vue n'entrent qu'accessoirement dans le cadre d'une étude psychologique nous devons cependant en indiquer les grandes lignes.

Problème biologique. — Le problème biologique qui se pose à l'occasion de la vieillesse est celui qu'a si magistralement abordé Metchnikoff.

La vieillesse, dit-il, telle qu'elle se présente chez l'homme, doit être considérée comme quelque chose de très contradictoire parmi les phénomènes naturels. L'usure du corps et de l'esprit n'est point accompagnée du besoin de repos et se manifeste le plus

souvent à un moment où l'instinct de conservation et de vie est plus développé.

Dans cet état de choses, il est facile de supposer que peut-être la vieillesse, telle que nous l'observons actuellement représente une forme anormale de l'existence, contre laquelle il y aurait peut-être quelque remède à chercher. Seulement pour arriver à ce but, il serait d'abord indispensable de se rendre compte de l'atrophie sénile d'une façon beaucoup plus complète que cela n'a été fait jusqu'à présent.

Dans ses études biologiques sur la vieillesse le P*" Metchnikoff examine dans la série animale des cas d'insénescence à l'occasion desquels il se pose la question de savoir pourquoi ces organisations dégénèrent par l'âge et quel est le mécanisme intime, le pourquoi de ces dégénérescences séniles. C'est sur de vieux perroquets presque centenaires, qu'il s'est livré à des recherches biohistologiques spéciales.

C'est le système nerveux central qui a surtout attiré son attention, par les phénomènes très curieux dont le cerveau est le siège. Tandis que la moelle et le cervelet ne présentaient rien d'anormal , le cerveau était rempli de cellules mononucléaires, remplissant le rôle de macrophages. Les éléments nerveux se distingnaient par l'absence de dépôts de pigments, si abondants dans les centres nerveux des vieillards et des vieux mammifères (chien, cheval). Les corpuscules de Nissl étaient disposés d'une façon assez irrégulière, fait commun aux perroquets jeunes.

Malgré l'absence de symptômes dégénératifs des cellules nerveuses, un très grand nombre d'entre elles étaient entourées de neuronophages, ou cellules

Conclusions générales 897

mononucléaires à noyau rond et le plus souvent, riche en cbromatine.

Les phénomènes de neuronophagie sont bien connus dans l'histologie pathologique des centres nerveux. On les rencontre dans un bon nombre de maladies nerveuses et d'intoxications. Ils sont très fréquents aussi dans le cerveau des vieillards et des vieux mammifères, comme l'a énoncé pour la première fois PuGNAT *. Mais jamais on n'a observé de' neuronophagie comparable à celle du vieux perroquet de M. Metchnikoff '. Des régions entières de l'écorce cérébrale étaient remplies d'amas de neuronophages, au milieu desquels on ne trouvait plus de cellules nerveuses. Ces amas étaient constitués par un nombre variable, jusqu'à îio et plus de neuronophâges caractérisés par le noyau qui se colorait fortement par les couleurs basiques d'aniline et par le protoplasma incolore. Ce dernier se présentait comme une zone claire autour du noyau (disparition des neurofibrilles).

Tous .les stades intermédiaires entre la présence de la cellule nerveuse typique et sa disparition complète ne laissaient aucun doute qu'il s'agissait véritablement d'une phagocytose intense. L'ensemble des phénomènes indique que cette phagocytose consiste en un passage progressif du contenu de la cellule nerveuse dans l'intérieur des neuronophages environnants. Ceux-ci n'englobent pas l'élément nerveux en-

t. Comptes rendus de la Société de biologie, 1898, p. 343.

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