‹ La Démence neuro-épithélialeChapitre 9 sur 23 · ER · texte numérisé non relu

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examens histologiques sont réunis et condensés dans une même description.

Cas LI. — Femme de 24 ans. Antécédents héréditaires notables père criminel et immoral, par lequel elle est violée à l’âge de 8 ans ; mère épileptique ; deux frères faibles d'esprit. Rien à noter pendant l'enfance ou l'adolescence. Profession de domestique ; intelligence peu éveillée. À 23 ans, changement de caractère ; étrangetés, distractions ; puis tentatives puériles de fugue et de suicide. À l'entrée à l'asile, agitation, désorientation, discours ridicules et lubriques. Crâne petit, front fuyant ; réactions pupillaires paresseuses. Dans la suibe, alternances continuelles de périodes d'agitation pendant lesquelles la malade est gaie, bavarde el de périodes de prostration, tant psychique que physique, avec négativisme, mutisme, catatonie, impulsions. Puis l’état catatonique prend le dessus : la malade reste silencieuse, isolée de tous, aboulique, avec attitudes calatoniques. Réflexes tendineux exagérés. Cachexie progressive ; séjour au lit. figure et tête couvertes. Mort, 9 ans après son entrée.

Autopsie. — Cœur petit. Symphyse pleurale droite ; poumons congestionnés et œdémateux Organes en général petits.

Pie-mère peu injectée, œdémateuse. Cerveau anémique, pesant 1,095 grammes, sans lésions en foyers, présentant des malformations : lobes cérébraux ne couvrant pas en arrière le cervelet ; lobe frontal ayant 4 circonvolutions longitudinales ; scissure de Sylvius non ramifiée ; circonvolutions pariétales et occipitales malformées.

Cas II. — F.., 19 ans, ménagère, entrée à l'asile en juillet 1899. Forte hérédité nerveuse : grand-père maternel assassin ; mère hémiplégique ; un frère fou ; une cousine prostituée. A l’école, en retard sur les autres élèves. À 18 ans, à la suite d'une grande peine, devient inattentionnée, incapable de travailler ; elle refuse de répondre aux questions, reste inerte, apathique, jusqu'à ce que des impulsions subites, des accès furibonds la fassent interner. Crâne petit, front fuyant. oreilles en anse. Au début, refus de répondre ; malade indifférente ; monologue parfois d’une voix basse et monotone que l’on entend à peine. Rit à tout propos, tout en restant silencieuse et tranquille. En 1900, catatonie : la malade s'oppose à toute tentative de mouvement passif ; puis mutisme, négativisme, aboulie s'accentuent. L'état général s’ag-

mines

grave parallèlement à létat psychique : la malade maigrit, le cœur faiblit, les extrémités se refroidissent. Mort en 1902. Autopsie. — Rien à noter du côté des viscères : poumons sains. Cerveau et méninges anémiques, sans lésions ; quelques malformations.

Cas III. — D... 25 ans, menuisier. Grand-père paternel mort d'apoplexie ; parents vivants, peu intelligents ; une sœur hysté: rique ; un oncle ivrogne, ayant eu affaire avec les -tribunaux. Jusqu'à 20 ans, semblait bien équilibré, bien que d'intelligence limitée. Au service militaire, est réformé avec l'étiquette « stupeur hallucinatoire ». Rentré chez lui, se montre tour à tour agité ou stupide ; tentative de suicide. À son entrée à l'asile, en juillet 1900 : crâne petit, ovoïdal ; oreilles en anses, asymétriques pupilles dilatées, paresseuses ; léger nystagmus ; trémulations fibrillaires de la langue. Exagération de tous les réflexes. Tremblement des membres supérieurs. Désorienté, négativiste, aboulique, il reste toujours à part et parfois fait entendre des plaintes : il demeure des jours entiers dans un angle du quartier, assis, la main droite sur la bouche. La faiblesse augmente progressivement ei les derniers temps, le malade reste confiné au lit. Mort en mars 1901.

Autopsie. — Cœur dilaté ; emphysème ; foie petit ; grosse rate ; reins normaux. Cerveau sans altérations macroscopiques. Quelques malformations.

Cas IV. — R.…, 25 ans, ménagère, entrée à l'asile en 1898. Grand-père maternel aliéné ; un oncle maternel actuellement interné ; une sœur hystérique. Dès l'enfance, la malade avait un caractère émotif, impulsif, Vers 15 ans, devient kleptomane, puis incohérente, exaltée. À 18 ans, idées. délirantes, hallucinations visuelles, reste des heures dans l'attitude de la prière. Par moments, éclate de rire d'une fagon kruyante et effrontée, sans motif apparent. Répond par monosyllables ou en dehors des questions. Entre à l'asile apatique et aboulique, Crâne petit, front fuyant, oreilles petites, malformations dentaires ; dilatation des pupilles qui réagissent normalement. Réflexes exagérés. Attitüudes douloureuses, terrifiées. En 1900, les symptômes ceatatoniques s'accentuent ; mutisme, négativisme ; malpropreté. Par intervalles, impulsions. Amaigrissement, Puis la malade reste presque constamment au lit, inerte, silencieuse ;

; incontinence totale ; refus d'aliments. Torpeur. Mort en janvier 1902.

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