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souvent à nous qu'on ne lui donne pas de café, alors qu'il vient de le boire un quart d'heure auparavant.
Un malade de Filman parlait chaque jour à son médecin, qui le visilait quotidiennement depuis 14 ans, commes'ill’eût vu pour la première fois (3).
Un vieux gentilhomme, raconte M. Ball, saluait très poliment à chaque visite qu'il faisait toutes Les personnes présentes, puis après quelques instants, 1l recommencçait ses salutations comme s’il venait d’arriver et ce manège se reproduisait plusieurs fois.
Le dément est rabâcheur, parce qu'il a oublié que les mots qu’il prononce, il les a dits quelques instants auparavant, et les répète croyant les débiter pour la première fois. L’amnésie à ce degré se rencontre chez le vieillard d'intelligence normale.
Chez le dément elle est progressive, comme dit M. Ribot (4), des faits récents, des idées abstraites, elle s'étend aux faits de l'année précédente, puis gagne peu à peu, deux, trois, quatre années et ainsi de suite, emportant dans l'oubli toutes les notions acquises dans le cours de la vie et ne laissant intacts que les souvenirs trop enracinés pour être si vite détruits.
La faculté arithmétique diminue, car elle a trait à des idées abstraites.
Le dément n'a plus notion ni du temps, ni de l’espace parce que les faits importants de sa vie, qui devraient lui servir de points de repère, sont tombés dans l'oubli. Il est incapable de dire le temps écoulé
(1) Exemple cité par Ball et Chambard, Dictionnaire des sciences médicales.
Art. Démence. (2) Ribot, Maladies de la mémoire.
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depuis son entrée à l'hospice, par exemple, et s’il l'évalue, c'est pour donner un chiffre dérisoire ou fantastique. Il ignore le nom de l'endroit qui l’abrite, ne trouve plus le chemin qui mène à son ‘domicile, eteutre dans une maison étrangère qu'il prend pour la sienne. Il se perd dans sa propre demeure, s'empare des effets d'autrui qu'il croit sa propriété, et oubliant l'endroit où il a mis les siens, il accuse son entourage de les lui avoir volés ; il ne sait même plus son âge ; j'ai 80 ans, nous disait une pauvre vieille de 82 ans (Obs. p. 67) qui ne reconnaissait personne, pas même le médecin qu'elle voyait tous les jours.
Nous avons remarqué que les premières manifestations de cette défaillance de la mémoire s’observent de préférence la nuit, car, dans l'obscurité, le sens de la vue n'étant plus impressionné par les objets extérieurs, dont le souvenir est effacé chez le vieillard, ce dernier ne peut plus se repérer. C'est ainsi que, sorti le jour de son domicile, il est ramené le soir par la police, quand elle peut avoir son adresse, et que, se levant pour un besoin quelconque pendant la nuit, il s’en va coucher dans le lit d'un voisin qu'il blâme d'avoir profité de son absence momentanée pour occuper le sien.
Cette déchéance intellectuelle se trouve bien résumée dans la loi de la régression (1) qu'a démontrée M. Ribot : « Le nouveau périt avant l'ancien, le complexe avant le simple. »
Les déments peuvent encore reproduire des actes devenus inconscients par leur répétition incessante
(1) Ribot, loc. cit.