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dans « une ruine d’oubli (1) », l’habitus du malade paraît encore florissant et fait contraste avec son état mental. Le corps présente souvent de l'embonpoint, les traits du visage portent parfois un cachet trompeur de vieillesse sereine.
La cornée est atteinte d’un cercle sénile plus ou moins complet. Un léger tremblement, dû à la faiblesse musculaire, accompagne chaque mouvement des membres. Les artères temporales et radiales sont dures et sinueuses. Le pouls, parfois irrégulier, est aussi fréquent que chez l'adulte. La température axillaire oscille comme celle des vieillards, entre 36 et 37°.
La sensibilité cutanée est émoussée en certains endroits. Le réflexe du genou est ou disparu ou exagéré d’un ou des deux côtés à la fois.
Le dément va et vient lentement, d’un mouvement machinal, le dos courbé, comme plongé dans des méditations sérieuses alors qu’il ne songe à rien, et quand, fatigué ou trop impotent pour marcher, il est contraint de se reposer, c'est pour rester deux ou trois heures assis dans le même coin, sur le même siège, les bras croisés, la tête penchée, sans parler, sans bouger, somnolent ou animé de quelques mouvements automatiques, vestiges d'anciennes habitudes. Seuls, le froid, cette sensation si désagréable aux vieillards, les besoins naturels si le dément n’est pas encore gâteux, le bruit de la vaisselle ou de la cloche annonçant le repas qui va satisfaire son appétit bien conservé et poussé souvent jusqu'à la voracité, le tirent de son apathie et l’incitent à se déplacer.
(1) Maudsley, cité par Ball, Loc. cit.
ENCCUE
Il est enclin à s'endormir après le repas et reprend au réveil l’attitude précédente. Le sommeil de la nuit, ordinairement court chez le vieillard (1), est ici long, profond et régulier.
Il a quelquefois des vertiges, des étourdissements de courte durée qui ne s'accompagnent pas de perte de connaissance et qui peuvent se répéter assez souvent pendant plusieurs années sans être l’occasion de changements bien notables dans l’état du malade (2).
Les facultés psychiques une fois détruites, Les forces physiques vont diminuer à leur tour. La démence est arrivée à sa deuxième période.
DEUXIÈME PÉRIODE. — (GATISME
C’est le stade d’incohérence où le malade ne sentant rien et ne comprenant rien émet au hasard des lambeaux de phrases qu'éveille chez lui toute consonance qui frappe son oreille. Il confond les quelques idées qui lui restent d’un passé oublié avec les perceptions actuelles.
Quant aux forces physiques, leur déchéance fait de grands progrès, comme si, soumises jusqu'alors aux incitations cérébrales, elles n'avaient plus raison d’être après la disparition de ces dernières. Incapable de se mouvoir, le dément est condamné au décubitus dorsal. Les évacuations involontaires deviennent permanentes. L’appétit se perd, les masses musculaires s’atrophient. Le malade est gâteux, et n'ayant plus de sentiments individuels, ne se nourrit plus, ne se pré-
(1) Bride, Essai sur le sommeil et l'insomnie des vieillards, ühèse de Lyon, (@) Millet. Des vertiges chez les aliénés. In Annales médico-psychot., 1884,