IX. - ANATOMIE PATHOLOGIQUE
L'anatomie pathologique de la démence précoce reste presque tout entière à établir.
Il pourrait paraître étrange, dans un autre domaine que celui de la psychiatrie, de prétendre créer une nouvelle entité morbide, sans y apporter le contrôle de lésions invariables et constantes. Mais si Ton se bornait à décrire les affections mentales qui présentent des lésions organiques caractéristiques, toutes les psychoses devraient être exclues des classifications. Il est donc nécessaire de fonder ces classifications, actuellement du moins, sur la seule observation clinique ou sur des données étiologiques bien établies. Et c'est un grand progrès en ce sens que de substituer au diagnostic grossièrement symptomatique un diagnostic basé bien plus sur Yévolution de la maladie que sur Taspect variable et la mentalité changeante du malade.
La démence précoce permettant, ainsi que nous Tavons déjà fait remarquer, une longue survie des malades, on n'a que rarement Toccasion de constater leslésions primaires et originelles de cette affection.
Dans la relation du seul hébéphrénique dont il ait fait l'autopsie, Hccker signale Texistence d'une pachyméningite localisée aux lobes frontaux avec injection de la pie- mère : au-dessous, le cerveau est apparu assez pauvre en circonvolutions, la substance corticale légèrement hyperhémiée et les ventricules un peu dilatés. Au niveau de la moelle, Hecker constata également une pachyméningite peu intense : la dure-mère congestionnée était assez fortement distendue ; la pie-mère était modérément injectée et la substance médullaire un peu pâle.