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dans la démence sénile. Cette dernière débute parfois d'une façon brusque par une excitation générale, qu Esquirol a signalée pour la première fois. « Gette excitation, dit-il (1), persiste plus ou moins longtemps et se révèle par l'exaltation tantôt d’une fonction, tantôt d'une autre. Cette fonction s'exerce avec une énergie nouvelle et insolite qui trompe le vieillard eten impose à ceux qui l'entourent. Il devient d'une grande susceptibilité, s’irrite pour la moindre chose, il est très actif, veut tout entreprendre et tout faire. D'autres éprouvent des désirs vénériens qui étaient éteints depuis longtemps et qui les poussent à des démarches et à des actions contraires à leurs habitudes de continence. Quelques autres, très sobres, ont un appétit désordonné pour les aliments épicés et de haut goût, pour le vin, pour les liqueurs.» A cette surexcitation ne tarde pas à succéder la démence. Cette surexcitation générale peut ètre remplacée par du délire hypocondriaque, observé par Marcé (2) qui l’appelait folie mélancolique, et que nous étudierons à propos du délire. Mais leplus souvent la démence sénile débute insidieusement par l’affaiblissement progressif de la mémoire. Les noms, surtout les noms propres, les souvenirs récents, les moins adhérents comme dit Kussmaul(3), sont les premiers détruits. Tel de nos malades (Obs. p. 67) oublie l'endroit où il a placé sa tabatière ou ses bas et accuse son voisin de les lui avoir pris. Tel autre (Obs. p. 44) se plaint
(4) Esquirol, Maladies mentales, 1838, art. Démence.
(2) Marcé, loc. cit.
(3) Kusmaul, cité par Ball et Chambard, Dictionnaire des sciences médicales, Art. Démence,