‹ La Démence neuro-épithélialeChapitre 17 sur 23 · PT R ES · texte numérisé non relu

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questions il répond par des (à peu près » ou par des propos ne se rapportant pas au sujet. Il s'occupe un peu cependant, pendant une année, obéissant à des ordres simples, mais incapable de toute initiative et ne portant aucun intérêt à ce qu'il fait.

En janvier 1907 il ne veut plus travailler, se montre confus, renfermé sur lui-même; parfois il parle seul et s’agite un peu; il se montre désobéissant, irritable. La confusion mentale est le symptôme dominant. Etat stationnaire pendant environ 1 an avec très légères rémissions.

En avril 1908 un certificat demandé par le recrutement militaire porte : démence précoce avec alternatives d’excitation et de dépression.

Puis la confusion ne fait que s’accentuer. Le malade est turbulent par intervalles plus qu'’agité. Il reste des heures entières immobile dans son lit les yeux fermés : crachant sans discontinuer, se débarbouillant avec ses mains enduites de salive, se masturbant. Il déchirait sa chemise, sa literie. Gàteux, il souillait sa figure de matières fécales. Il présentait du négativisme, résistant à toutes les injonctions. Il avait des impulsions à frapper les autres malades, à voler les aliments de ses voisins alors qu’il venait de refuser les siens. Interrogé, il ne répond pas aux questions, commence une phrase et ne la finit pas ; il répète à satiété des phrases dénuées de sens comme celle-ci : « Je suis un type dans le genre d’un type qui a faim ». Attitudes stéréotypées : assis dans son lit les genoux à la hauteur du menton et entourant ses jambes de ses bras ; ou bien couché en chien de fusil des heures entières. Son état mental est toujours le même. Après une période d’amaigrissement, l’état physique se relève, mais le 2 novembre 1910, presque subitement il meurt.

Autopsie des organes. — Poumons : congestion intense des deux bases, surtout à droite. L'examen histologique ne montre rien en dehors de la congestion ; pas de traces de tuberculose. Cœur : un peu : de liquide citrin dans le péricarde ; pas de lésions valvulaires ; pas d'athérome de l'aorte.

Foie normal ; l'examen histologique ne montre ni dégénérescence graisseuse ; ni cirrhose ; aucune infiltration des espaces portes.

Rate congestionnée sans autre lésion.

Reins, 270 gr. chacun. Pas d’adhérences de la capsule, pas de diminution de la substance corticale ; congestiou. Histologiquement vaisseaux gorgés de sang ; glomérules et tubes bien conservés ; pas de sclérose.

Capsules surrénales : normales microscopiquement et histologiquement.

Corps thyroïde : examen histologique négatif.

Testicule : cellules des tubes séminifères en prolifération active; cellules interstitielles normales. 1

Système nerveux : rien à noter macroscopiquement en dehors d'une congestion intense. Chaque hémisphère pèse 550 gr. Les méninges ne sont pas épaissies et se décortiquent facilement ; les vaisseaux de la base ne présentent pas d’athérome ; les ventricules sont dilatés mais à parois lisses. Bulbe, cervelet et moelle sont d'apparence normale.

Examen histologique. — Hémateine-éosine et Van Gieson, Nissli, Weigert-Pal. Méthode de Lhermitte pour la névroglie, Flemming.

Pie-mère non épaissie, non infiltrée, mais congestion intense de ses vaisseaux qui montrent en des points limités un peu de transsudation de date récente, de sorte qu'on voit quelques globules rouges encore intacts, disséminés sur la surface du cortex. Les parois des vaisseaux sont normales au niveau de la pie-mère ainsi que dans la profondeur de l'écorce où l’on ne voit pas de processus diapédétique, la gaine lympathique restant libre, sans infiltration d'aucune sortie

Circonvolutions frontales (Fa et F1). — La plupart des cellules sont lésées à des degrés divers. Quelques-unes ont conservé leur forme ; leur protoplasma est uniformément granuleux, mais on distingue encore les prolongements et le noyau central, plus ou moins vésiculeux, avec son nucléole. D’autres cellules ont des prolongements à peine distincts, un corps ‘protoplasmique granuleux avec un pigment jaune qui ne prend pas la réaction de l'acide osmique (Flemming), un noyau excentrique souvent réduit au nucléole. D'autres cellules présentent un noyau mal dessiné au milieu d'un amas poussiéreux, reste: du corps protoplasmique; dans certains points même le noyau a disparu. Il existe une réaction névroglique particulièrement intense au niveau de la quatrième couche d'Hammarberg (entre les grandes cellules pyramidales superficielles et les grandes pyramidales pro: fondes) : on voit les corps névrogliques s’enfoncer en formant des encoches autour des cellules en voie de destruction au nombre parfois de 5 ou 6; d'autres fois on ne distingue que ces amas de noyaux névrogliques sans restes de cellule nerveuse. Cette prolifération névroglique se retrouve autour des vaisseaux, les noyaux formant des trainées le long des parois vasculaires (Fig. 3).

Lobule paracentral. — Mêmes lésions étendues à toutes les couches

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de l'écorce, plus marquées dans les couches profondes, avec réaction névroglique particulièrement intense dans la zone sus-indiquée.

Pli courbe. — Lésions cellulaires semblables. Prolifération névroglique moins intense, noyaux gris centraux. Quelques cellules en chromatolyse. Pas de prolifération névroglique.

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FiG. 3. — Cas Guin. — Front. ascend. 4° couche d'Hammarberg. Stiassnie 0 ©. 4. Imm. 1/18. Nissl.

Cellules nerveuses en voie de destruction. Prolifération intense des noyaux névrogliques autour d’un vaisseau.

Cervelet. — Pas de modifications de la couche des grains. Peut-être raréfaction des cellules de Purkinje dont certaines sont en dégénérescence granulo-pigmentaire. J

Bulbe et moelle. — Pas de lésions cellulaires notables. Pas de dégénérescence des faisceaux. Intégrité complète des méninges et des vaisseaux.

Obs. 56 (Personnelle)

Mag..., âvé de 25 ans, charretier, entre le 9 février 1907, à l'asile de Vaucluse, dans le service du D' Vigouroux. Antécédents héréditaires : père alcoolique ; mère débile, émotive; une sœur bien portante. Né à terme, nourri au sein, le malade n’aurait eu aucune affection sérieuse dans son enfance. A l’école jusqu’à 14 ans : très travailleur. a obtenu son certificat d'études et une bourse qu'il n'a pas utilisée. Apprenti bourrelier. Vers l’âge de 18 ans, il fait des excès de boissons (absinthe, eau-de-vie) à la suite desquels il présente des troubles

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